I. - PSYGNOLKIE AMUISE
Méthode : purement expérimentale. --Fait primitif: la sensation. L^idée n*est ^u une sensation continuée et affaiblie, la Yolition n'est qu*une sensation dominante. •— La loi la plus générale qui régit les faits psychologiques est l'association des idées ; elle est produite par la ressemblance on par la contiguïté dans le temps ou dans l'espace. — L'association habituelle de deux idées produit l'attente de la première après la seconde : cette attente est l'induction. L'accord de notre attente avec la réalité vient de ce que l'association de nos idées est produite par l'association même des choses en dehors de nous. ^ Quand une habitude intellectuelle est très-forte, elle se fixe dans les organes et se transmet par hérédité. C'est l'hérédité qui expliçiue l'innéité de certaines notions. Les idées a priori se réduisent à des instincts intellectuels ou habitudes héréditaires. Leur universalité et leur nécessité viennent de ce qu'elles sont imposées à l'individu par l'espèce elle-même. — Les instincts intellectuels ou habitudes héréditaires sont soumis à une loi de progrès et d'évolution, grâce à laquelle s'accroît Tharmonie mutuelle de notre pensée et de la nature. — Part de vérité que contient cette doctrine pour l'explication de la connaissance sensible. Son insuffisance apparaît surtout quand il s'agit d'expliquer l'idée du moi et l'idée de l'aMolu, — Efforts de Stuart MiU pour expliquer, par une simple combinaison de sensations, la distinction du moi et du non-moi, du sujet et de l'objet. L'école anglaise, pour établir cette distinction, se trouve à la fin obligée de la ramener a la distinction de l'actif et du passif, du volontaire et de l'involontaire. Par là elle dépasse ses propres principes.
^ — L'école anglaise s'efforce d'abord de rejeter la notion de l'absolu, et reproduit les thèses de Hamilton; Stuart MiU montre ensuite l'exagération de ses thèses : si nous ne pouvons connattre l'absolu et le parfait, nous pouvons cependant le concevoir. Bien plus, selon M. Spencer, cette •conception de l'absolu se retrouve au fond de toutes les autres ; elle est la condition de la pensée et l'élément immuable de la conscience. De là, selon M. Spencer, la perpétuité de la spéculation métaphysique et du sentiment religieux.
U. - C0SI0L06IE AMUISE.
ij*éeo]e anglaise propose un système du monde grandiose qui n'est p%> sans analogie avec les systèmes allemands,etdont le fond est l'idéedeluniversclle évolution. Principe fondamental de la cosmologie : permanence de la force. Corollaire: transformation et équivalence des forces.Perpéluité du mouvement. Sa direction selon Im ligne de la plus grande force et de ia plus faible résistance. Sa loi do rbythme. Conséquences dernières :
réTolutioQ et la dîâsolutioa. L'érolution par laquelle les choses prennent une forme de Tariété et d'unité croissantes exfilique la formation du monde, le déTcloppement de la yie, puis de la société humaine, du gouvcmement, de Tindustrie, du commerce, de la science et de l'art. Rien n*est fixe; aucun équilibre n'est stable. Les indiyidus et les espèces sont également soumis à des métamorphoses. Pour les espèces mêmes, il n'y a point de type immuable. Elles sont produites, selon M. Darwin, par la sélection naturelle qui résulte de la lutte pour la vie. Les êtres animés soDt en concurrence perpétuelle. Les plus forts et les plus intelligenls remportent, transmettent leur supériorité à leurs descendants et produisent, peu à peu, des variétés et des espèces. — Destinée du monde. Après des milliers de siècles, l'équilibre se produira parmi les forces dont se compose notre système solaire, puis la dissolution détruira de nouveau cet équilibre, et ainsi de suite à l'inAni.
m. - lOIAU ET SOCIOLOGIE AI6UISE.
1*^ Négation de la liberté morale, 2<> réduction du bien à l'utile. Stuart Mil! essaye de perfectionner le système de Bentbam en introduisant dans l'évaluation des plaisirs, outre la considération de la quantité, celle de la ^ua/tté.^ Gomment cette considération dépasse la morale utilitaire. — De plus, Stuart Mill substitue à l'intérêt particulier l'intérêt du genre humain. Ne pouvant attribuer à Tintérêt du genre humain un caractère moralement obligatoire, il s'efforce de remplacer l'obligation morale par une contrainte intellectuelle résultant de l'association indissoluble entre l'intérêt de chacun et l'intérêt de tous. — Impossibilité de cette association. Comment la morale anglaise s'absorbe à la fin dans la science sociale ou sociologie. — > De même que l'idéal du devoir fait défaut à la morale de i'école anglaise; de môme l'idéal du droit fait défaut à sa sociologie. Stuart Mill définit le droit un pouvoir aue la société a intérêt de conférer à l'individu. Il ajoute que l'intérêt ac la société est de laisser à l'individu la plus grande liberté possible. La liberté développe les facultés de l'individu, favorise l'originalité, suscite le génie, assure le progrès social par le libre jeu des volontés individuelles. — Théorie du droit de propriété. Gomment l'école anglaise y mêle, sans les distinguer, les considérations de droit et celles d'intérêt. Stuart Mill perfectionne la théorie de Locke. Il fait reposer le droit de propriété sur le droit de l'homme aux produits de son travail, qui n'existeraient pas sans lui. Application qu'il fait de ce principe à la théorie des monopoles. Caractère mixte et parfois indécis de sa doctrine. Même caractère dans la question du droit à Tassistance. — Application à la société de la loi d'évolution par M. Herbert Spencer. Le développement des sociétés est la résultante de la prédominance des penchants altruistes sur les penchants égoïstes. Equilibre final entre les intérêts de tous les individus au sein de l'humanité; équilibre final entre l'humanité et la nature. — L'école anglaise, n'ayant point admis, même comme idéal, la liberté morale, ne peut fonder ni véritable devoir ni \critable droit; elle demeure un naturalisme qui aspire en quelque sorte à reproduire et à remplacer la moralité, mais qui demeure tou* jours au-dessous d'elle.
L'école anglaise contemporaine, qui continue la tradition de Hume, a pour principaux représentants Stuart Mill, Darwin et Herbert Spencer. Elle correspond à une des principales directions qui se partagent aujourd'hui les esprits, la direction expôrimen* taie ; et, par Tusage exclusif qu'elle fait de cette méthode en psy-
PSTCHOLOGIB ANGLAISE. 4C9
diologie, en cosmologie, en morale, en sociologie, elle aboutit à une nouvelle forme du naturalisme plus large, plus complète, el capable de s'élargir encore.