‹ Histoire de la philosophieChapitre 352 sur 397 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ÉCOLB NATURALISTE D'iORIE. — UÉRACLITE ET ANAXA60&B. I. — PREHtEaS PHILOSOPHES D'iONIB. THALÈS.

Les philosophes d'Ionie cherchent le principe des choses dans la nature sensible. Pour Thaïes, la substance universelle est analogue à l'eau; pour Anaximéne et Dio^éne d'Apollonie, elle est analogue à l'air. Anaximandre fait voir qu'elle n'est point une chose déterminée comm6 Teau ou l'air, mais {'indéfini 3'j

IL — nÉRACUTB.

L Métaphysique d'Heraclite. Le mouYcmcnt et la loi du mouvement. — Heraclite trouve vainc la recherche d'une substance persistante : rien n'est, tout devient. Cette universelle mobilité a son image dans l'écoalement de Teau : tout s'écoule, et on ne se baÎRne fxis deux fois dans le même fleuve. Elle a encore son image dans Pcmbrasement du feu, et c^est sous la forme du feu qu'elle se manifeste dans Tunivers. Le feu universel n'est pas un feu visible, mais un feu invisible, vivant, intelligent, éternel et divin. — Si tout est instable et en mouvement, cette instabilité, et ce mouvement sont soumis à une hi stable. UoioD des contraires, voilà cette loi : chaque chose est et n*est pas. Cette union est une harmonie éternelle, mais en même temps elle est une guerre éternelle ; car il n'y a pas d'harmonie sans opposition : aigu et grave, jour et nuit, été et hiver; la guerre est la mère de toutes choses. En outre, cette loi est une nécessité; bien plus, elle est une justice^ parce qu'au fond elle est une pensée intérieure au mouvement, >Ô7oç. On peut rappeler Dieu. — II. fhysiqm d'Heraclite, Tout s'explique par les transformations du feu vivant et pensant, qui s^étcint ou se rallume, se change en air, en eau, en terre, ou revient à son état prioiitif. Il devient tout et tout devient lui. C'est ce que les modernes appelleront la transformation des forces. — En outre, Heraclite admet la permanence de la même quantité de forceet de mouvement dans l'univers; le mouvementdu feu est universel et sa quantité identique, il est comme Tor qui s'échange contre tout, et contre lequel tout s^écbange. — Enfin le mouvement universel est soumis au rhythmc et à la mesure, c'est une évolution qui traverse des périodes régulières, tantôt ascendantes tantôt descendantes. Evolution éternelle; car le monde n'a ni commencement ni lin. — IIL Morale d'HéracUte. Notre âme, étincelledu feu divin et pensant, ne participe à la vérité que quand elle participe à la pensée du tout, à la raison universelle. Se résigner à la nécessité des choses, voilà la loi pratique. Pour cela, il faut purifier l'àme de tout ce qui peut l'obscurcir ou l'éteindre. Mortelle dans sa partie individuelle, l'âme est immortelle dans ce qu'elle contient d'universel. ~ Comme l'individu, la cité doit se nourrir de l'universel et façonner ses lois à l'image des lois de l'univers. -* Cmclusion. La doctnne d'Heraclite est le vrai commencement de la philosophie et o'Jre le tableau fîdèle du monde sensible : Platon admettra, au-dessus de ce monde mobile, un monde immobile et intelligible. • • 32

in. » ANAXAGORB.

I.Ie monde. Au lieu de considérer, avec Heraclite, le mouvement comme la cause des chose.^:, Anaxagore le regarde comme un simple effet, comme une simple relation entre des choses préexistantes : rien ne naît ni ne périt, à proprement parler; il n'y a que des combinaisons mécaniques entre les choses. De là une explication toute mécanique du monde. — Chaque objet est un infini, un univers qui renferme toutes choses en diverses proportions : tout est dans tout. En outre, chaque objet se subdivise en une infinité de parties similaires, le sang en une infinité de gouttes de sang, la chair en une iniinilô de particules de chair : ce sont les homoioméries ou parties similaires. — Tant que toutes les parties des choses sont confondues, rien n'apparaît; c'est un chaos insaisissable. Cette confusion régnait au commencement des temps. Pour la faire cesser, et pour introduire la distinction dans les choses, un mouvement était n&essaire. Ce mouvement est venu de l'intelligence divine qui meut l'univers comme l'âme meut le corps. • Tout était

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confondu, Tintelligcnce \int et mît Tordre en toutes choses.» — II. Vintelligence motrice du monde. L*inle1ligence, considérée en ellemême, est pure et pans mélange; elle est simple, elle est indépendante, elle connaît tout, présent, passé, avenir; elle meut tout. -> Conclusion. Ainsi Técole ionienne, après avoir cherché l'explication des choses dans la matière, finit par reconnaître que cette explication se trouve dans la pensée. Heraclite plaçait cette pensée dans te matière même, qu'elle anime intérieurement; Anaxagore la place en dehors et au-dessus de la matière, qu'elle meut extérieurement. Plus tard, on croira que la pensée doit être tout ensemble au dedans du monde et au-dessus du monde 39

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