QUATRIÈME PARTIE PHILOSOPHIE MODERNE
CHAPITBE PREMIER
PHILOSOPHIE ITALIENNE ET PHILOSOPHIE ANGLAISE. 1. — PHILOSOPHIE ITALIENNE.
I. GiORDANO Drdno. — L'Idéc dominante de la philosophie de Bruno est celle de Tinflnité. Le nomhre des êtres est infini, leur durée est infinie, leur progrès est infini, le monde est infini. -- Dieu n'est pas hors du monde, mais dans le monde, dont il lait tout Tétre. — La Providence n'est pas hors du monde, mais dans le monde, dont elle fait le progrès. — Tout est animé; chaque être est une unité vivante, une monade, une ftme, tantôt concentrée en soi, tantôt répandue dans ce qu'on appelle corps 226
U. Gampanblla. — Les attributs essentiels de Dieu, puissance, intcllif?ence, amour, doivent se retrouver dans tous les êtres. Tout être a donc puissance, intelligence et volonté. Il n'y a rien de mort, rien d'inanimé, rien de brut. Tous les êtres vivent, pensent et aiment Dieu ; 229
n. — POILOSOPHIB ANGLAISE.
L Bacon. — La philosophie anglaise se montre, dès l'origine, plus amie de l'expérience que ae la spéculation métaphysique. — Bacon n'invente rien ni dans les sciences ni dans la philosophie. Il se borne ù analyser les procédés de l'observation et de l'induction. — U Les causes d'erreurs les plus importantes sont celles qui tiennent à la coosti* tution même do l'esprit — 2» La méthode pour éviter Terreur et trouver lii vérité : Méthode empirique. Observations multipliées et variées. Tables de présence, d'absence, de degrés. — Généralisation et établis* sèment de la loi par Tinduction. — Rejet des causes efficientes et des causes finales au profit de la cause formelle, — Empirisme de Bacon, Insuffisance de sa méthode, même dans les sciences expérimentales 230
II. UoBDEE. — JidilTôre de Bacon, par l'imporlaocc qu'il attache à la
déduction logique et à la rigueur systématique. — Son sysièinc est un matérialisme absolu — Tout est corps. — La sensation est un mouvement. ~ Le plaisir et la douleur sont les ressorts de la machine humaine. — Morale de Tintérét personnel. — Droit fondé sur Tintérét et sur la force. — Etat de nature et de guerre où Thomme est un loup pour riiomroe, et où le plus fort l'emporte. — Passage de Tétat de nature à Tétat de société par un contrat. — Il est logique d'observer ce contrat, fondé sur Tinlérét \ mais, comme la logique ne suffirait pas pour obtenir toujours la soumission de l'individu au contrat, une puissance publique, la plus forte possible, est nécessaire. — Erreur de Hobbâ, qui croit que cette puissance la plus forte se trouve dans Tabdication de tous au profit d'un despote. Absolutisme de Uobbes. 233