‹ Histoire de la philosophieChapitre 72 sur 397 · Phèdre, tr. Cousin, 58, 250, abc · texte numérisé non relu

Phèdre, tr. Cousin, 58, 250, abc

PLATON. DTALBCTIQOB DBS 8BNTIMBMTS. 97 !

Teau que toutes les belles âmes soat belles par la même beauté, et concevez un type universel de la beauté morale. Ce n'est pas tout, Tàme apparaît d'abord comme principe d'activité, et ce sont les belles actions qui excitent nos premières amours.. Mais, sous l'action, n'apercevons-nous pas quelque chose de plus iutime dont elle n'est que la manifestation extérieure ? Une action noble et généreuse ne fait que traduire au dehors la noblesse et la générosité des sentiments ; passons donc de la sphère de lacti- ▼ité dans celle du sentiment, qui lui est supérieure. Sommesnous arrivés au terme de notre marche T Pas encore ; car un sentiment n'est beau que par la pensée qui l'engendre. Le cœur ne 8*émeut que de ce qui est aperçu par l'intelligence avec plus ou moins d'obscurité. Montons donc plus haut, et des beaux sentiments passons dans la sphère des belles connaissances. Là est le domaine propre de toutes les sciences et de la philosophie, qui seules peuvent satisfaire l'intelligence. Et pourtant, ce n'est pas encore le dernier degré do l'initiation dialectique. Si la science du beau et du bien satisfait la raison, le cœur veut la possession même du beau et du bien ; entraîné par la force de l'amour, il ne peut se reposer dans la sphère de la science et de la philosophie, car il serait encore séparé de ce qu'il recherche ; plus haut, plus haut encore ! il faut qu'un dernier élau unisse l'âme aimante à Tobjet même de son amour, qui est la beauté universelle et immuable, fin suprême de la pensée et du désir. La pensée la saisit dans une intuition immédiate ; l'amour la saisit dans une possession immédiate. « O mon cher Socrate, ce qui peut donner du prix à cette vie, c'est le spectacle de la beauté étemelle... Je le demande, quelle ne serait pas la destinée d'un mortel à qui il serait donné de contempler le beau sans mélange, dans sa pureté et sa simplicité, non plus revêtu de chair et de couleurs humaines, et de tous les vains agréments condamnés à périr, à qui il serait donné de voir face à face, sous sa forme unique, la beauté divine (i) ! •

Cette union avec Dieu ne semble point à Platon l'anéantissement de Tâme ni celui de l'amour. Loin de là, c'est la vie véritable et c'est l'amour daus son essence immortelle, l'amour dana son Idée. L'union des personnes n'est pas l'unilé, ou du moins c'est une unité qui n'exclut point la distinction. Celui qui aime et celui qui est aimé sont deux, puisqu'ils ne perdent point la conscience d'eux-

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