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Tavons vu, le désir de l'iminortalité et delà génération (I). Or, si l'être tend naturellement à être tout ce qu*il peut être, on peut en conclure qu'aussitôt qu'un être n'est plus empêché par rien d'étranger, il se développe dans toute la liberté de sa nature, et, devenant fécond, se répand et se communique de tout son pouvoir.
A ce point de vue, la bonté intrinsèque qui résulte de la perfection devient pour ainsi dire expansive ; le mot de bonté prend un autre sens et désigne, non plus seulement l'être bon en soi, mais rêtre bon pour autrui. Ce second sens, à peine connu de l'antiquité païenne, et qui est devenu avec le christianisme le sens principal du mot bontés on le voit poindre déjà dans le Timée: c II était bon^ et celui qui est bon n'a aucune espèce c d'envie. • L^absence d'envie ou d'avarice, la tendance à partager le bien qu'on possède, n'est-ce pas déjà la bienfaisance^ la bonté affectueuse dans laquelle s'unissent la perfection et la fôcondité ?
Appliquons donc à la production du monde par Dieu ce que Platon nous a enseigné sur la génération, puisqu'il nous dit luimême que toute génération est une œuvre divine, et que le Monde est né le jour où naquit l'Amour, par l'union du Dieu de la suprême richesse avec la suprême pauvreté de la matière (2).
Dieu est le Bien, c'est-à-dire la perfection et la suprême richesse ; il conçoit son être et sa béatitude comme capables de se communiquer. Demeurera-t-il inactif et infécond ? — Celui qui est le Bien même ne peut agir que conformément à sa nature : il est nécessairement bon, dans tous les sens de ce mot, bon parce qu'il possède le bien, bon parce qu'il répand le bien. Pourquoi donc Dieu ne produirait-il pas ? Y a-t-il au dehors de lui quelque obstacle qui s'oppose au libi*e développement de sa nature, comme il y a au dehors de nous des obstacles qui nous rendent impuissants et stériles avant que nous ayons atteint un certain degré de perfection? — Dieu est la perfection même et sa nature est à jamais accomplie. Pourquoi donc, encore une fois, ne produirait-il pas ? est-il jaloux du bien qu'il possède et veut-il le renfermer en luimême, sans accorder jamais à l'imperfection et à la- c Pauvreté » un regard de pitié et d'amour T Pensée impie qui prête à Dieu l'égolsme et la stérilité de l'homme méchant. Non, Dieu qui est