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Phédm, p. 66, c

408 PHILOSOPHIE ORECQUS.

TavODs vu, c'est la raison ; la pure essence des objets» ce sont les Idées. La vraie connaissance, c'est l'identité de rintelligence et de rintelligible» c'est la pensée en soi pensant les choses en soi^ et par là se pensant elle-même. Tel est l'idéal de la science ; mais nous ne pouvons le réaliser qu'imparfaitement, surtout dans cette vie mortelle. Tant que la raison de l'homme sera attachée à un corps, elle ne pourra jamais entrer en union intime avec la raison de Dieu. Aussi le vrai philosophe s'exerce-t-il à mourir, et la mort ne lui est nullement terrible, car elle est le commencement de la véritable vie. Qu'est-ce que la vertu même, sinon une séparation anticipée de Tâme et du corps, une méditation de la mort? L'analogie nécessaire entre le sujet qui pense et robjeC pensé nous conduit à la même conséquence. L'objet de la raison est simple et indissoluble ; la raison elle-même doit être simple et indissoluble.

Les corps divisibles doivent nécessairement se dissoudre ; mais l'âme, par sa raison, n'est-elle pas plus conforme aux choses intelligibles qu'aux choses matérielles 7 t Quand elle examine les c choses par elle-même, alors elle se porte à ce qui est pur, éter • t ne), immortel, immuable ; elle y reste attachée comme étant de « même nature ; ses égarements cessent, et en relation avec des c choses qui sont toujours les mêmes, elle est toujours la même et c participe en quelque sorte de la nature de son objet (1). •

Nous sommes immortels, bien plus, nous sommes éternels dans notre idée et dans notre raison. La raison est indépendante de la durée ; aussi, possédons-nous de tout temps, avant même d'avoir rien appris, une certaine science et une droite raison. Qu'est-ce à dire, sinon que la vérité même habite en nous, la vérité immuable, l'éternelle vérité ? « Si donc la vérité est toujours dans notre âme, notre âme est immortelle (2) ».

2*. — Z'dme, principe du mouvement^ est immortelle dans son

activité.

Mais, objecte dans le Phédon Simmias à Socrate, l'âme n*estelle point semblable à l'harmonie d'une lyre, qui s'évanouit quand la lyre est brisée? L'âme n'aurait alors que l'unité d'une collection, d'un rapport, d'un nombre.

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