‹ Histoire de la philosophie Cartésienne (volume 4)Chapitre 3 sur 45 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

Vous seul êtes debout, vous seul avez grandi au travers des révolutions. Que d'esprits rattachés ou ramenés par vous aux grandes vérités de la religion naturelle et de la morale ! ^Quel autre prendra place, à la suite de Descartes et de Malebranche, dans l'histoire de la philosophie française ? Quel autre s'est approché davantage par le génie, comme par le style, des grands maîtres du xvii® siècle ?

Pardonnez donc à mon amour de la philosophie et de votre gloire, si je suis jaloux du temps que vous lui dérobez, même pour les lettres, môme pour ces études exquises qui suffiraient sans doute à la gloire d'un autre, mais qui ne peuvent rien ajouter à la vôtre. Assez vous avez prouvé qu'il ne tenait qu'à vous, comme dit Thomas de Descartes, d'être le plus bel esprit du royaume. Dans votre noble et studieuse retraite, comme autrefois dans votre chaire de la Sorbonne, soyez tout entier à la philosophie. Mettez la dernière main à de grands monuments inachevés, prenez de nouveau l'empire sur la jeunesse, luttez contre les ennemis de la philosophie, forcez d'anciens adversaires à reconnaître enfin la pureté de vos doctrines. Quelle gloire ne vous est pas encore réservée, et que de services la philosophie n'attend-elle pas encore de vous (i) I

(1) Les grands travaux philosophiques publiés depuis cette époque par M. Cousin montrent qu'il a suivi ce conseil, ou plutôt qu'il n'en avait pas besoin .

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