‹ Histoire de la philosophie européeneChapitre 10 sur 98 · DIVISION · texte numérisé non relu

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ces deux pôles de la spéculation scientifique moderne. — De Thaïes à Protagoras ou de 600 à MO avant Jésus-Christ.

12. L'âge de la réflexion critique est inauguré par le ndvimv fÀbiQov àvd-QojTioq des sophistes, d'où se dégage cette vérité capitale, entrevue par Zenon, Parménide et Anaxagore, que l'entendement humain est coeflicient dans la production du phénomène. Aux problèmes de la nature s'ajoutent les problèmes de l'âme, aux questions d'ordre cosmologique, les questions logiques et critiques, aux spéculations sur l'essence des choses les recherches sur le critérium de la vérité et le but de la vie. La philosophie grecque atteint le maximum de son évolution : comme profondeur, dans Platon ; comme analyse et étendue de ses recherches, dans Aristote et dans la science d'Alexandrie.

II. L'arrêt des progrès scientifiques, déterminé par l'invasion des races du Nord, a pour conséquence l'arrêt de la spéculation. Le flambeau de l'esprit philosophique s'éteint faute de combustible. A dix siècles d'un travail ininterrompu en succèdent dix autres d'un sommeil profond d'abord, puis entrecoupé de rêves brillants, qui reproduisent le passé (Platon et Aristote) et préfigurent l'avenir. Bien que la logique de l'histoire soit moins apparente au moyen âge qu'avant et après cette époque de transition, l'on y remarque deux périodes parallèles à celles de la philosophie attique : la première, platonicienne, réaliste, tournée vers le passé (de S. Augustin à S. Anselme), la seconde péripatéticienne, nominaliste, grosse de l'avenir.

m. Du réveil scientifique et littéraire, au quinzième siècle, procède la philosophie moderne, dont l'histoire offre, comme celle de la spéculation grecque :

1. Une période d'expansion et de synthèse ontologique (Bruno, Descartes, Spinosa, Leibniz), et

2. une période de réflexion critique et d'analyse (essais sur l'entendement humain; Locke, Hume, Kant et ses successeurs).

§ 3. Sources.

Les principales sources de l'histoire de la philosophie sont :

Pour la spéculation antésocratique : Platon et Aristote^.

Pour Socrate: Xénophon^ et Platon, notamment V Apologie, le Criton et le Phédon.

Pour Platon : la République, le Timée, le Banquet, le Phèdre, le Théétèle, le Gorgias, le Protagoras.

Pour Aristote : la Métaphysique, la Logique, V Ethique, la Physique, la Psychologie, la Politique. — Les commentateurs d'Aristote, principalement Simplicius^.

Pour les écoles postérieures à Aristote et pour la philosophie grecque en général: Lucrèce^, Gicéron^, Sénèque^, Plutarque^, Sexte l'Empirique^, Diogène Laërce^, Clément d'Alexan-

1 Principalement le \" livre Ael^i Métaphysique, véritable précis historique de la philosophie depuis Thaïes jusqu'à Aristote. — Les fragments des auteurs antérieurs à Socrate ont été réunis par MuUach, Fragmenta j^hil. grœc. ante Socvatem, Paris, 1850. — ^ Memorahilia Socratis recens. , J. G. Schneider,^ Oxf. 1813. — ^ Comment, m Arist. physicorum libros. Ed. Herm. Diels, Berlin, 1882. — Comment, in libvos de anima. Ed. M. Hayduck, Berlin, 1882. — ^ Lucretii Cari de rerum natura libb. G. Lachmann ï^ec. et illustr., Berlin, 4850. — ^^ Le De divin atione et de fato, le De natura deorum, le De officiis, le De finibus, les Tusculanes et les Académiques. — Opéra omnia, éd. Le Clerc, Bouillet, Lemaire, 17 vol., Paris, 1827-32. — OiJera philosophica, éd. Gœrenz, 3 vol., Leipz., 1809-1813. — Ciceronis historia philosophiœ antiquœ ex omnibus illius scriptis collegit F. Gediiie, Berhn, 1787, 1808, 1815. — ^ Opéra quse exstant c. not, et comment, varior., 3 vol., Amsterdam, 1672. — '^ De physicis philosophorum decretis libb., éd. Beck, Leipz., 1777. — Scripta moralia, 0 vol., Leipz., 1820. — Opéra omniagrxcc et lat. éd. Reiske, 12 vol., Leipz., 1774-82, — ^ Se.xti Empirici opéra (IIupptovEiojv u-oxu-wa£iov libb. III. Adversus mathematicos libb. XI) grsec. et lat.' éd. Fabricius, Leipz., 1718 et 1848. Ed. Emm. Bekker, Berlin, 1842. - 9 Diogenis Laertii de vitis, dogmatibus et apophthegmatibus clarorum philosophorum libb. X grœce et latine éd. Hubner, 2 vol., Leipz., 1828, 4831. — D. L. 1. X ex italicis codicibus nunc primum excussis recensuit C. Gabr. Cobet, Paris, 1862. — Diogène Laërce florissait vers 230 de notre ère.

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