SOURCES
Reid, les Critiques de Kant, la Théorie de la Science de Fichte, le Sijstème de l'idéalisme Iranscendantal de Schelling, la Lo(ji(iue et X Enajclopédie des sciences philosophiques de Hegel, la J/étaphijsiqiie et la Psychologie de Herbart, le Die Welt als Willeund Vorstellung de Schopenhauer, \g Cours de philosophie positive d'A. Comte, la Logique de Stuart Mill; les Premiers principes de Herbert Spencer ; Y Histoire du matérialisme d'Albert Lange; la Philosophie de l'inconscient d'Éd. de Hartmann, etc.; les chefs-d'œuvre de la littérature scienlilique moderne ayant une portée générale et partant philosophique, tels que les /iéuolutions célestes de Copernic, les Principes mathématiques de la philosophie naturelle de Newton, Y Esprit des Lois de Montesquieu, la Mécaiwiue analytique de Lagrange,
Y Histoire naturelle du ciel de Kant, la Mécanique céleste et Y Exposition du système du monde de Laplace, le livre de Darwin sur
Y Origine des espèces, elc ; enfin, les ouvrages historiques de Hitter S Erdmann-, Barchou de l'enhoén% iMichelet' (de Berlin), Willm\ Chalybicus'^, Bartholmèss'', Kuno Fischer "*, Zeller'-', VVindelbandi", etc.
Pour la philosophie européenne en général: Brucker^i,
' llintoire de la philosophie moderne^ tiad. par ^[. Challemcl-Lacuur, 3 vol., 1861. — '^ Essai d\ine exposilion scientifique de la philosophie moderne, lîiga et Leipzig, 1834-53 (ail.). — '■^Histoire de la pliilosophie allemande depuis Lcib)iiz jusqu'à nos jours. Paris, 163G. — * Histoire des derniers systèmes philosophiques en Allemagne depuis Kant jusqu'à Hegel, 2 vol., Berlin, 1837-38 (ail.). — ^ Histoire de la philosophie allemande depuis Kant jusqu'à Hegel, 4 vol., Paris, 1846-49. — ^ Développement historique de la philosophie spéculative depuis Kant jusqu'à Hegel, 4" édition, 1848 (ail.)- — '' Histoire des doctrines religieuses de la philosopltie moderne. Paris, 2 vol., 1855. — Histoire philosophique de l'Académie de Prusse. Paris, 2 vol., 1851. — ^Histoire dé la philosopltie moderne. Mannheiin,
1854 ss. (ail.) ; 8 vol. ont paru. ^ Histoire de la philosophie allemande
depuis Leibniz. Munich, 1872, 2» édition, 1875 (ail.). — ^'^ Histoire de la philosophie moderne (ail.). Deux volumes ont paru. — " Historia critica philûsophiœ inde a mundi incunabilis, 6 vol., Leipz., 1742-67.
Tiedeiiiann^, Buhle^, de Gérando^, Tennemann^', Ritler'% Hegel'', Schwegler^, Renouvier ^"^j Nourrisson ^ Cousin i", Janet*^, Prantl^^ Lan'ge^s Erdmann^^, Ueberweg^^ SchoUeni^ Duhring^^ Lewes^^ Lefèvre^^ Alaux^», Franck 21, Fouillée 22, Fabre^s, Kirchner-'^.
^ L'esprit de la philosophie spéculative depuis Thaïes jusqu'à Berkeley, 6 vol., Marb., 1791-97 (ail.) — 2 Histoire de la philosophie, trad. par Jourdain, 1816. — 3 Histoire comparée des systèmes de philosophie relativement aux principes des connaissances humaines, 3 vol., Paris, 1803, 1822-23. — * Histoire de la philosophie, en 12 tomes, Leipz., 1791-1819 (ail.). — Précis de l'histoire de la philosophie, trad. par M. Cousin, 2 vol., 2^ éd., 1839. — ^ Histoire de la philosophie, 12 vol., Hambourg, 1836-45 (ail.). — Histoire de la philosophie ancienne, trad. par Tissot, 4 vol., Paris, 1835-37. — Histoire de la philosophie chrétienne, trad. par Trullard, Paris, 1843. — ^ Courir d'histoire de la philosophie, publié par M. Michelet, Berlin, 1833 (vol. 13-15 des Œuvres complètes, ail.). — ^ Esquisse de Vhistoire de la philosophie, Stutlg-., 1848, 7«éd., 1870 (ail.). — Histoire de la philosophie grecque, 2« éd. Tùbingen, 1870 (ail.). — ^ Manuel de philosophie ancienne, 2 vol., Paris, 1844. — Manuel de philosophie moderne, Paris, 1842, — ^ Tableau des 2^rogrès de la pensée humaine depuis Thaïes jusqu'à Leibniz, Paris, 1858, 1860. — 10 Cours d'histoire delà philosophie, Paris, 1829. — Histoire générale .de la philosophie depuis les temps les plus anciens jusqu'au dixneuvième siècle, 1 vol., Paris, 1863; 12 édition publiée par M. Barthélemy- Saint-Hilaii'o, Paris, 1884. — ^^ Histoire de la philosophie morale etpoliliquc dans l'antiquité et dans les temps modernes, Paris, 1858. — ^^ Histoire de la logique en Occident, Leipz., 1855 ss. (ail.). — ^^ Histoire du matérialisme, 3« éd., Iserlohn, 1876-77; trad. en français par M. Nolen. — ^* Esquisse de l'histoire de la philosophie, 2 vol., 2« éd., 1869 (ail.). — ^^ Esquisse de l'histoire de la pihilosophie depuis Thaïes jusqu'à nos jours, 3 vol., 3* éd., Bei'lin, 1867-68 (ail., avec un supplément de M. Janet sur la philosophie française au dix-neuvième siècle). Réédité et complété par M. Heinze, prof, à Leipzig. — ^^ Histoire comparée de la philosophie et de la religion, 3« éd. très augmentée, 1868 (hoU.). Traduit sur la 2"= édition par M. Réville, Paris et Sti'asbourg, 1861, et en allemand, sur la 3*^ par M. Redepcnning, — ^'' Histoire critique de la philosophie depuis ses origines jusqu'à nos jours, Berlin, 1869 (ail.). — ^^ A biographical history of philosophy from ils origin.in Greece doivn to the présent day, Londres, 3" éd., 1863. — ^^ La philosophie, Paris, 1879. — 20 Histoire de la philosophie, Paris, 1882. — 21 Dictionnaire des sciences philosophiques, 2" éd., Paiis, 1875. — 22 Histoire de la philosophie, Paris, 1875; 4" éd., 1883. — Extraits des grands philosophes j Paris, 1877. — 23 Histoire de la philosophie, Paris, 1877. — ^^ Catéchisme d'histoire de la philosopihie, Leipz., 1878 (ail.).
Age de la. métaphysique pr'opr'emeiit dite ou philosoptiie de la natur^e.
§ 4. Origines de la philosophie grecque.
La philosophie des Hellènes se dégage de leur religion sous l'orme de Ihéologie et de morale gnomique^. Son point de départ
1 C'est-à-dire que la philosophie a une origine relativement récente, tandis que la religion, qui la précède dans l'ordre historique, remonte jusqu'au berceau des nations et de l'humanité. Fruit tardif du développement humain, elle ne joue, dans l'histoire, qu'un rôle subordonné et intermittent. La religion, par contre, y tient le sceptre. Elle est Tcxpressioa primordiale et permanente de ce qui est le fond même de notre nature, la volonté, et se résume dans le vouloir être, en attendant que le développement de la conscience lui fasse entrevoir sa fin suprême et absolue: le bien. Vouloir être, c'est répugner au néant, c'est redouter par conséquent tout ce qui est supposé pouvoir anéantir et faire vivre. Or, Thorreur de la mort et des puissances qui en disposent, la recherche passionnée de la vie et de ce qui a pouvoir de la conserver, telle est précisément l'essence de l'sjas'jÎEca, le trait caractéristique du phénomène religieux. Cela est si vrai que la croyance à l'immortalité et le culte des morts, considérés comme des êtres vivants quand même, se trouvent intimement liés à toutes les religions. Cette croyance n'est autre chose, en effet, que le vouloir-vivre s'aflirmant jusque dans la mort et au delà. L'Ancien Testament qu'on nous oppose et qui certes est loin d'être
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est le naturalisme aryen, modifié par le génie national et les conditions physiques où il se développe. Quand elle parait, ce naturalisme a dépassé dès longtemps sa période d'enfance. Pour les ancêtres, l'Air lumineux (Diaus-Zeus), le Soleil et ses ardeurs (Apollon), la Nuée d'orage et ses foudres (Pallas- Athéné) étaient les dieux mêmes ; ainsi que l'enfant transforme son entourage en monde enchanté et considère sa poupée, son cheval de bois, comme des êtres parfaitement vivants, de même l'humanité-enfant fait la nature à son image : pour les contemporains d'Homère et d'Hésiode, ces mêmes objeis ne sont plus que les manifestations sensibles de l'invisible divinité cachée derrière eux, être analogue à l'àme humaine, mais supérieur en puissance et doué, comme elle, d'immortalité. Les dieux forment une sorte d'humanité transcendante idéalisée, grandie dans ses vices comme dans ses qualités. Le monde est leur œuvre, leur empire, le théâtre de leurs volontés, de leurs défaites et de leurs triomphes. L'homme, qu'ils jalousent plutôt qu'ils ne l'aiment, existe pour leur plaire. Personnifications suprêmes du vouloir-vivre et jaloux de leur supériorité incontestée, ils lui refusent le bonheur parfait. Le culte le plus assidu, les plus
explicite au sujet de riinmortalité individuelle, l'est d'autant plus sur la question de l'immortalité d'Israël. L'immortalité d'Israël en est même le dogme fondamental. On l'a dit avec raison : si l'homme ne mourait point, il n'aurait point de religion; et il caractérisait pour le mieux l'essence du phénomène religieux, le prédicateur qui nous disait un jour: a Je n'ai jamais d'auditeurs mieux disposés que le Vendredi-Saint, et ce qui les rend si rchgieux, c'est le mémento mori. » On peut donc définir la religion en disant qu'elle est, subjectivement, la crainte que nous inspii^ent les dispensateurs, réels ou imaginaires, de la vie et de la mort; objectivement, l'ensemble des idées, doctiines et institutions nées de ce sentiment. La théorie religieuse ou théologie, et la pratique religieuse ou le culte, forme première de la morale, sont les éléments intégrants mais dérivés et secondaires, les prolongements du phénomène essentiellement affectif, instinctif, esthétique qui s'appelle la religion. En réfléchissant sur elle-même, la religion devient théologie; la théologie, en réfléchissant à son tour sur elle-même, devient critique religieuse, philosophie (Xénophane).