‹ Histoire de la philosophie [microforme]Chapitre 114 sur 137 · Philosophie de William James. — Toute la · texte numérisé non relu

Philosophie de William James. — Toute la

Er 365 ses

doctrine philosophique de James se ramène à la psychologie, qu'il a considérablement renouvelée. I] voulut réagir contre les Positivites, qui avaient introduit dans les sciences de l'esprit la méthode des sciences de la nature, et, Partant, mi: de côté l'introspection, ou l'étude de la conscience par l'intérieur, pour faire place à la physiologie, Celle-ci aborde la Conscience par l'extérieur, et, suivant Comte, elle seule peut donner des réalités psychiques une con: naissance “ rationnelle ” et “ scientifique ”. James prône la méthode d'introspection où d'obser-ation intérieure comme la seule efficace, sans avoir toutefois des intentions métaphysiques ou dogmatiques, ce dont il se garde bien. 11 veut, comme ses devanciers, faire une œuvre de science positive, et traiter la philosophie comme une partie des sciences naturelles. Mais il y a chez lui ceci de particulier, c'est que la bsycho-physiologie reste, à ses yeux, une hypothèse ; et il se demande si tout par elle peut s'expliquer adéquatement. Les faits de la conscience, se plait-il à proclamer, sont essentiellement momentanés. transitoires, Cette faculté est un flux continuel de courants changeants, multiples, divers, qui se tiennent, se pénètrent. C'est la théorie qu’il a popularisée sous le nom “the stream of consciousness ”, A travers ces états, y a-t-il une réalité permanente? La psychologie ne peut nous le dire. La conscience formée d’un perpétuel changement, sans aucune réalité durable, est douée d’une activité spéciale qu’il appelle la sélection: elle est sélective. Par cette faculté elle choisit, entre les

A images et les conceptions, celles qui nous vont le 4 mieux et peuvent servir davantage l'intérêt dominant de notre vie.

En 1901-1902, James donna à l’Université d'Edimbourg une série de conférences qui avaient pour thèmes: la psychologie des besoins religieux de l'homme. Ces conférences, quelques mois après, furent réunies en un volume publié sous la rubrique: The V'arieties of religious experience, et traduit bientôt dans toutes les langues de l’Europe. L’importance du problème religieux dans les milieux intellectuels, à notre époque, est une des raisons, sinon la principale, du grand succès qu’obtint l'ouvrage du philosophe américain. Il ne faudrait pas croire, pour cela, que James a été l’initiateur des recherches de psychologie religieuse. Bien avant lui, d'autres avaient orienté leurs études vers le problème religieux dans ses relations avec la psychologie. Ce qui caractérise les conférences d’Edimbourg, c’est la note pragmatiste qui y domine. James part de ce principe que les vieilles théologies ne peuvent sauver la ou les religions, parce qu’elles sont trop intellectualistes et pas assez pratiques. Pour juger une religion, dit James, il faut: se demander à quoi elle peut servir, et toute idée n’a de sens que par ses conséqunces pratiques. Que Dieu existe ou n'existe pas, c’est chose peu importante, si d'y croire, nous fait du bien. N'allons pas dire que l’on connaît Dieu, mais que l’on s’en sert. Ce n'est pas Dieu qui est le centre de la religion, mais l'homme avec ses besoins religieux auxquels Dieu se

subordonne. La religion, pour James, est, surtout, une fonction biologique, a plus importante, sans doute, de l'espèce humaine, C’est dire qu’il ne Croyait pas mordicus à ces formules. C'était en attendant meilleur.

Dans le système Pragmatiste, l'intelligence est un instrument d'action, et il s'agit de se demander non pas “ qu'est-ce que cela ” mais “ que dois-je faire ”, Une idée n’est Pas vraie par elle-même, mais elle acquiert cette qualité, grâce aux services qu’elle rend. La vérité absolue n'existe pas: c’est un terme vers lequel nous allons et que nous Fuyons l'optimisme et le pe

renferme le monde...

382. Appréciation. W illiam James fut un penseur. Ses fines analyses des faits psychiques, ses vues originales sur le problème religieux, révèlent un psychologue pénétrant. Mais, sa psychologie manque d’une base bien solide et bien nécessaire : La métaphysique. Elle se ramène à l'étude de faits internes dont la collection incohérente et inconsistante forme la conscience. Au fond, cette manière de voir n’est pas sans affinités étroites avec le phénoménisme, qui est la négation de la substantialité de la conscience.

La philosophie de l’action, ou le pragmatisme, fait tout dépendre de notre effort individuel. Mais, Pour agir, il nous faut un point d'appui. Et James ne nous le donne pas. Nous sommes réduits au

simple jeu de nos facultés que nous ne connaissons pas d'une façon précise ; et ces facultés, par une série d'efforts et d'actions répétés, tendent vers un absolu qu'elles ne peuvent jamais atteindre. James, comme beaucoup de ses contemporains, a souffert du mal religieux. “ Perdu dans l'anarchie de concepts qui tourbillonnent sur l'arène philosophique d’aujourd'hui, affamé de vérité, assoiffé de Dieu, il l'a cherché, sans doute, comme il le pouvait. Puisse-t-il, à défaut d'ici-bas, l'avoir trouvé du moins dans la lumière miséricordieuse de l'éternité !. ”

383. Quelques autres. — Un certain nombre d’autres philosophes américains méritent une mention spéciale. Laurens P. Hickok (1798-1888), John Fisk (1842-1901) sont les deux principaux représentants de la philosophie de Spencer. W illiam Caldwell, de l'Université de Northwestern, Josiah Royse du Harvard, J. M. Baldwin, de l'Université de Princeton, John Dewey, de l'Université de Chicago, Frank Thilly, de l'Université de Missouri, et G. T. Ladd sont actuellement dans la République américaine, des professeurs et des auteurs de renom.

Page 1