PRÉFACE
Ce Yolame termine mon histoire de la philosophie, le ne m'étais, dans mon plan primitif, proposé de la conduire que jusqu'à Tépoque de la nouvelle p^ilosophie allemande, dont les destinées ne sont pas encore achevées. Cette philosophie pouvait sans doute comme toute autre être étudiée historiquement ; je suis bien loin de le nier; mais ces doctrines n'ayant pas encore fourni jusqu'au bout la carrière de leur développement, pour les apprécier il fallait sortir de l'histoire, il était nécessaire que Thistorien les soumit à une critique philosophique, et la méthode historique, de laquelle j'ai tâché de ne jamais me départir dans mon livre, ne comportait pas cette critique. Du reste, s'il m'est donné de prolonger encore mes travaux pendant quelques années, peut-être me résoudrai-je à publier une histoire et une critique de la nouvelle philosophie allemande. Quant à l'esprit dans lequel j'accomplirai ce travail , si je l'accomplis, il est facile de s'en faire une idée dès aujourd'hui par la revue critique, que j'ai donnée au public, il y a peu de temps, sous le titre d'Essai destiné à l'intelligence de la moderne philosophie allemande depuis Kant.
En touchant au terme d'une œuvre, qui m'a occupé T. ni. 4
% PBËFÀCE.
plus de vingl-cinq ans, il me sera peut-être permis de rendre publiquement grâces à Dieu qui m'y a conduit, * malgré les obstacles que plus d'une fois le temps et les circonstances ont menacé d'élever sur ma route.
En second lied je dois remercier le public, qui a fait un accueil bienveiUant à mon travail, et qui m'a soutenu ainsi dans mon entreprise. J'ai considéré cet accueil comme une obligation qui m'était imposée, et dont j'avais à m'acquilter de mon mieux envers le public.
Enfin je voudrais ajouter encore ici quelques mots de remerctmenty que m'inspirent, il est vrai, des relations toutes privées; ils s'adressent à ceux dont les soins ont présidé à la publication de mon livre* Je n'oserais exprimer publiquement ma gratitude, si l'homme qui en est le principal, sinon le seul objet, était encore de ce monde, et si son souvenir n'était cher à un très-grand nombre de cœurs allemands, comme il Test au mien. Frédéric Perthes m'a soutenu, avec la fidélité d'un vieil ami, de ses conseils et de son pouvoir, pendant une longue suite d'années. Les temps ont été maintes fois critiques; mais toujours animée d'une vitalité intrépide et d'une vigueur inextinguible, pleine surtout d'une rare confiance en Dieu, son âme ardente a surmonté toutes les difficultés. Une profonde expérience, une sagesse éprouvée, une bienveillance qui lui conciliait tous les esprits, un attachement désintéressé à la cause de la philosophie, telles sont les qualités par lesquelles Perthes m'a, je ne dirai pas rendu seul possible, mais du moins facilité