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de Londres, eurent pour objet de montrer que la chaleur, la lumière, l’électricité, le magnétisme et les actions chimiques sont les effets d’une même cause agissant diversement. On savait depuis longtemps que les combinaisons chimiques sont souvent accompagnées de chaleur et de lumière. Mais il appartenait à Faraday d’élever au rang d’un principe ce fait capital, que toute combustion ou toute action chimique développe de l’électricité.
Mesurer, c’est comparer. Faraday avait choisi pour étalon, dans son voltamètre, la quantité d’électricité capable de décomposer 9 kilogrammes d’eau, en mettant en liberté 1 kilogr. d'hydrogène, qui peut séparer de leurs oxydes respectifs 32 kilogr. de cuivre, 59 kilogr. d’étain, 10d kilogr. de plomb, 108 kilogr. d’argent, etc. Ce rapport, découvert par Faraday, développé par M. Edmond Becquerel et par M. Malteucci, montra que pour des composés de même ordre, comme les oxydes métalliques, une molécule, quel que soit son poids, exige la même quantité d’électricité pour sa formation : 1 kilogr. d’hydrogène consomme la même quantité d’électricité que 108 kilog. d’argent, pour former avec l’oxygène l’eau et l’oxyde d’argent. La réciproque est vraie pour la décomposition.
En cherchant la cause unique de tant d’effets divers, Faraday fut conduit à découvrir une singulière action du magnétisme sur la lumière. Il annonça celte découverte dans une lettre adressée à M. Dumas, en date du 17 janvier 18Zi5. « Si l’on fait, y dit-il, passer un rayon lumineux polarisé à travers une substance transparente, et que celle-ci soit placée dans le champ magnétique, la ligne de force magnétique étant disposée parallèlement au rayon lumineux, celui-ci éprouvera une rotation. Si l’on renverse le sens du courant magnétique, le sens de la rotation du rayon lumineux sera également renversé *. »
Les physiciens essayèrent vainement d’en donner l’explication. « Pour concevoir celle singulière action, on peut, dit IM. Babinet, admettre que relativement à son plan de polarisation un rayon de lumière est analogue à une flèche armée d’un fer aplati qui, dans le mouvement de la fléché, peut être situé soit de haut en bas, soit de droite à gauche; on peut encore imaginer que dans le mouvement de la flèche sa pointe plate change de situation, et qu’au lieu d’être verticale elle devient horizontale. Or, c’est précisément ce qui arrive au plan qu’on peut reconnaître dans les rayons polarisés.
M. Dumas, Eloge de Faraday , p. 41.
En faisant agir sur eux un courant magnétique, M. Faraday a déplacé la direction du plan de polarisation et l'a fait tourner sur luimême 1. »
FauL-il supposer que l’action magnétique s’exerce sur l’éther, et qu’elle modifie les rapports de ce fluide insaisissable et de la matière? Voilà ce qui reste à décider. Un fait certain, c’est que le magnétisme et la lumière agissent l’un sur l’autre par l’intermédiaire de la matière; car dans le vide le plan de polarisation du rayon lumineux, influencé par la force magnétique, ne dévie point.
Une autre découverte, non moins remarquable, est celle du diamagnétisme ou du magnétisme universel. Un physicien amateur, Lebaillif, avait observé que le bismuth éprouve de la part de l’aimant une action contraire à celle qu’en reçoit le fer, et qu’au lieu d’être attiré, il est repoussé. Faraday montra que ces deux modes d’action ne sont que des eas particuliers d’une loi générale, suivant laquelle tous les corps, solides, liquides et gazeux, subissent l’action magnétique, les uns à la manière du fer, en prenant une direction polaire (nord-sud), les autres à la manière du bisAuth, de l’argent, du plomb, du cuivre et de l’or (corps diamagnétiques), en prenant une direction équatoriale (est-ouest). Développant cette donnée, M. Ed. Becquerel fit une élude particulière du magnétisme des gaz; il montra, entre autres, que, pendant que l’hydrogène est doué du magnétisme équatorial, l’oxygène obéit, comme le 1er, au magnétisme polaire, et que notre atmosphère, condensée à la surface terrestre, y produirait, par son oxygène, l’effet d’une enveloppe de fer de l’épaisseur d’une feuille de papier. Enfin il résulte des recherches de Faraday que, non-seulement dans la nature inorganique, inerte, mais dans un être vivant, toutes les parties, solides ou liquides, sont sous l’influence d’impulsions magnétiques, se croisant rectangulairement.
En somme, les travaux d’CErsted, d’ Ampère, d’Arago et de Faraday ont contribué à achever l’une des plus grandes conquêtes de l’esprit humain, l’invention du télégraphe électrique, dont nous avons plus haut indiqué les origines. Morse 2, en Amérique, reprit, en 1835, la question à peu près telle que 1 avait laissée, en 1811, Sœmmeiing. Après plusieurs tentatives infructueuses, il réussit à construire un télégraphe électrique ( recording electric lelegraphy) qu il lit fouc-