‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 154 sur 197 · Sénèque, Quœst . nat · texte numérisé non relu

Sénèque, Quœst . nat

4. Voy. notre Histoire de la Chimie, t. I, p. 180-1 Si 2e édit., 1866;.

ANTIQUITÉ

L’énoncé de ce fait important était-il le résultat de l’observation, ou ne s’était-il présenté à l’esprit du philosophe grec que par une sorte d'inspiration? Voilà ce qu’il est impossible de décider. La démonstration n’en fut donnée que plus de vingt-deux siècles après la mort d’fléraclite, et cela par des hommes dont la race était alors aussi peu connue aux Grecs que le sont pour nous aujourd'hui les pauplades sauvages de l’intérieur de l’Australie.

Euripide, disciple d’Anaxagore, dit qu’aucun être ne peut vivre sans air, que la matière ne périt pas, qu’elle subit seulement des transformations, et que tout ce qui est d’air retourne dans l’espace1. Voilà encore une de ces propositions, étonnantes par leur justesse, dont la démonstration n’a été faite que de nos jours.

Les mots de spiritus, flatus, aura, halitus , etc., qu’on rencontre souvent chez les auteurs classiques, montrent que les anciens avaient quelques notions des corps aériformes que nous appelons gus. Selon Galien, la flamme est un air incandescent, et le roseau brûle, non parce qu’il est sec, mais parce qu’il contient beaucoup d’air susceptible de s’enflammer 2. La flamme est, en effet, un gaz (hydrogène bicarboné, hydrogène, etc.) incandescent,

A en juger par un passage de Clément d’Alexandrie., on connaissait l air vital, plus tard appelé oxygène, dès les premiers siècles de notre ère. « Les esprits se divisent, y est-il dit, en deux genres un espiil pout le feu divin, qui est l’àme, et un esprit corporel , «Ôv nvzvpa., qui est la nourriture du feu sensible et la base de la combustion (toü ai^r\nov nupbs rpof-À) xu.1 vnkxxa.vp.0. yhenai 3).

De temps immémorial les ouvriers mineurs savaient que dans beaucoup de galeries souterraines leurs lampes s’éteignaient tout à ^oup, et ([u ils s exposaient a périr asphyxiés. Ces accidents étaient primitivement attribués , avec raison , à des airs irrespirables. Mais l’erreur des siècles subséquents transforma ces airs en démons ou esprits malins. C’est ainsi que l’homme semble se condamner ui-môme à méconnaître la vérité lorsqu’elle se présente à lui na- .uiellement et sans eflort. Travail et liberté, voilà la loi de la gravitation humaine .

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