‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 30 sur 197 · MAT 1ER K · texte numérisé non relu

MAT 1ER K

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gnault que l’on connaît exactement toutes les circonstances qui concourent aux variations de l’hygromètre. Gel habile physicien dressa les tables des forces élastiques de la vapeur d’eau entre les températures de 5° et 35° Les expériences comparatives qu’il lit avec des hygromètres à cheveux très-différents par leur origine, l'amenèrent à reconnaître l’impossibilité de construire une table de graduation unique, applicable à tous ces instruments, comme l’avaient essayé Dulong, Gay-Lnssac et Melloni.

Avant ces physiciens, B. de Saussure croyait lui-môme que son hygromètre n’était, en réalité, qu’un hygroscope, qu’il n’en recevait que des indications empiriques, et qu’il manquait de données exactes pour savoir si la graduation de l’instrument peut s’appliquer a toutes les températures. Mais comme les corrections qu’il aurait fallu y apporter exigeaient des expériences longues et délicates, on aima mieux recourir à d’autres méthodes.

Un physicien suisse, Brunner, qui s’était déjà fait connaître parmi appareil particulier pour l’analyse de l’air, eut l’idée de déterminer directement, par une véritable analyse chimique, le poids d’eau contenu dansun volume donné d'air. A eetelfel il construisit un appareil où l’air est conduit à se dépouiller de toute sou eau en traversant des tubes remplis de pierre ponce imprégnée d’acide sulfurique, d’un poids connu. L’augmentation de poids, après l’expérience, indique la quantité de vapeur absorbée à un volume d’air facile à déterminer. Cette méthode ne présente rien d’incertain. Mais, comme son emploi est fort incommode, elle a été généralement abandonnée.

On crut un moment avoir trouvé dans le psychromètre -, proposé par Leslie, étudié par Gay-Lussac et perfectionné par le docteur Augusl, de Berlin, la certitude de la méthode chimique unie à la commodité de. l’hygromètre à cheveu. Mais il y a dans l’usage du psychromètre des incertitudes et des causes d’erreur que M. Régnault ht ressortir par des observations multipliées.

1. Annales de Chimie et de Physique, 3° série, t. XV, p. 179.

2. Le psychromètre (de froid, et p-irpov, mesure) consiste en

deux thermomètres bien concordants et très-sensibles, fixés sur une mémo planchette. L’un de ces instruments reste sec, tandis que l’autre a son réservoir mouillé par une étoffe de gaze toujours humectée d’eau. La température du dernier s'abaisse et il se convie de rosée. Par la différence de température et avec des tables dressées d'avance, on trouve la force élastique de la vapeur contenue dans l’air.

Hygromètre condenseur. — Leroy1 s’élait, l’un des premiers, attaché à montrer que « la parfaite transparence d’un air saturé de vapeurs, tel qu’on le voit après une pluie, que la disparition dés vapeurs aqueuses par la chaleur, que leur apparition subite par le froid, enfin que leur union intime avec l’air malgré la différence de leur densité, sont des indices certains d’une véritable dissolution 2. » Pour connaître la température à laquelle l'air abandonne l’eau qu’il contient, ce même physicien mettait, dans un vase de verre très-sec, de l’eau à la température du lieu où il se trouvait; puis il plaçait dans ce vase un petit thermomètre et il jetait dans l’eau de petits morceaux de glace jusqu’à ce que la paroi extérieure du vase se couvrît de gouttelettes de rosée. Il observait alors la température à laquelle cette rosée commençait à se déposer, et qui devait indiquer le degré de saturation de 1 air. Tel est en principe l’hygromètre condenseur de Daniell(voy. fig. 10). Sur un support

ou se trouve un thermomètre, destiné à indiquer la température de railambiant , est placé un siphon de verre renflé, aux deux extrémités, en boules fermées. L’une de ces boules , a, contient de l’éther, et porte à l’intérieur, un

thermomètre très-sensible ; l’autre, b, est enveloppée d’une gaze, sur laquelle on verse quelques gouttes d’éther, quand on veut faite une observation : l’éther, en s’évaporant, refroidit la boule ; il s effectue, alors une distillation du liquide de a vers b, une absorption de chaleur latente , suivie; d'un refroidissement du thermomètre, et de la

t Charles Leroy (né à Paris en 1726, mort en 1779) fut professeur de physique médicale à Monlpellier. Il était fils de Jean-Baptiste Leroy, mort en 1800, qui s’était particulièrement occupé des phénomènes électriques.

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