De V Auscultation immédiate; Paris
mains invisibles. A cet effet, il faisait communiquer ces instruments, gardés dans l’étage supérieur d’une maison, à l’aide d’une ljge métallique, avec la caisse de résonnance d’un piano qu’on jouait dans l’étage inférieur : les sons transmis font répéter par la guitare ou la harpe les airs joués par le piano.
En présence des observations nombreuses et perfectionnées, la théorie dut se modifier. Laplace trouva la vitesse du son longitudinal d’un corps quelconque, égale à Yj , où g désigne l'accélération
due à la pesanteur, et « l’allongement ou la contraction qu’éprouve une colonne de 1 mètre d’une substance gazeuse, liquide ou solide, sous l’influence d’une traction ou d’une pression égale au poids de
cette colonne. ,
Plus d’un physicien a pu se demander si par le mouvement de
translation le son n’éprouvait pas une déviation apparente, analogue à l’aberration de la lumière, s’il conserve le même rapport à unisson, ou si ce rapport, exprimant un nombre de vibrations détermine, varie avec la distance du corps sonore à l’oreille. Cette question, posée théoriquement par Ch. Doppler, a été résolue expérimentalement par le sifflet des locomotives. Supposons une locomotive qui marche avec une vitesse de 14 mètres par seconde ou de 50 kilomètres à l’heure, et qui en sifflant donne un sol : un observateur placé sur la voie, croira entendre un sol bémol quand la locomotive s’éloigne, et un sol dièze quand elle s’approche, c’est-à-dire que la note du sifflet descend, en apparence, d’un demi-ton quand la distance augmente, et monte d’un demi- ton quand la distance diminue.- C’est là ce qu’on pourrait appeler Y aberration du son.
Comme on l’a fait pour la lumière, on dut songer à trouver c moyen de mesurer la vitesse du son à des distances relativement petites Le procédé récemment imaginé par M. Kœmg remplit ce C lise compose de deux compteurs élastiques, formes chacun d'un petit marteau qui frappe sur un bouton incr usle dans une bo te à résonnance; ces petits marteaux battent s, mu l»t es dixièmes de seconde par l'action d'un ressort vibrant qu detei mine, dans un courant électrique, exactement du “ par seconde. Quand les deux compteurs sont places I un il cô de l'autre, l'oreille ne perçoit qu’un coup simple. Mats dès quo déplace l’un des deux appareils, l’observateur p^nanl
l’autre, les coups cessent de coïncidet . cest que ,
du compteur éloigné sont en retard sur les sons qu, an, vent du
MATIÈRE
compteur resté en place, et le bruit des deux compteurs se confond toutes les fois que leurs distances à l’observateur différent d’un multiple de 33 mètres. Ce même procédé, trop simple pour s’être présenté à l'esprit des premiers expérimentateurs, est applicable à la mesure de la vitesse du son dans les différents gaz et liquides *.
Vibrations. — Une chose qui frappe quiconque a des yeux pour voir, ce sont les vibrations d’une corde ou d’une lame métallique produisant des sons. Mais il faut déjà une certaine application de l’esprit pour songer à compter ces vibrations. On ignore le nom de l’observateur qui eut le premier cette idée. Il n’y arriva sans doute qu’après avoir remarqué que des vibrations trop lentes ou trop rapides sont également impropres à provoquer une sensation sonore. De là à concevoir l’appareil auditif comme un clavier d’une étendue déterminée, il n’y avait qu’un pas. Suivant cette conception, chaque son devait correspondre à un nombre déterminé de vibrations, compris entre les limites extrêmes du son le plus grave et du son le plus aigu. Pythagore passe pour avoir le premier interrogé à cet égard l’expérience. C’était lui qui avait, dit-on, trouvé que pour des cordes de même substance, de longueur et d’épaisseur égales, le ton augmente d’acuité proportionnellement aux poids par lesquels elles sont tendues, et que des enclumes de grandeur différente pouvaient donner l’accord parfait quand on les frappait avec le même marteau
Mais, pour avoir des données moins vagues que celles des anciens sur les nombres de vibrations correspondants à différents sons, il faut venir jusqu'à notre époque. Un physicien français, Sauveur, (né à la Flèche en 1653, mort à Paris en 1716), observa, en 1700, qu’en entendant à la fois vibrer l’air de deux tuyaux d’orgue donnant chacun un son différent , on perçoit, à des intervalles réguliers, des renforcements de son. Ces renforcements ou battements, c’est le nom qu’on leur a donné, ont lieu toutes les fois que les vibrations de l’air, qui produisent le son dans les deux tuyaux, coïncident ou se réunissent. Si dans les deux tuyaux, que l’auteur suppose l’un de quarante-huit et l’autre de cinquante pouces de