‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 65 sur 197 · Philosopli. Transact., n° 443, p · texte numérisé non relu

Philosopli. Transact., n° 443, p

4. Expériences faites à Quito sur la dilatation et la contraction que souffrent les métaux par le chaud et le froid, dans les Mém. de VAcad année 1745.

lait observer la dilatation ; elles reposaient, par leur extrémité inférieure, sur un point fixe, tandis que leur extrémité supérieure était pressée par la petite branche d’un levier. L’allongement de la verge faisait osciller la branche du levier, et les angles d’oscillations étaient mesurés sur la grande branche, lorsqu'ils élaiept assez considérables, ou ils étaient amplifiés par la communication de la grande branche du levier avec d’autres leviers inégaux. Des thermomètres, placés sur le marbre, indiquaient toutes les variations de température, éprouvées par les verges et le marbre. Cette méthode, très-ingénieuse, ne donnait pas l’allongement absolu des verges; elle indiquait seulement la différence entre leur allongement et celui du marbre.

Pour mesurer la dilatation linéaire des solides, Lavoisier et Laplace employèrent des règles d’environ 2 mètres de longueur. Ces règles étaient placées dans une cuve de plomb isolée, fixée suide gros dés en pierre de taille; une des extrémités de la règle s’appuyait sur un point fixe, tandis que l’autre communiquait avec l’extrémité verticale d’un levier coudé dont l’axe, placé sur des piliers isolés, était à une distance fixe du point d’appui de la règle, distance qui ne pouvait éprouver aucune variation, quelles que fussent les températures auxquelles les règles étaient exposées. Un ressort faisait toucher le levier coudé contre la règle, et la règle contre le point d’appui; sur l’extrémité horizontale du levier coudé était fixée une alidade à lunette qui était dirigée sur une grande règle verticale, tantôt à cent, tantôt à deux cents toises des lames de la lunette. Cette règle étant divisée en pouces, un allongement d’une ligne, dans le corps soumis à l’action de la chaleur, faisait parcourir à la lunette, lorsque la règle de cuivre était à cent toises de distance, 62 pouces ou Ihh lignes, ce qui donnait la facilité de diviser la ligne en llxU parties. Après avoir mis dans la cuve un mélange de glace et d’eau, afin d’obtenir la température constante de Oo, on dirigeait la lunette sur la règle de cuivre; échauffant graduellement le solide jusqu’à l’ébullition de l’eau, on voyait sur le cuivre l'espace que parcourait la lunette, d’où l’on concluait l’allongement du corps l.

En 1782, Wedgwood (né en 1730, mort en 1795) inventa le pyromètre qui porte son nom. Cet instrument est fondé sur la pro-

1. Annales de Physique et de Chimie, I. I, Encyclopédie méthodique. Physique, t. II, p. 712 (Paris, 181G).

priélé qu’a l’argile séchée d’éprouver, pendant sa cuisson, un retrait d’autant plus marqué que la température à laquelle on la porte est plus élevée i. Il se compose de deux parties : l’une, appelée jauge, est une plaque de terre cuite, sur laquelle sont appliquées deux règles de même matière; l'autre esL formée de petites pièces cylindriques d’argile. Pour se servir de l’instrument, on met ces petits cylindres dans un creuset réfractaire que l’on place sur le corps ou dans le milieu dont on veut mesurer la température. Dès qu’ils ont pris la température du milieu, on les pétrit, on les laisse refroidir et on les met dans la jauge. On juge de la température par leur diminution de volume, c’est-à-dire par le point de la jauge où ils parviennent. Wedgwood fit une suite d'expériences pour comparer la graduation de son instrument avec celles des trois thermomètres les plus usités, ceux de Fahrenheit2, de Réaumur et de Celsius (therm. centigrade) ; il trouva que chaque degré de son pyromètre correspondait à 130o Fahr., à 57ü,778 R. et à 27», 23 C. Il marqua 580° pour son point zéro.

Le pyromètre de Wedgwood ainsi que les pyromètres fondés sur les dilatations du platine, de l’argent et d’autres métaux ont été abandonnés, comme étant non raccordables avec l’échelle thermométrique. Ils ont été avantageusement remplacés par le thermomètre à air. Prinsep détermina, en 1827, avec un thermomètre à air ayant le réservoir en or, entre autres, la chaleur rouge à 650°, et celle de la fusion de l’argent à environ 1000°. En 1836, Pouillet se servait d’un thermomètre semblable, à réservoir de platine, pour fixer les températures suivantes :

Rouge naissant 523° Orangé foncé J 1 00°

Rouge sombre 700° Blanc 1300°

Rouge cerise 900° Blanc éblouissant Io00°

Les réservoirs de platine, dans le thermomètre à air, ont été abandonnés et remplacés par des réservoirs de porcelaine depuis que MM. Henri Sainte-Claire Deville et Troost ont montré qu’à une très-haute température le platine devient perméable aux gaz.

Parmi les thermomètres métalliques qui étaient en même temps

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