C'est-à-dire des variclcs
Société, sous les noms de Grosse blanche commune ou de Patraque blanche, Truffe d'Août, Berbourg, Bavière y La dwergentCy Mouffen^ Beaulieu marbrée, La Brugeoise, mais surtout les Grosses jaunes, telles que La Grosse Zélandaise, le Champion, VOx noble^ la Patraque jaune et ses analogues, le produit par semis des jaunes étant généralement plus constant et beaucoup plus régulier, tant en quantité qu'en qualité. On recommande encore de recueillir et de semer séparément les graines de chaque espèce, autant qu'il sera possible, la récolte et la conservation des produits en étai.t alors beaucoup plus commodes.
» Méthode de semis. — Quelques amateurs sèment la graine c:e Pomme de terre sur couche, et repiquent ensuite les plants dars leur jardin; mais nous avons constamment employé une méthode bien plus simple et bien plus économique que voici.
» Depuis Février jusqu'en Mai, suivant le climat et la saison, mais surtout lorsqu'on n*a plus de gelées à craindre (à Paris, vers la mi- Avril), sur un terrain bien labouré et bien fumé, mais surtout bien ameubli et de nature légère, s'il est possible, on dresse des planches de 3 à 4 pieds de largeur; on y trace des rayons espacés l'un de l'autre de 2 ou 3 pieds et 3 ou 4 pouces de profondeur; la graine s'y sème très claire, et se recouvre très légèrement d'une ligne environ de terre ou de terrain, qu'on marche ou qu'on foule un peu; au bout de quelques jours, si la saison est sèche, il est bon d'arroser de temps en temps, si on le peut; mais pour peu qu'il pleuve, on en est dispensé, et plusieurs de nos semis ont été élevés sans ce secours; quand les plantes sont levées, on les sarcle soigneusement; on les éclaircit, on les bine à plusieurs reprises, en rapprochant un peu la terre de leurs pieds, prenant garde cependant de ne pas trop les enterrer, ou du moins de ne Iç faire qu'au fur et à mesure qu'elles prennent de la force; quand elles sont assez grandes, on les butte alors complètement. La distance à laquelle on laissera les plantes devra dépendre de leur vigueur : 2 pieds, 2 pieds et demi d'éloignement en tous sens, seront un espacement convenable; au surplus on ne peut rien prescrire de positif à. cet égard, les espèces vigoureuses exigeant plus de place que les espèces faibles, surtout lorsqu'elles sont aidées par une saison favorable : il suffira de savoir que plus elles auront de liberté pour s'étendre, plus elles deviendront fortes, et plus leurs tubercules
seront gros. Il arrive souvent qu'elles ont autant d'apparence, et quelquefois qu'elles donnent autant de produit que celles plantées de tubercules. Les pieds arrachés lors de réclaircissement peuvent être repiqués ailleurs si l'on veut; ils reprennent aiséinent lorsque la saison est pluvieuse, ou qu'on a soin de les arroser. Comme la végétation des Pommes de terre élevées de semis se prolonge beaucoup, et que la production des tubercules est tardive, il faudra ne les arracher que le plus tard qu'on pourra, c'esl*à-dire quand la gelée y forcera ; néanmoins s'il s'y en trouvoit de hâtives, on fera bien de les arracher d'avance. Lors de.la récolte, on devra, sur-lechamp, mettre à part pour la replanlation de Tannée suivante les pieds les plus vigoureux, les plus abondans en tubercules, d'une belle forme et d'une bonne grosseur; rejetant ceux qui sont trop petits en môme temps et trop nombreux, trop traçans, mal conformés ou ne paraissant pas sains : ces derniers surtout doivent être absolument exclus, car ils transmettent infailliblement leurs vices à leur postérité. Il sera bon aussi de trier les différentes espèces et d'en faire des lois séparés; la plantation de l'année subséquente en sera plus commode à exéculer, la culture et la récolte des espèces mêlées étant plus difficiles, et la consommation ainsi que la vente beaucoup moins avantageuses. D'ailleurs, la culture de ces espèces venues de semence n'exige aucun soin particulier, et devra être faite comme à l'ordinaire; elles acquerront dans cette seconde année toutes les qualités dont elles sont susceptibles ».
Nous croyons devoir ajoutera ces excellents conseils, émanant de personnes très compétentes, les passages suivants que nous extrayons des Nouvelles instructions populaires sur la maladie de la Pomme de terre publiées en 1845 par Charles Morren, et qui se rapportent au semis des graines de cette Solanée.
« Nul doute, dit Charles Morren, que, pour perfectionner nos variétés, il serait convenable d'en produire de nouvelles, mais je pense que le meilleur moyen serait de semer et d'améliorer les bonnes races produites à la suite des semis, par des plantations raisounées, comme on Ta fait en Angleterre...
» Il s'agit donc que les circonstances suivantes soient prises en mûre (Considération : — 1° Il faut choisir le lieu de production des fruits, t II faut savoir sur quelle variété on recueille le fruit. 3^ Le fruit s:iin, non infecté, doit être préparé d'avance; c'est-à-dire qu'il
faut sur un bouquet de fruits n'en laisser que deux ou trois pour bien les faire grossir et mûrir. 4* Ces fruits ne peuvent être arrachés que lorsque la fane saine est bien desséchée et qu'elle gît à terre. 5** On brise le fruit, on ôte la pulpe par le lavage et on recueille les graines propres et vigoureuses allant au fond de Teau quand on les y jette. 6** On les étend sur du papier, au soleil, pendant un jour. 7* On les renferme dans du papier noir, bien sec...
» On procède au semis en Mars, et on récolte les jeunes Pommes de terre en Octobre. Elles n'ont alors que la grosseur d\ine noisette. L'année d'après, elles deviennent grosses comme des noix, et la troisième année, on a d'excellents tubercules plus ou moins gros.
» Le semis se fait en plate-bande, en ligne ou à la volée.
» La première transplantation se fait à quinze pouces de distance en quinconce et on butte à temps, c'est-à-dire lorsque la plante atteint deux ou trois pouces de hauteur.
» Dans un semis de cette espèce, voici ce qu'on observe. Les plantes ne laissent pas dessécher leurs fanes toutes à la fois. Il y a des fanes sèches un mois, un mois et demi avant d'autres. Celles qui se dessèchent le plus vite sont désignées par des piquets. Ce sont les plantes les plus hâtives.
» On peut accélérer la précocité en prenant des fruits provenant des fleurs les plus précoces. C'est par ce moyen que Knight a obtenu les Pommes de terre si hâtives de l'Angleterre.
» Une fois cette précocité fixée, et après tout, ce n'est pour la plante qu'un état de nubilité plus prompt, elle se perpétue par la plantation des tubercules.
» Un champ de semis, outre des variétés de formes, de couleurs, de goût, de fertilité, produit aussi des variétés plus ou moins hâtwes, plus ou moins tardives ».
M. Courtois-Gérard, qui est un habile praticien, donne de bons conseils sur le semis des graines, dans son petit livre, récemment publié, et intitulé : Du choix et de la culture des Pommes de terre. Il émet toutefois cet avis que les semis de graines ne sont pas Irès utiles au point de vue du jardinage, parce qu'ils produisent d'ordinaire des variétés tardives, et que dans les potagers on ne cultive guère que les variétés hâtives ou de seconde saison. Il dit alors que cela résulte de ce que les variétés hâtives ne fleurissent que rare-
ment, ou bien que, si elles fleurissent, les fleurs avortent, de telle sorte que, dans les deux cas, on n'obtient aucune baie contenant des graines.
» Que faudrait-il pour qu'il en fût autrement, ajoute-t-il ? D'abord ne pas s'en remettre au hasard qui, s'il produit des fécondations accidentelles, ne peut évidemment les produire qu'entre les variétés qui fleurissent exactement à la môme époque; ensuite cultiver les variétés hâtives de manière à les contraindre à fleurir et à épa-
Fig. 15'*. — Tubercules produits la première année, après le semis des graines (grand, nal.). Reproduction d*une photographie de la Conférence intitulée Potatoes, par M. Arthur SuUon (1895).
nouir leurs fleurs précisément au moment où fleurissent les variétés dont on veut opérer le croisement ».
Ce que dit là M. Courtois-Gérard, est très juste, et ses deux derniers conseils sont excellents à suivre. Mais il n'indique pas la façon dont il faut s'y prendre pour faire fleurir des variétés hâtives qui d'ordinaire ne fleurissent pas. Oii peut obtenir ce résultat en employant l'ingénieux procédé du célèbre Knight. Nous le ferons connaître dans le paragraphe suivant.
Un de nos habiles semeurs, M. Lamarre, à Bayeux, a bien voulu
nous donner connaissance des soins minutieux qu'il prend pour faire germer ses graines de Pommes de terre et hâter le développement de ses plantules. Nous pensons qu'il y a intérêt à les reproduire ici.
(( Je sème, nous écrit-il, en Février-Mars sur couche chaude sous
châssis ou en serre tempérée, mais très près du verre. Je fais ce
* semis en petites terrines recouvertes d'une plaque de verre, que
Fig. 155. — Tubercules obtenus la qualricnie nnuëe après le semis des graines (1/2 grand, nat.). Reproduction d'une photographie de la Conférence intitulée Potaetes, par M. Arthur Suttou (1895).
l'on change de côté deux fois par jour. La levée est assez rapide. Il faut alors donner de l'air pour éviter l'étiolement. Quinze jours ou trois semaines après, on peut procéder à un premier repiquage. Si le plant est faible, on mettra six plantules par godet de 7 centimètres de diamètre, à distances égales, contre les parois. Ces plantules mises sous cloches ou sous châssis, arrosées et ombrées, seront bonnes à être séparées quinze jours plus tard, et placées chacune dans un godet distinct de même dimension. On les y lais-
sera jusqu'à la mise en place, en pleine terre, lorsque les gelées ne seront plus à craindre. 11 conviendra alors d'espacer cette plantation, en conservant seulement entre les pieds une distance de 40 centimètres, ce qui permet de se rendre mieux compte du port de la plante et de ne pas commettre d'erreur lors de l'arrachage. Dans de telles conditions et avec de bons soins culturaux, les jeunes plants atteindront tout leur développement dans la première année. Il convient lorsque l'on procède au premier, ou tout au moins au second repiquage, de planter de façon à ce que les cotylédons se trouvent enfoncés au niveau du terreau, car c'est de l'aisselle de ces cotylédons que partiront les premiers stolons sur lesquels se for- . meront les tubercules. Ces derniers se montrent à leur origine assez rapidement, lorsque la plantule aura la force de les développer, car il arrive parfois qu'il ne s'en produit point. Dans ce cas, j'ai cru remarquer que les plantules trop faibles n'en produisent pas non plus ultérieurement, ou bien ne présentent que des renflements tuberculiformes de peu d'importance.
» On ne peut juger, dès la première année, de la valeur de la récolte. Il y a lieu de réformer, pour la plantation de l'année suivante, tout ce qui dénote de mauvaises qualités, les plantules trop coureuses ou peu fertiles, les petits tubercules ayant des yeux trop enfoncés ou de volume trop faible, sans compter les malades, car il ne faut pas perdre de vue que ces plantules sont autant, sinon plus, sujets à la maladie que les plants adultes.
» Les plantations de la seconde année, avec les tubercules ainsi sélectionnés, procurent des résultats plus nets. On peut remarquer les pieds qui développent des tiges vigoureuses et qui produiront une récolte satisfaisante. Mais on doit s'attendre à ce que les tubercules ne donneront pas tout ce qu'on espère. Aussi juge-t-on mieux du produit, après la troisième année, car alors le développement est normal, et il ne restera plus qu'à faire une sélection presque définitive des tubercules récoltés, d'après toutes les règles que l'on doit suivre pour se rendre compte de la véritable valeur d'une variété nouvelle ».
On le voit, le semis des graines de Pommes de terre exige beaucoup de soins, de patience et d^intelligence pour être mené à bonne fin.