‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 112 sur 220 · J.-B.-L. LEMOINE · texte numérisé non relu

J.-B.-L. LEMOINE

Parmi ceux de nos compatriotes qui se sont le plus illustrés dans l'Ouest, est Jean-Baptiste-Laurent Lemoine, que notre journalisme réclame aussi comme l’un des siens. Il naquit à Montréal le 19 janvier 1821, du mariage de sieur Joseph Lemoine et dame Julie-Victoire Franchère. Dès son jeune âge il montra un grand penchant vers l’étude, et ses parents le mirent au séminaire de Saint-Hyacinthe, où il eut comme camarades plusieurs hommes qui furent éminents par la suite, entre autres l’illustre évêque Taché du Manitoba. Il était aussi le cousin de sir Georges-Etienne Cartier.

A peine âgé de 17 ans le goût des voyages s'empara de lui, voulant voir du pays. Peut-être aussi était-il poussé vers ces idées par la situation politique de cette époque tourmentée du Bas-Canada. Toujours est-il qu’en 1838 il s’embarqua sur un balenier dans lequel il passa près de trois ans. Il retourna au Canada où son esprit voyageur le reprit en 1842. Il se rendit à Milwaukee, où il entra au service du célèbre Solomon Juneau, fondateur de cette vilie du Wisconsin, aujourd’hui l’une des grandes cités de l’Union américaine. Il parcourut subséquemment une grande partie du Wisconsin, après quoi, avant que l’année fut écoulée, il se rendit à Chicago, qui était alors qu’une ville naissante. Plus tard il alla habiter Ste-Anne, dans le

. M. Beaudet fut alors nommé agent d'immigration du gouvernement américain À Vancouver, Colombie Anglaise, poste qu’il occupe encore actueliement.

272 Ilistoire de la Presse Franco-Américaine

même Etat de l'Illinois, avec sa première femme, Herminie Deschamps, qu'il avait épousée au Canada. A Ste-Anne il ouvrit un ma- Basin général; il y fut le premier maître de poste. Il était aussi commissaire du gouvernement et il fut élu “supervisor” et juge de paix plusieurs années. En 1862 il perdit sa femme, lui laissant quatre filles.

En 1864 M. Lemoine convola en secondes noces avec Lucie Lusi- Bnan, veuve du Dr Graham Marr, qui ne lui donna qu'un fils, Alfred- John. Il demeurait alors à Kankakee, Ill. où il pratiquait la loi et fut aussi juge de paix pendant plusieurs années. En 1873 il alla s'établir définitivement à Chicago et là il fonda son journal, L'Union Franco-A méricaine. I] employa toute son énergie pour le succès de ce journal et il montra dans ses articles un jugement sûr et de grands talents, ne se laissant jamais abattre par le découragement. Plus tard il dirigea le Catholic Home, dans les colonnes duquel! il déploya ses grandes qualités de catholique convaincu.

M. Lemoine prit une part des plus actives dans l'organisation de l'ordre des Forestiers Catholiques. Il fut élu le premier grand vicechef ranger de la Haute Cour. A lui seul il établit plus de cinquante Cours, et c'était avec une légitime fierté qu’il portait la médaille d'or d'honneur dont l'ordre l'avait décoré. En politique il était démocrate ardent, et jusqu’à la fin de ses jours il ne manqua jamais de voter Pour les candidats de son parti. I] mourut, dans les sentiments chrétiens qui ont caractérisé sa longue carrière, le 19 février 1911, à l’âge avancée de 90 ans et un mois chez son fils unique, Alfred-J. Lemoine, à Waupun, Wisconsin.

J-TELESPHORE LORD.

Né en 1877 à Yamachiche, fils de Louis-Adolphe Lord, notaire, agent des terres de la Couronne à Trois-Rivières, et de dame Anaïs Jalbert. M. Lord fit ses études à l'académie de son village natal et au séminaire des Trois-Rivières, puis suivit un cours privé à Montréal.

En 1900 il se rendit à Woonsocket dans le Rhode-Island, puis il se fixa à Nashua, New-Hampshire: en 1903 il alla demeurer à Worcester où il épousa en 1904 Mile Joséphine Fournier et en 1907, au mois d’avril, il foudait en cette dernière ville un journal quotidien du matin, le seul qui ait existé dans la Nouvelle-Angleterre. Le Canadien-

Silhouettes de journalisies 273

Américain, tel était le nom de cette feuille, disparut après la publication de son quinzière numéro. M. Lord est père de deux enfants.

Page 1