DR C.-J. LECLAIRE
Le Dr C.-J. Leclaire de Danielson, Connecticut, fut un ardent patriote, qui eut des démêlés retentissants avec son évêque, feu Mgr Ticrney du diocèse de Hartford, sur la question da langue. Il ne fit pas de legs en argent, mais avant de mourir, encore dans toute la force de l’âge, il laissa sur la terre une épouse et huit enfants. Le premier avril 1909, jour de sa mort, L'Opinion Publique de Worcester publiait à l'adresse du défunt un article ému, dont voici des extraits:
Le docteur Charles-J. Leclaire était âgé à peine de 46 ans, ayant vu le jour le 6 mai 1863 à Saint-Louis de Gonzague, comté de Beauharnois, fils aîné ;ssu du mariage de feu le docteur C.-J. Leclaire et de Marie Berthelot. Du côté de sa mère il était allié aux familles Beaudry, Berthelot et Desjardins de Montréal. Il fit ses études classiques au petit séminaire de Sainte-Thérèse de Blainville, après quoi il étudia la médecine à l’école de médecine Victoria de Montréal, d’où il sortit avec le diplôme de médecin en 1887.
L'année suivante le jeune médecin venait se fixer à Danielson qu'il a toujours habité depuis et où il ne tarda pas à se faire une clientèle abondante. En 1890 il épousa Mile Emma Bédard, de Helena, Montana.
Dans une brochure publiée il y a dix ans aux ateliers de L'Opinion Publique sur les Congrès Nationaux du Connecticut, nous trouvons ce paragraphe à l'adresse du Dr Leclaire:
“Les difficultés qu'éprouvent nos compatriotes de Danielson à faire enseigner le français dans les écoles soutenues de leurs deniers et ? obtenir un curé de leur nationalité, ont fourni au Dr Leclaire l’occa sion de faire valoir les qualités dont il est doué, et qui le rendent bien apte à remplir le rôle difficile que ses compagnons de bataille lui ont confié.”
Le défunt était réellement un champion des droits de sa race aux Etats-Unis; dans ses luttes contre son Ordinaire sur la question nationale il a pu dépasser les justes bornes de la modération et de la déférence, mais cela était plutôt une conséquence de son tempérament qui le portait à embrasser avec ardeur toutes les causes nobles et justes, et dans son estime nulle cause n'était plus digne que celle qui avait pour objet la reconnaissance du principe des droits des nationalités à leur langue dans l'Eglise. Sur cette question le Dr Leclaire ne transigeait jamais et on l’a toujours trouvé irréductible.
Il ne recherchait cependant pas pour lui-même les honneurs politiques, car il ne fut que commissaire des écoles, mais son activité s'exerçait surtout à aider ses compatriotes dans toute la mesure de ses capacités et de son influence. A cet égard c'était un cœur largement ouvert, ne marchandant jamais ses peines et toujours prêt à payer de sa personne chaque fois que son concours était désiré quelque part.
Il avait particulièrement des principes rigides sur la question des sociétés: il était un pilier de nos sociétés nationales, particulièrement de l’Union Saint-Jean-Baptiste d'Amérique dont il était un des membres les plus marquants. C'est dire qu'il combattait à outrance, chaque fois que l’occasion s’en présentait, pour induire nos compatriotes à se tenir éloignés des sociétés neutres de langue anglaise, où il voyait pour eux un danger pour la langue et la religion. Il formait aussi partie des sociétés nationales de Williamsville, Danielson et Wauregan. Il était l’un des membres les plus en vue du Comité Permanent, nommé au Congrès de Springfeld, dont il était le secrétaire.
Avant de mourir le Dr Leclaire a fait don à la bibliothèque de l’Union Saint-Jean-Baptiste des manuscrits et imprimés qui renfer-
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ment l'historique complet des troubles de Danielson et de North Brookfield, les plaidoyers de M. l'abbé Proulx et de Mgr Racine, les rapports de toutes les conventions du Connecticut, auxquelles il s'est trouvé mêlé, et quantité d’autres travaux historiques.
Enfin le Dr Leclaire s'est distingué par ses contributions à nos journaux franco-américains. Nos lecteurs se rappelleront sans doute ces écrits signés “Jean-Louis” qui paraissaient de temps à autre dans ce journal jusqu'à il y a quelques mois, et qui étaient d’une lecture si agréable et si originale. Pendant bien des années il a ainsi collaboré à L'Opinion Publique, à L'Indépendant et à la Tribune.
Dr OMER LARUE.
Médecin et chirurgien, est né à Saint-Denis, P. Q., le 14 mars 1849. Il entra, en 1860, au collège de Saint-Hyacinthe et y fit un cour brillant. Il étudia ensuite la médecine à l’Université Victoria, à Montréal, d'où il sortit en 1872 avec le titre de docteur en médecine, et vint s'établir à Putnam, Connecticut, où il a toujours résidé depuis, moins six mois qu’il a passés à Worcester, Massachusetts, en 1875. En 1878 il épousa Mile Hermine David, fille du docteur Samuel David, de Saint-Ours, qui est décédée en janvier 1898, laissant sept enfants pour la pleurer. M. le docteur Larue est un habile médecin, sa nombreuse clientèle en fait foi; mais il est aussi écrivain et orateur distingué. Il a longtemps collaboré au Travailleur de Worcester, dont le regretté fondateur, Ferdinand Gagnon, le tenait en haute estime. Le docteur Larue a été pendant plusieurs années président de la Société St-Jean-Baptiste de Putnam; il a aussi rempli la charge de trésorier de la Société Historique Franco-Américaine pendant plusieurs années. Grâce à ses efforts et à son dévouement, les Canadiens du Connecticut ont eu leur premier congrès en 1885, et l’œuvre était désormais assurée. C'est lui qu’on chargea à la grande convention tenue à Rutland, en 1886, de faire l’éloge de Ferdinand Gagnon, le grand patriote que la mort venait de nous enlever. Il s’acquitta de sa tâche avec talent et son discours a vivement ému alors son nombreux auditoire. Plusieurs fois président des conventions d'Etat, vice-président de la convention de Nashua, New-Hampshire, délégué par la convention d'Etat à la convention de Chicago, il a été choisi là encore comme premier vice-président et il y a remplacé le président
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dans les séances les plus orageuses de cette convention. Il fut premier “selectman” de la commune de Putnam, en 1887, et secrétaire du conseil des ‘‘selectmen”’ en 1888 et 1889. Comme orateur il a fait plusieurs campagnes présidentielles en faveur du parti démocrate, notamment en 1884, 1888, 1892 et 1900.