‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 69 sur 220 · LEANDRE BOUDREAU · texte numérisé non relu

LEANDRE BOUDREAU

M. Léandre Boudreau était né à St-Alexandre, P. Q., en 1835. Après avoir fait ses études au séminaire de Saint-Hyacinthe, il passa aux Etats-Unis en 1870, se fixant d’abord à Danielson, Conn., puis il alla à Worcester, où il se fit agent d'assurance. D'un génie inventif, il fit breveter quelques inventions qui ne firent que l'aider à vivre. En 1875, nous le trouvons à Manchester, où il devint rédacteur à L'Echo des Canadiens en 1880. M. Boudreau avait de belles qualités, c'était un catholique fervent, et dans les assemblées c'était un orateur agréable. Il est décédé à Manchester le 10 septembre 1901, à l’âge de 66 ans.

L'Union Nationale, publiée en même temps que L'Echo des Canadiens ne vécut que quelques semaines durant l’année 1881.

Le Rateau, publié dans les derniers temps de L'Echo des Canadiens par Pierre-Camille Chatel, en 1884, disparut après quatre mois d'existence, pendant lesquels il trouva moyen de faire des misères à L'Echo. Au reste, la misère des deux ne dura pas longtemps, attendu que leur trépas se produisit à un court intervalle.

Au Rateau succéda, la même année, le Courrier du New-Hampshire, fondé par P.-C. Chatel. Environ quinze mois après le Courrier fut vendu à Joseph Lebrun qui, vers le rer juin 1886, le cédait à d'autres. Ceux-ci, en juillet 1887, le transportaient à leur tour à MM. Jean et Ulric Bergeron. Au mois de septembre 1889, le journal passait aux mains d'une compagnie d'actionnaires. Plus tard encore, en 1890, il était sous le contrôle d'un syndicat, qui en cessa la publication vers le rer octobre 1890. Un homme qui occupa par la suite une place considérable dans le journalisme au Canada, rédigea le Courrier d'octobre 1887 jusqu’à janvier 1888. C'est W.-A. Grenier, qui fut célèbre surtout comme agent de publicité. 11 est mort le 1er janvier 1905 à l'Hôpital Général de Montréal. Les journaux, dans le temps, en annonçant sa mort, disaient que c'était un vétéran du journalisme, ayant fondé plusieurs journaux, tant dans la Nouvelle-Angleterre qu’au Canada, entre autres la Libre Parole de célè-

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bre mémoire. M. Grenier était considéré comme une autorité en matière de publicité. Il a dirigé tour à tour la publicité de la Presse, de la Patrie et du Journal. Il a même, pendant un temps, publié un journal intitulé la Publicité.

La Justice, fondée vers le 1er juillet 1884, par Godfroy de Tonnancour, eut une courte existence.

La Petite République, fondée en 1886, parut pendant près d’un an. M. W.-A. Grenier en était le rédacteur-propriétaire.

Le Foyer, journal humoristique, contemporain de la Petite Republique, eut le même sort que cette dernière feuille et disparut l’année suivante, en 1887.

L'Avenir Canadien, fondé le 11 septembre 1888 par Ephrem-R. Dufresne, ancien journaliste de l'Ouest, disparut en 1891 pour être remplacé par le National de Benjamin Lenthier, édition de Manchester.

Le National, qui était imprimé à Lowell, avait J.-E. Bernier comme représentant à Manchester. Au mois de mars 1894 le National de Manchester fut entraîné dans la catastrophe du National de Lowell. M. Bernier fonda alors L'Avenir National, publié d’abord trois fois la semaine, et devenu quotidien en 1901. M. Bernier rédigea luimême son journal les premières années, mais lorsqu'il le mit quotidien, il prit à son service les frères Léo et Jean-Louis Richard. M. Wilfrid-J. Lessard faisait déjà le service des nouvelles de la ville. Au mois de septembre 1901, M. J.-G. LeBoutillier venait de Fall-River prendre la rédaction de L’Avenir National qu’il garda jusqu’en avril 1907, alors qu'il démissionna pour prendre la rédaction de L’Opinion Publique à Worcester. M. LeBoutillier revint à son ancien poste à L'Avenir National le rer août 1911. L’assistant-rédacteur actuel est M. Wilfrid-J. Lessard. Pendant l'absence de M. LeBoutillier à L'Opinion Publique, MM. Stanislas Doucet et Charles-R. Daoust passèrent successivement à la rédaction de L'Avenir National, mais le véritable chargé de la rédaction était M. Lessard.

Le Réveil parut vers le rer septembre 1890 et vécut seulement pendant la campagne électorale de cet automne-là. Louis Comeau en était le rédacteur-propriétaire.

Le Progrès, journal quotidien, fut fondé par un groupe de citoyens de Manchester, en 1892. Il cessa de paraître l’année suivante. Il était rédigé par Louis Comeau.

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Le Causeur, journal humoristique, fondé en 1893 par L. Montminy, mourut la même année.

Le Merrimack, journal hebdomadaire, fondé en 1893, disparut six mois après sa fondation.

Un troisième journal, le Bulletin, vit le jour en cette même année 1893 et n'en vit pas la fin. Il était publié par Louis Comeau et J.-E. Lapointe. Ainsi, voilà trois feuilles qui naissaient et mouraient dans la même année à Manchester, et cela pendant que le National quotidien paraissait encore.

L'Etoile fit son apparition en 1895. Ce journal paraissait trois fois la semaine. Il disparut après quelques mois d'existence.

Le Souvenir, un autre journal humoristique, fondé en 1895, disparut la même année.

L'Ami du Foyer, fondé en 1901 par M. F.-M. Boire, pharmacien, qui décédait deux ou trois ans après, vécut seize mois environ. C'était un journal hebdomadaire bien fait et ayant des prétentions littéraires. Le rédacteur en était un tout jeune homme, M. Omer Chaput. M. Boire, fatigué enfin de voir chaque semaine son journal se solder par un important déficit, en discontinua la publication. Après sa disparition, M. Chaput alla à Québec, où il entra à la rédaction du Soleil. Quelques années après, soit en 1900, il était choisi pour être le rédacteur de la Tribune, nouveau journal quotidien publié à Sherbrooke, P. Q. Quelques mois après, cependant, il dut abandonner cette position, à la suite des retentissantes révélations qui furent faites au sujet de la loge de francs-maçons l'Emancipation de Montréal, et dont son nom fut publié comme l’un des membres.

Le Canado-Américain, l'organe officiel de l’Association Canado- Américaine, dont le siège social est à Manchester, paraît une fois par semaine. Imprimé aux ateliers de L'Avenir National, depuis sa fondation en 1901, il est envoyé aux 14,000 membres et plus de la société dont ilest l'organe. M. L.-A. Robert en est le rédacteur.

L'Echo de la Presse, fondé par M. Richard Lerevers, en 1906, vecut pendant près d’un an.

La Revue Rose, un journal hebdomadaire, fut fondée quelques semaines avant les élections de 1906 par M. Léo Richard. Le nom était bien caractéristique, car la Revue Rose était imprimée sur papier rose à l'atelier que Léo Richard s'était montée. Cependant il faut croire que l'entreprise coûtait plus cher qu’elle ne rapportait, attendu

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que la Revue Rose eut bientôt le sort de la belle fleur dont elle empruntait le nom.

Autrement dit, la publication de la Revue Rose fut suspendue définitivement au bout de quelques semaines.

Cœurs Français était une revue mensuelle publiée par M. Joseph Dumais, professeur d’élocution. C'était une publication littéraire dont le but était d’inspirer le goût de la littérature à nos populations franco-américaines. Son éditeur publiait à chaque numéro des critiques du langage populaire ou ayant cours dans notre classe ouvrière ou illettrée. Il se moquait spirituellement de l’affreux jargon qu'il avait relevé dans ses rapports avec ses compatriotes des Etats-Unis et dont il prétendait donne: un échantillon. Quelques-uns trouvaient que M. Dumais allait trop loin, qu'il exagérait, qu’il représentait notre classe ouvrière comme étant composée de parfaits ignorants parlant un langage constamment mêlé de mots anglais francisés, etc. Dans tous les cas, la campagne de M. Dumais dans sa revue Cœurs Français pour l’épuration du langage ne dura pas longtemps, car celle-ci cessa de paraître après environ un an d’exi-tence. Le premier numéro avait paru au mois de novembre 1907. =

Le séjour de M. Dumais aux Etats-L is, croyons-nous, fut d’environ trois ans, dont un intervalle de quelques mois est occupé par un séjour à Paris. Son occupation était de former des clubs où ies membres, moyennant une cotisation, avi: nt accès aux conférences d’élocution du professeur. Celui-ci avait son domicile régulier à Manchester, mais de là il voyageait de temps à autre dans d’autres centres canadiens de la Nouvelle-Angieterre. La revue Cœurs Français, était née de l’idée préconisée par le professeur Dumais, laquelle il cherchait ainsi à populariser d’une manière plus effective. Hélas! malgré sa grande activité et son courage à toute épreuve, M. Dumais finit par subir la loi commune, comme tant d’autres de ses devanciers bien que dans le champ différent du journal proprement dit: il dût un jour s’avouer vaincu, et Cœurs Françäis passa de vie à trépas.

Au mois d'octobre 1907 parut le New England, organe de la New England Investment Company, cette compagnie industrielle lancée et dirigée par Joseph de Champlain dont il a été question au chapitre des journaux de Lowell. C'était une petite feuille hebdomadaire, imprimée à l'établissement de Léo Richard, qui fut remplacée quelques mois plus tard par la Nation. En septembre de la même année,

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la Nation disparut pour faire place au Réveil, journal quotidien fondé encore par Joseph de Champlain pour être l'organe ‘":iel de la compagnie New England.

La fondation et l'existence du Réveil de Manchester marquent une phase intéressante et curieuse dans l’histoire de nos journaux franco-américains. Pendant sa courte existence—près de deux ans— il s’est fait l'écho des projets, grands comme le monde, de Juseph de Champlain pour la régénération de la race canadienne-française aux Etats-Unis et lui donner le rôle qui lui appartenait dans l’industrie, la finance, les affaires en général. Les ambitions du président de la New England ne se limitaient pas à procurer la gloire de la race; il avait des visées encore plus hautes, il voulait créer ou provoquer un vaste mouvement, englobant toutes les sociétés nationales, qui à cette fin fourniraient à sa compagnie des contributions, pour faire commander par le Saint-Siège aux évêques de mettre des curés de langue française dans les paroisses exclusivement ou en partie de langue française. Comme on peut bien le penser, les sociétés ne furent pas empressées de fournir des fonds à la New England pour mener une campagne en faveur d’un clergé national, et le projet tomba à l’eau, comme hélas! tous les autres vastes projets de M. de Champlain devaient plus tard s'envoler comme du vent et aboutir à la catastrophe retentissante que nous avons vue au chapitre de Lowell.

Le Réveil avait comme rédacteur Arthur Smith, que M. de Champlain avait enlevé à L'Etoile de Lowell, peu de temps avant qu'il eût fait l’achat de ce dernier journal.

M. de Champlain avait orgarisé une compagnie pour la publication du Réveil. M. Médéric Guilbault, avocat, en était le président. Cependant le principal actionnaire était la compagnie New England elle-même, qui avait fourni la plus grande partie des fonds pour l’achat et l'installation du matériel. Dans l’idée du fondateur le Réveil devait être le premier pas dans la voie d'une espèce de trust des journaux. Tous les journaux étant sous le même contrôle, la propagande en faveur de la concentration des capitaux franco-américains se faisait plus facilement et selon un mot d’ordre commun. M. de Champlain absorba L'Etoile et le Courrier National, un hebdomadaire de Lawrence, alors imprimé à L'Etoile. Le trust des journaux en resta là.

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Le Réveil n’était pas né viable; aussi sa disparition fut-elle définitive. Pendant la vie du Réveil il se trouvait à y avoir deux quotidiens à Manchester, pendant qu'un seul pouvait faire bien juste pour se maintenir. L'Avenir National dut donc soutenir la concurrence du Réveil et il s’en tira à son honneur, vu qu'il faisait un journal beaucoup plus présentable, mieux fait et plus intéressant. Il est à remarquer cependant que les grandes améliorations que M. Bernier a faites à son journal ont coïncidé avec l'apparition du Réveil. C'était bien le meilleur moyen de conserver la faveur du public et par suite la clientèle des annonceurs, dont le Réveil n’a jamais paru bien favorisé. E

Le Foyer Canadien était une revue mensuelle dont le premier numéro parut en février 1908. L'éditeur en était M. Gélinas, un typographe qui avait travaillé à L’Avenir National et ailleurs, mais qui avait subséquemment ouvert une imprimerie et une librairie. Le Foyer Canadien était une belle publication de 16 pages remplie de matières choisies et fort intéressantes. Encore ici l'éditeur dût trouver que sa publication devait lui valoir plus de dépenses que de bénéfices, puisqu'elle disparut au bout de cinq ou six mois.

On compte aussi comme feuilles éphémères qui ont paru en ces derniers temps à Manchester, la Revue des Familles et la Revue Minière, publiées par Léo Richard et Théotime Boudreau. Le titre de cette dernière était caractéristique de son but, lequel était de promouvoir une affaire de mine d'or. Après le grand fiasco de la New England, où tant des nôtres ont étourdiment engouffré sans retour le fruit de leurs économies péniblement amassées, il semblerait qu’il devait être difficile d’intéresser nos compatriotes à une autre affaire comportant des souscriptions de parts. Quoiqu'il en soit, la justice, toujours curieuse, a fini par fourrer le nez dans cette affaire sous forme des autorités du département des postes pour usage illégal des malles des Etats-Unis en vue de frauder le public. C'est, au reste, le même sort qui avait été fait quelque temps auparavant à M. de Champlain qui, un beau matin, arrivant de Montréal, était arrêté à la gare par la police fédérale et, faute de caution, logé provisoirement à la prison, où il passa deux jours comme un vulgaire criminel, lui qui s'était donné pour mission de régénérer la race canadienne-française aux Etats-Unis au moyen de la concentration des capitaux. C'était la fin de bien des rêves, bien des illusions pour un grand nom-

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bre. Tant il est vrai de dire que l'acquisition de la richesse ou même d'une aisance honnête ne peut s’accomplir que par un travail soutenu et non par de prétendus fabuleux dividendes qui ne sont qu’un appas pour prendre les gogos.

L'affaire de mine dont la Revue Minière était l'organe, avait nom la Oxford Gold Mining Company. On a jamais pu savoir si c'était une mine réelle ou imaginaire. Tout ce que l'on sait c’est qu'elle était située à Houghton, dans le Maine. Toujours est-il qu’elle n’a jamais rien rapporté à ses nombreux actionnaires, au contraire. L'emplacement de la mine pouvait être là, mais il paraissait n'y avoir aucune installation pour l'exploitation. A ce propos L'Avenir National du 20 mars 1911 publiait la nouvelle suivante:

“Mardi de la semaine prochaine, en cour de circuit des Etats- Unis, s'ouvrira le procès de MM. John-A. Delisle, de New-Bedford, président de la Oxford Gold Mining Co. de Houghton, Me.; Théotime Boudreau, de Manchester, ex-trésorier, et Léo Richard, de Manchester, ex-secrétaire et ex-directeur de la compagnie, accusés tous trois d’avoir fraudé le public au moyen de la poste.

“Le juge Aldrich présidera probablement et le gouvernement sera représenté par le juge Hoitt, de Nashua, N.-H., procureur du district. Les prévenus seront défendus par Mtre J.-A. Broderick, Mtres Burnham, Brown, Jones et Warren et Mtres Branch et Branch.

“Ce procès sera attendu avec un grand intérêt par les nombreux actionnaires de la Oxford Gold Mining Co. Les trois accusés sont actuellement sous caution.

“Plusieurs citoyens de Manchester ont été sommés de se rendre à Concord comme témoins dans cette affaire. M. Fred-S. Johnson, deputy United States Marshall, était à Manchester ces jours derniers dans le but de faire les sommations. Le Dr J.-E.-E. Roy, un actionnaire, a recu l’ordre d’être à Concord le 28 courant, à 11 heures de l’avant-midi.

“M. Henri Dupuis, un agent de la compagnie; M. Victor Bourque, qui a travaillé à la mine de Houghton, Me.: M. Raphaël Bessette, qui a également été employé à la “mine d'or”; M. Joseph Caron, de Manchester Ouest, et plusieurs autres ont été assignés comme témoins.

“Un seul acte d'accusation a été rédigé contre les trois accusés, mais on ne sait pas encore si les procès auront lieu séparément ou si les trois promoteurs de la compagnie devront plaider en même temps.”

Effectivement le 28 mars les trois prévenus comparaissaient devant le juge Aldrich et étaient condamnés, Léo Richard à $200

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d'amende, John-A. Delisle à $1,000 d'amende et Théotime Boudreau à $2,000 et 6 mois de prison.

Manchester vit encore la fondation d'autres journaux sur lesquels nous n’avons pas de données suffisantes pour en parler avec connaissance de cause. Nous ne ferons seulement que mentionner L'Emigré Canadien, fondé en avril 1878 par Georges Pagé et Frère; L'Ami du Peuple, fondé en avril 1881 par Victor Bélanger, qui l’imprimait au Courrier de Worcester et avait Auguste Béchard comme rédacteur local (ce journal dura un: couple d'années) ; la Jeunesse, fondée vers le rer juin 1890, dont il ne parut que six numéros.

Pour revenir au Réveil, au commencement de mai 1910, les journaux publiaient la nouvelle suivante de Manchester:

Il est probable qu’une compagnie subsidiaire de la New England Investment Company aura bientôt cessé d'exister. (C'est la “Le Réveil Publishing Co.” de Providence, R.-I, qui publie trois journaux, l’un à Manchester, le Réveil, un autre à Lawrence, Mass, le Courrier et le troisième à Lowell, L'Etoile.

En dehors de Manchester il n’y eut presque pas de journaux canadiens dans le New-Hampshire. A part Nashua, nous ne voyons guère que Somersworth, où M. Louis Tesson fonda le Courrier en 1898, qui vécut jusqu’en 1903. M. Tesson l’imprimait à l'atelier de la Presse à Holyoke. Au sujet de la carrière de ce journaliste, nous renvoyons le lecteur au chapitre des biographies.

A Great Falls (maintenant Somersworth,) le docteur Louis-Lemaître Auger, le premier octobre 1884, fondait le Protecteur Canadien. Ce journal, après avoir englouti plusieurs centaines de dollars de son propriétaire, cessa de paraître après seize mois d'existence. Le docteur Auger ft cadeau de sa liste d'abonnés au docteur Martel du Messager de Lewiston, Maine.

C'est dans l’été ou l’automne de 1906 que Joseph de Champlain arriva, inconnu, à Manchester. Il était bien connu cependant à Fall- River et dans le Rhode-Island. Il venait à Manchester pour y lancer sa grande entreprise de la New England Company, l’œuvre capitale de sa vie. Les autres petites affaires qu'il avait faites auparavant n'étaient qu’un jeu d’enfant à côté de celle-là. Estimant avec raison qu’il devait se faire appuyer par un homme d’affaires connu et responsable, s’il voulait réussir, il parvint à intéresser M. J.-E. Bernier

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à ses plans. Au bout de quelques mois M. Bernier, voyant les véritables tendances de son associé, eut quelque soupçon que cela sentait l'exploitation de la crédulité publique et il s’en sépara. De Champlain n’en continua qu'avec plus d'activité à la diffusion de son plan de concentration, que nous avons expliqué.

Joseph de Champlain ne fut pas seulement capitaliste, financi :r et promoteur, le Napoléon de la finance, comme quelques-uns de ses adulateurs l'appelaient parfois prétentieusement, mais par le fait qu'il a fondé un journal et qu'il en a acheté deux qui existaient déjà, son nom a sa place marquée dans cette histoire. (Voir sa biographie au chapitre “Silhouettes de Journalistes”)

Comme conclusion de ce chapitre des journaux de Manchester, nous croyons devoir reproduire, à titre documentaire, les lignes suivantes que publiait L'Avenir National à la fin d'octobre 1909. On remarquera qu’il y a quelques variantes dans les noms et les dates avec ce que nous avons écrit ci-dessus. On y constatera que M. Fitzpatrick, qui était considéré comme l’un des nôtres, a joué un rôle assez important dans notre journalisme. Voici la nouvelle publiée à son sujet par L'Avenir National et reproduite par L’Opinion Publique du 26 octobre 190y:

Après avoir dirigé une imprimerie à Manchester pendant trentetrois ans et avoir occupé le même local au No 22 rue Concord, pendant trente-deux ans, M. Charles-L. Fitzpatrick, dentiste et imprimeur, résidant au No 300 rue Lowell, vient de se retirer des affaires. Il a vendu son atelier à MM. Léo Richard et Théotime Boudreau, qui y publieront la Revue Minière, l'organe de la Oxford Gold Mining Company, de Houghton, Maine.

M. Fitzpatrick était certainement le plus ancien imprimeur de Manchester. De toutes les maisons commerciales qui existaient à Manchester lorsqu'il s’est lancé dans les affaires, bien peu #xistent aujourd’hui. Celles qui ont conservé l’ancien nom ont changé d’administration deux ou trois fois.

Il s’est publié plus de journaux dans l'imprimerie Fitzpatrick que dans n'importe quelle autre de la ville où même de l'Etat. La plupart ont dû disparaître après avoir lutté plus ou moins longtemps pour l'existence.

Arrivé à Manchester en 1868, M. Fitzpatrick ouvrit un bureau de dentiste en cette ville l’année suivante; en 1876 il ouvrit sa première imprimerie dans l'édifice Smith. Il en occupa le premier étage du côté nord, à l'endroit où se trouve actuellement l'entrée du Park Theatre. C'est là que fut publié pendant sept mois le journal anglais

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intitulé The Pioneer. En 1878, M. Fitzpatrick s’installait au No 22 rue Concord, où il demeura pendant près de 32 ans.

Le premier journal français imprimé aux ateliers Fitzpatrick fut L'Echo des Canadiens, qui parut pour la première fois le 2 juillet 1880. Il fut publié par MM. J.-E. Michelin, C.-L. Fitzpatrick et Léandre Boudreau. Plus tard, M. Michelin vendit sa part d'intérêt et les deux autres associés publièrent le journal jusqu’au 29 décembre

MM. Fitzpatrick et Peter-J. Flood publièrent ensuite un journal hebdomadaire intitulé The Guardian. C'était en 1884. Le journal disparut après huit ou neuf mois d'existence.

La même année, le Courrier du New-Hampshire fut lancé par M. Pierre-C. Chatel et le journal ayant cessé de paraître après avoir changé de propriétaire, M. Fitzpatrick en acheta l'atelier et publia la Justice dont M. Godfroi de Tonnancour, le rédacteur actuel de L'Indépendant de Fall-River, fut directeur. Les premières gelées d'automne emportèrent la Justice.

Pendant trois ans, M. Fitzpatrick publia le New Hampshire Catholic, dont M. C.-A. O'Connor était propriétaire.

En 1892, M. Charles Fitzpatrich fonda le Réveil, qui cessa de paraître à la fin de la campagne électorale.

M. Fitzpatrick imprima également le Bulletin, l'Emerald et la

Revue Rose.

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