‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 73 sur 220 · J.-A. DAIGNAULT · texte numérisé non relu

J.-A. DAIGNAULT

Joseph-A. Daignault etait né à Saint-Pie, comté de Bagot, le 4 novembre 1844. Il fit ses études au collège de Terrebonne, puis il étudia le droit en même temps que Ferdinand Gagnon dans l'étude de l'avocat Raphaël Fontaine (qui fut plus tard juge,) à Saint-Hyacinthe. Il obtint le grade de bachelier en droit, travailla pendant dix-huit mois pour le Grand Tronc, puis vint aux Etats-Unis. Il collabora d’abord au Courrier de Holyoke, s'occupa d’assurance sur la vie pour le compte de M. Charles Lalime, de Worcester. En mars 1875, avec P.-C. Chatel, il fondait le Jean-Baptiste à Northampton. Mais il préférait le Rhode-Island et il se fixa à Woonsocket où, comme nous venons de le voir, il fondait en septembre de la même année le Courrier Canadien. La maladie le minait lentement, et après deux ans de souffrances, persistant à travailler pendant presque tout le temps, il mourait de tuberculose à Woonsocket le 9 décembre 1876, âgé de 32 ans. M. Daignault était un homme actif, laborieux et ayant de solides principes religieux. Il avait de réelles aptitudes pour le journalisme, et il rendit de bons services à notre population pendant sa courte carrière.

En avril 1875, M. Daignault avait fondé un autre journal, le Réveil, en société avec un nommé Buies. M. Nicolas Gaulin, un citoyen à l’aise, avait fourni les fonds nécessaires. Le Réveil cessa de paraître avec la mort de M. Daignault au mois de décembre 1876. En janvier suivant Ferdinand Gagnon achetait le matériel du Réveil. C'est au Réveil que M. Charles-C. Gauvin commença son apprentissage dans la carrière du journalisme. Il devint plus tard administrateur de la Tribune et député à la législature du Rhode-Island.

Le 24 avril 1903, au lendemain de la mort du Dr Archambeault, j'écrivais l’erticle suivant dans L'Opinion Publique:

Le Dr Archambeault a été si étroitement lié à nos intérêts comme

Canadiens émigrés que sa mort sera vivement regrettée par tous ceux qui ont été mêlés à notre organisation et ont contribué de quelque manière à notre développement.

Ferdinand Gagnon, Frédéric Houde, le Dr J.-L. Martel, le Dr Archambeault sont les quatre grandes figures laïques disparues parmi nos populations dans la Nouvelle-Angleterre. Houde n’a vécu au

pt 2 CS

Ga mn

Les journaux du Rhode-Island 195

milieu de nous que de 1870 à 1874, mais ses écrits et sa voix éloquente ont contribué beaucoup à secouer l’apathie dans laquelle nous étions et à nous faire réaliser l'importance de notre nombre.

Le Dr Archambeault n’a pas été aussi en évidence que M. Gagnon et le Dr Martel, mais il a passé en faisant beaucoup plus de bien qu’on serait porté à le croire si l’on regarde d’un œil scrutateur les trente années qu’il a été au milieu de nous. Woonsocket comptait alors quelque trois cents familles canadiennes qui n’avaient cependant pas de paroisse séparée; la société Saint-Jean-Baptiste venait d’être fondée. Le Dr Archambeault, à peine âgé de 24 ans, s’y fixa en 1872. Peu de temps après, un nommé Clément Desmarais, qui avait été commis-épicier à Southbridge et y avait publié L'Etoile, qui fila après deux ou trois numéros, alla s'établir à Woonsocket, où il publia la Guépe, qui n’eut qu’une existence éphémère. Le journalisme n'était pas son métier, il se fit épicier à Montréal, où il mourut en

En 1873 M. Gagnon publiait à Woonsocket une édition du Travailleur sous le titre Courrier du Rhode-Island, et M. Godfroi Labelle, imprimeur au Patriot, fondait le Courrier Canadien, aussi à Woonsocket. La “sympathie naturelle” qui existe entre les gens d'un même commerce se manifestait dans ces feuilles, et les lecteurs avaient sous les yeux des articles qui étaient loin d’élever leur niveau moral et de développer leur intelligence. Pour améliorer la situation et probablement dans le but de donner l’exemple de la concorde et de la fraternité, M. Nicolas Gaulin, marchand (aïeul de son honneur l’ex-maire Alphonse Gaulin,) fondait au commencement de 1875, avec feu J.-A. Daignault, le Réveil, qui devait sonner l'heure de la paix en prêchant l'exemple à ses confrères en brouille. M. Daignault était un condisciple de collège de M. Gagnon.

C'est ici que le Dr Archambeault met la main à la plume en prenant la rédaction du Courrier Canadien. D'un caractère froid, le ton modéré de ses articles produisit graduellement son effet. Woonsocket avait trois journaux français, c'était un peu fort. M. Gagnon cessa la publication du Courrier du Rhode-Island et laissa le champ libre à ses deux autres confrères. Quelques mois plus tard (septembre 1876,) le Dr Archambeault ayant acheté le journal de M. Labelle, s’associa M. Ferdinand Gagnon et tous deux en continuèrent la publication pendant plusieurs années comme édition du Travailleur.

Les épithètes injurieuses, les vulgarités, en un mot “l’engueulage” auxquels les lecteurs étaient habitués firent place à la modération, au bon sens et à une fraternité au moins apparente. Les lecteurs intelligents, (ils ne le sont pas tous,) fatigués du brouhaha d'autrefois, sont contents des progrès accomplis et respirent à l’aise en constatant que l'harmonie est rétablie parmi ceux qui par leur intelligence, sont les chefs de nos groupes. Le Dr Archambeault avait contribué

sssduss nat diode gi

196 Histoire de la Presse Franco-Améric:ine

plus que sa part à cet heureux changement. Ses écrits, marqués d'un cachet qui lui était particulier, dénotaient chez lui toujours l’homme sérieux et avaient trait presque tous à des sujets 4’éducation, au développement intellectuel de nos populations. Il a écrit souvent sur l’économie, l'honnêteté, etc. Son ton était toujours modéré et sa logique convaincante; c'était un homme d’un caractère froid, mais loyal, d’une énergie persévérante et de convictions bien trempées; généreux, mais donnant sans ostentation pour les œuvres religieuses, nationales et de charité. Le dernier acte de sa vie fut de laisser quarante mille dollars pour fonder un refuge pour les vieillards. Cet acte montre avec quelle sollicitude il a pensé à ceux qui sont dans le dénuement; il a voulu sauver la vieillesse de la misère et des affreuses tortures physiques et morales qui forment généralement son cortège. Cet argent, il l’avait gagné parmi les pauvres, il le leur remet; c’est le premier Canadien émigré qui fait un don aussi généreux.

Cet argent a été laissé entre les mains du Rév. Charles Dauray, curé du Précieux Sang, qui depuis son arrivée à Woonosocket, en novembre 1875, a été appuyé dans ses œuvres paroissiales par le défunt, comme il lui avait promis dans les quelques paroles de bienvenue qu’il lui adressait alors comme président de l’Institut Canadien.

Moi, qui ai connu le Dr Archambeault intimement, je considère comme un devoir et un honneur de déposer sur sa tombe ce tribut de reconnaissance pour tout ce qu’il a fait en faveur de notre élément dans le centre de la Nouvelle-Angleterre.

DR GEDEON ARCHAMBEAULT.

Le Dr Gédéon Archambeault était né à Saint-Paul l’'Ermite le 21 janvier 1847. Il fit son cours classique au collège de l’Assomption et son'cours médical à l’université Victoria. Il fut admis à la pratique de la médecine en 1870. Le 29 août 1870, à Montréal, il épousa Mlle Virginie Primeau. Immédiatement après son mariage il alla s'établir à Woonsocket. En 1873 il colaborait au Foyer Canadien de Worcester, et ses articles étaient reproduits dans l'édition de Woonsocket. Pour montrer combien il était populaire parmi ses compatriotes, en novembre 1876 il était l’objet d’une démonstration à un bazar, où M. le curé Dauray lui présenta un riche encrier avec une plume en or, symbolisant ainsi l'estime que l’on faisait de ses écrits patriotiques. En novembre 1877 il jouait Don Vasco de Gomez avec des amateurs distingués, comme Joseph Boucher, Timothé Tétreault

et autres.

Les journaux du Rhode-Island 197

Appelé en 1884 à faire le discours de circonstance, au nom de ses compatriotes des Etats-Unis, aux fêtes du cinquantenaire de la société Saint-Jean-Baptiste à Montréal, il parla de façon magistrale et avec tant d’éloquence qu’on le surnomma le Chapleau des Etats-Unis. M. l’abbé Charles Dauray, curé canadien de Woonsocket,! était aussi présent à la fête et avait été l’orateur au nom du clergé canadien des Etats-Unis. L'abbé Dauray et le Dr Archambeault étaient en compagnie d'hommes comme le juge A.-B. Routhier, Fréchette, Chapleau, le juge T.-J.-J. Loranger, Pascal Poirier, Charles Thibault, Honoré Beaugrand, Joseph Tassé, Ferdinand Gagnon, stc. En 1876, le Dr Archambeault était devenu propriétaire du Courrier Canadien et s'était associé à Ferdinand Gagnon pour la publication de ce journal. Il est décédé le 23 avril 1903, laissant une femme sans enfant. Le Dr Gédéon Archambeault, qui avait précédé à Woonsocket l’arrivée de M. Dauray d’une couple d'années, me disait il y a vingt-cinq ans: “Je fais mon argent chez les Canadiens de Woonsocket, mais je leur en laisserai.” Il a tenu parole.

Le Courrier de Woonsocket était une édition du Courrier de Worcester, publié par Bélanger Frères (Victor et Louis-A.), qui parut en mai 1883, et vécut quelques années en concurrence avec le Courrier Canadien.

L'Ami des Familles, fondé à Pawtucket en avril 1883, était une revue mensuelle et ne vécut pas longtemps.

Le Foyer Canadien était une édition du National de Lowell et publié, comme tant d’autres ailleurs, durant l’année 1892, par Benjamin Lenthier.

Un journal qui a joué un rôle considérable dans le Rhode Island est L'Espérance, de Central Falls, qui fut fondé par J.-M. Authier en mars 1891. Pendant quelques années, M. Authier publia une édition de L’Espérance pour Woonsocket. M. de Tonnancour en fut quelque temps le rédacteur. En 1898 le journal passa aux mains de M. Ambroise Choquet, maintenant juge à Central Falls. L’Espérance était un beau journal, attrayant, bien fait et d’un patriotisme de bon aloi, et lorsqu'il disparut, peu de temps après son acquisition par M. Choquet, c'était une perte réelle pour nos compatriotes de Central Falls, Pawtucket et les environs.

1. M. l'abh4 Charles Daurav est envare À la tâte da la paroisse du Précieux-Sang, fondée en 1872. Avec M. le curé Chevalier, de Manchester, et Mgr Milette, de Nashua, il est un des vétérans de notre clergé national encore sur ia brèche.

Il parut seulement deux numéros du Philanthrope à Providence, en juillet 1892. C'était une espèce de revue littéraire à 32 pages, imprimée sur papier de luxe, illustrée et trop dispendieuse pour pouvoir vivre. Son éditeur était L.-J. Bachand-Vertefeuille.

En 1895 il n’y avait plus un seul journal français à Woonsocket. Au printemps de cette année-là, Adélard-E. Lafond y faisait son apparition, venant de Fall-River, après le désastre de son Protecteur Canadien. Lafond, dans l'espace de moins d'un an, avait englouti plusieurs mille piastres dans son journal. Mais il n’était pas homme à se décourager pour si peu. Avec ce qu’il avait pu sauver du naufrage il avait résolu de recommencer à nouveau la vie active du journalisme. Il avait une foi inébranlable en son étoile: les obstacles ne le rebutaient pas, ils étaient plutôt pour lui un stimulant et il affrontait la lutte avec une belle audace et une désinvolture qui en imposaient véritablement. Il n’y avait jamais eu dans le journalisme un homme comme Lafond pour avoir le talent de convaincre de l’excellence d’une affaire. A cet égard il avait donné toute la mesure de son talent à Fall-River, mais le terrain était épuisé. C’est dans ces conditions que M. Lafond débarquait, un beau matin de 1895, dans la ville de Woonsocket qui, dans son estimation, était un champ magnifique pour l'exploitation d’un journal français, attendu que tous ceux qui avaient été publiés auparavant étaient disparus et que Woonsocket passait pour l’un des meilleurs centres canadiens de la Nouvelle-Angleterre. Il ne se trompait pas: Woonsocket était alors un magnifique champ pour y lancer un nouveau journal. Lafond voulait rien moins qu’un journal quotidien; il estimait avec raison que puisque Fall-River et Lowell faisaient vivre déjà des feuilles quotidiennes, il n’y avait pas de raison pourquoi Woonsocket, la ville canadienne par excellence de la Nouvelle-Angleterre, la ville où Pothier commençait déjà à faire entrevoir ce qu’il pouvait être dans l'avenir, n’en ferait pas autant.

Ayant réussi à intéresser quelques-uns de nos principaux compatriotes en affaires à son entreprise, avec cet accent de persuasion qui lui était habituel, Lafond fonda la Tribune, dont le premier numéro parut le 7 avril. (C'était tout un événement. La Tribune a la distinction d’avoir été le premier journal quotidien dès sa fondation. Dès que le journal fut prêt à fonctionner, Olivar Asselin vint de Fall- River prêter main forte à son patron du Protecteur, et il fut le

Les journaux du Rhode-Island 199

premier rédacteur de la Tribune. Au bout d'un an ou deux, le pro-

priétaire de la Tribune succomba sous le poids de trop lourdes obliga-

tions, et le journal qu'il avait fondé lui échappa. Ce ne fut qu’un 4 changement de contrôle; les créanciers formèrent une compagnie qui continua la publication de la Tribune jusqu’à nos jours. Le règne d’Asselin à la Tribune ne fut pas long non plus. En 1898, lorsque éclata la guerre entre les Etats-Unis et l'Espagne, il déposa la plume pour prendre le fusil de fantassin et s’enrôler comme volontaire dans l'expédition de Cuba. L'histoire n’a pas encore enregistré les hauts faits d'armes qu’a pu accomplir Asselin au cours de cette expédition militaire. Je ne sais pas s’il s’est réellement battu contre les Espagnols, mais si l'on peut en juger par les coups formidables qu’il a portés par la suite à ses adversaires dans son Nationaliste, sans compter son fameux coup de poing sur le nez du ministre Alexandre Taschereau dans le couloir de l’assemblée législative à Québec, l’ardeur belliqueuse ne devait pas lui faire défaut. Badinage à part, la carrière des armes n’était pas dans les goûts d’Asselin. C'était plutôt pour lui alors un pis-aller. La paix rétablie—et on sait qu’elle ne tarda pas—Asselin gagna le Canada. Sa carrière est généralement connue. Après une période passée comme secrétaire privé d'un minis- 4 tre du cabinet à Québec, muni de tous les secrets du gouvernement, il s’en va à Montréal où il fonde le Nationaliste, dans lequel il bataille tellement qu’un bon jour il finit par mordre la poussière sous les coups des actions en dommage pour libelle. Cela n'empêche que ses idées firent du chemin, et l’on peut dire qu’Olivar Asselin fut le véritable fondateur du parti nationaliste.

Pour revenir à la Tribune, Asselin eut comme successeur à la rédaction M. G. Vekeman, un Belge, qui signait ses articles du nom de plume Jean des Erables. M. Vekeman était un homme déjà âgé, qui avait eu une longue carrière dans le journalisme en Belgique. Il a aussi écrit dans plusieurs journaux de la province de Québec. Les articles de Jean des Erables étaient toujours instructifs et intéressants; marqués au coin de la plus pure doctrine du catholicisme iis étaient de nature à entretenir chez les nôtres l’attachement à notre religion et à leur inspirer la répugnance pour les erreurs du siècle. Il y a plusieurs années que les journaux ne reproduisent plus les articles originaux et si bien rédigés de Jean des Erables. Il dort,

RARES CTI MORAL TI AT SRE,

TOR GREEN EPA 2

RE

comme tant d’autres de nos vétérans journalistes, son dernier sommeil dans le champ des morts.

Après la chûte du Journal de Fall-River, au printemps de 1901, J--L.-K. Laflamme, qui en était le rédacteur, alla prendre la rédaction de la Tribune. Il conserva cette position jusqu’au mois de juillet 1907, alors qu'il alla se fixer à Québec, où il fut l’un des rédacteurs à L'Action Sociale durant la première année de l'existence de ce journal, dont le premier numéro parut en décembre 1907. Pendant les six années que Laflamme passa à Woonsocket, la Tribune connut des périodes d’agitation. Laflamme était un redoutable polémiste (comme il l’est encore du reste) et, à la manière des journalistes de France, il signait ses articles, contre l'habitude alors et encore aujourd’hui généralement admise dans notre journalisme franco-américain. Il n’écrivait pas tous les jours; il n’écrivait pas même très souvent, mais lorsqu'il écrivait on en avait connaissance. Sa spécialité était la lutte contre les tentatives assimilatrices au moyen de l’école, des sociétés, et le reste. Il faisait une guerre implacable aux sociétés neutres afin d'empêcher nos compatriotes d’y entrer; pendant un temps ä s'était particulièrement acharné à l'Ordre Indépendant des Forestiers. Ses luttes dans le domaine national et religieux sont demeurées célèbres. A propos du fameux incident de Fall-River, en 1906, il avait soutenu une polémique homérique avec M. de Tonnancour de L’Indépendant. Ces deux adversaires étaient dignes l’un de l’autre, attendu qu’ils maniaient la plume avec un talent peu ordinaire. Drumont et Rochefort aux prises ne se seraient pas portés de plus rudes coups. Les troubles religieux dans le Maine, au temps de l'épiscopat de Mgr O’Connell, aujourd’hui archevêque de Boston, fournirent à Laflamme le sujet d’énergiques et même violents articles, où il développait avec une logique implaca: ‘e le droit de nos compatriotes au libre exercice de leur langue à l’église et à l’école.

A M. Laflamme succéda M. David-E. Lavigne, avocat, de Worcester. Sous M. Lavigne, la Tribune connut des jours plus sereins pendant les trois ans qu'il passa à la rédaction. A la suite de la fameuse convention de l’Union Saint-Jean-Baptiste à Manchester en septembre 1910, la compagnie de la Tribune ayant subi des modifications, il donna sa démission, et le 15 novembre suivant, M. J.-Adélard Caron, ex-secrétaire suprême de l’Union Saint-Jean-Baptiste, entrait à la Tribune comme rédacteur en chef.

Les journaux du Rhode-Island 201

L'Union Saint-Jean-Baptiste d'Amérique publie un organe officiel qui a toujours été imprimé aux ateliers de la Tribune depuis sa fondation au mois de janvier 1902. L'’Union—tel est son nom— était mensuelle jusqu’au printemps de 1908, alors que le journal fut converti en feuille hebdomadaire. Dès ce moment L'Union, sous la direction de M. J.-Adélard Caron, le secrétaire général de la société, assuma un caractère nettement combatif. L'Union était alors un bon journal de famille, d’une lecture saine, intéressante et instructive. Mais peu à peu, de combatif qu'il était, il devint agressif et froissa bien des susceptibilités au point qu’il encourut la censure parfois même des meilleurs amis de l’Union Saint-Jean-Baptiste. Le comble fut mis à la mesure lorsque son directeur s’ingéra dans le domaine politique et attaqua le gouverneur Pothier pour certains actes commis dans l'exercice de son pouvoir exécutif. Ajouté au mécontentement général soulevé par l'attitude étrange de L'Union arriva, en septembre 1910 la fameuse convention de Manchester, dont les suites eurent un si grand retentissement dans nos journaux. Avant la fin de l’année, la société était mise sous la tutelle judiciaire et le journal L'Union redevint mensuel. M. Caron, ayant démissionné comme secrétaire général, perdait par le fait même le contrôle du journal de la société, et il était remplacé par M. Phydime-J. Hémond.!

D'autres journaux ont encore surgi plus récemment dans le Rhode- Island, mais n'ont eu qu'une existence éphémère. La Justice, de Central Falls, fondée en mars 1906, par MM. Arthur Laberge et Joseph-E. Brochu, fut vendue en 1909 à M. Léo Maynard qui la publia jusqu’au commencement de 1910.

Le Citoyen, de Pawtucket, fondé en 1905 par Thomas-A. Jetté, parut pendant six semaines seulement. Enfin, dans l’hiver de 1909- 10, il sortit quelques numéros de la Voix de la Vallée, de Arctic Centre, publiée par M. L.-G.-David Legault.

La Cloche du Dimanche, Woonsocket, fondée au mois de septembre 1899 par G. Vekeman; disparut au bout de trois mois.

La Vérité, Central Falls, fondée au mois de juillet 1911, par Alfred Gervais, ci-devant de Lowell. Vendue dans l’automne à F.-X. Léonidas Ratté, maire de Central Falls.

1. A la suite de la canventian spéciale de l'Union Saint-Jean-Raptiste, au male de décembre 1911, M. Caron, qui avait eu le courage peu ordinaire, sachant qu'il risquait sa position, de déclarer la vérité publiquement, fut invité par M. Philippe Boucher, le principal actionnaire de la ‘Tribune, À se retirer de la rédaction.

sen pen verrine genes pers ren çes

À GT DRE BRIE Len IR SEE AETIE MPNN ERT

A ar PR

Page 1