JEAN BERGERON
M. Jean Bergeron naquit à Saint-Grégoire des Trois-Rivières, P. Q. le 21 novembre 1844. Son éducation fut des plus rudimentaires, car à 10 ans il avait fini d'aller à l’école, et à 18 ans, deux ans après son arrivée aux Etats-Unis, il avait à peu près oublié le peu de français qu'il avait appris au Canada. Il voyait, comme bien d’autres alors dans son cas, qu’en venant aux Etats-Unis il fallait déposer la langue française et cultiver exclusivement l'anglais.
Cependant M. Bergeron ne fut pas de ce dernier nombre. L'atavisme peut-être aidant, des souvenirs d'enfance surgissant sans doute à son esprit, alors que se trouvant, à l’âge de 33 ans, dans une localité où il y avait beaucoup de Français, il fut charmé de la beauté de la langue française, qu'il avait presque totalement oubliée. Depuis ce temps il n’a jamais manqué de pratiquer le français et il a toujours fait son possible pour encourager les Canadiens à conserver la langue française. M. Bergeron acheta le Courrier du New-Hampshire, de Manchester, N.-H., en juillet 1887 de M. Beauregard. Peu
après il revendait le journal à Charles Fitzpatrick, qui ne tarda pas à l’enterrer.
VICTOR BELANGER.
Le nom de Victor Bélanger est légendaire dans notre journalisme, mais il est le héros d’une légende vécue. Plus heureux que la plupart de ses collègues dans la carrière, le journalisme a été pour lui le marchepied qui le conduisit aux honneurs et à la fortune. Nous l'avons mentionné au chapitre des journaux de Worcester. Voici d’autres notes intéressantes sur son compte:
Victor Bélanger, né à Ste-Rosalie, comté de Bagot, district de St- Hyacinthe, P. Q. le 5 octobre 1856, fils de Charles Bélanger et d'Angélique Renault-Blanchard, les deux morts à Cookshire, comté de Compton, district de St-François, où la famille s'établit en 1867, sur une grande ferme, aujourd’hui exploitée par le plus jeune de ses frères, Antoine. A reçu son instruction à l'école paroissiale et à l’ancien collège commercial de Sherbrooke. Il fit son début comme typographe aux ateliers du Pionnier de Sherbrooke, fondé le 13 octobre 1866, par son frère, L.-C. Bélanger, C. R., avocat, et feu H.-C. Cabana, avocat. En 1874, M. Bélanger, s'étant séparé de M. Cabana, fonda le Progrès, publié à Sherbrooke jusqu'en 1878, conjointement avec le Sherbrooke News, feuille anglaise, et M. Victor Bélanger, ainsi que son frère, L.-A. Bélanger, furent employés dans cet établissement jusqu’à son départ pour les Etats-Unis, alors qu'il alla s'établir à Worcester, Mass., où il fonda le Courrier de Worcester en février
Plus tard il fit connaissance de M. Josiah Quincy, ancien maire de Boston et assistant-secrétaire d'Etat sous le président Cleveland. M. Quincy s’intéressa à lui lorsqu'il débuta comme inventeur et lui fournit les moyens de se lancer dans cette carrière. Il remporta ses premiers succès lors de son invention merveilleuse d'un anneau rotatoire à l’usage des filatures de coton, pour lequel il obtint des brevets pour les Etats-Unis, le Canada et les principaux pays d'Europe. Il s'est depuis occupé d'affaires qui l'ont plusieurs fois appelé en Europe, où il a séjourné par intervalles durant ces dernières années et où sa famille demeure encore à Paris. Il a fait l'acquisition d‘une grande ferme à Sea View, à trente milles de Boston, qu'il conduit lui-même, sans négliger ses intérêts comme inventeur. Il a deux filles de son
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premier mariage, l’une mariée et la plus jeune encore chez lui. De son mariage avec Mile Mary Brady, son épouse actuelle, il a aussi deux filles, qui sont actuellement avec leur mère, en France, où elles sont aux études.
J--B.-S. BRAZEAU.
Jean-Baptiste-Samuel Brazeau, éditeur-propriétaire du Jean-Baptiste de Pawtucket, le plus ancien des journaux existants, est né à Rigaud, P. Q. en 1854. Il a fait ses études au collège Bourget de Rigaud et en 1880 il partait pour les Etats-Unis, se fixant d'abord à Providence. Peu après il se transporta à Pawtucket où il fit l'acquisition du Jean-Baptiste en 1892—<i-devant publié à Northampton, Mass. où il avait été fondé en 1875. M. Brazeau a continué jusqu’à ce jour la publication du Jean-Baptiste avec un succès remarquable et un dévouement patriotique qui lui a valu l'appréciation de ses compatriotes.
M. Brazeau est l’un de nos compatriotes marquants du Rhode- Island, de cet Etat où tant des nôtres se sont illustrés à différents degrés. Comme homme politique, il a fait honneur à notre race, et à plusieurs reprises il a reçu de ses concitoyens électeurs plusieurs positions honorifiques, entre autres le mandat de député à la législature. C'est dire combien il jouit de l'estime et de la considération de ses concitoyens.
M. Brazeau est président de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Central Falls, conseil No 18, depuis de nombreuses années; il a été président organisateur de quatre grandes démonstrations nationales dans Pawtucket et Central Falls, et pendant trois ans il a été député à la législature du Rhode Island pour la ville de Pawtucket. Il est aussi trésorier de la Burnside Tent No. 9, Knights of the Maccabees of the World, et il est aussi premier commandant d'Etat pour cette grande société depuis treize ans. Il est le père de Mile Marie-Thérèse Brazeau, la célèbre pianiste canadienne-française, qui a obtenu de si grands succès artistiques à Paris et dans les grandes villes des Etats- Unis, et aussi de Mlle Henriette-Cécile Brazeau, professeur de français et d’allemand au High Schooi de Pawtucket, qui a reçu un diplôme supérieur à Paris, signé du ministre de l’Instruction Publique et du comité des jurés de l’Université de Paris.
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