AiGRADUs, loc, cit
en 4819, à Philibert Quintin de Beine, ancien maire de Donzère : on y voit encore un puits, dit également le puits de la clastra. Un pareil témoignage et certains vestiges de la vieille abbaye mérovingienne ne semblent laisser aucun doute sur son véritable emplacement. Je ne puis donc partager Topinion de M. A. Lacroix, lorsque, après avoir dit, p. 10 de sa Notice, qu'il est « difficile » de retrouver aujourd'hui cet emplacement, il ajoute plus loin, p. 111 : « Il est facile de reconnaître que l'ancienne abbaye, fille de FonteneUe, se trouvait placée autour de l'église en ruines du cimetière, dédiée à saint Benoît. » Or, comme son abbaye mère, l'ancienne abbaye, fille de FonteneUe, n'appartenait point à l'ordre de saint Benoît, dont elle n'adopta la règle que plus tard, sous saint Hilbert, troisième successeur de saint Lambert ; et quant à l'église ou plutôt à la chapelle rurale, « dédiée à saint Benoît», et qu'on ne trouve mentionnée dans aucun titre, avant les abbés de Tournus, c'est très probablement à ces abbés, devenus possesseurs de l'abbaye de Donzère, qu'elle doit son origine, laquelle ne paraît pas remonter au delà du xi® siècle. Cependant, à en juger par divers fragments de tombeaux antiques et de sarcophages qu'on y a trouvés, il ne serait pas impossible que le sol, sur lequel gisent ses ruines, ne fût, de temps immémorial, un champ funéraire, et choisi, pour cette raison, par lesdits abbés, pour y élever une chapelle, qui devint elle-même un lieu de sépultures particulières, et plus tard la chapelle du cimetière local. Quoi qu'il en soit, si l'opinion qui croit y voir l'emplacement de l'abbaye primitive était fondée, on s'expliquerait difficilement l'absence de toute substruction, de tout indice même pouvant faire soupçonner Fexistence du « grand monastère » dont parle
34 HISTOIRE DE DONZÈRE
Aigrade, dans un champ si souvent remué, creusé ou fouillé depuis des siècles.
Ainsi que nous Tapprend encore Aigrade, les moines (architectes et maçons) se mirent à Tœuvre et Tabbaye ne tarda pas à s'élever {illud laudabile opus diligenter exsecuti sunt) : en 674 ou 673, croyons-nous ; dans tous les cas pendant que saint Lambert était encore abbé de Fonlenelle, et non en 680, comme le pensent M. Tabbé Vincent* et M. le baron de Goston*. — « Des années qui marquèrent le commencement du gouvernement abbatial de saint Lambert et du règne de Thierry III, il résulte clairement (aperte constat), dit le savant Oratorien (Pr. LeCointe), qu'on ne peut placer les origines {initia) du monastère de Donzère avant 673, où Thierry succéda à son frère Ghildéric, ni les rejeter après 678 où d'abbé de Fontenelle, saint Lambert fut fait archevêque de Lyon. »
Saint Lambert peupla sa nouvelle colonie de religieux de Fontenelle pour y vaquer au service de Dieu et à l'administration de cette chevance ; il voulut même qu'elle fût dépendante de son abbaye et qu'elle en suivît la règle qui n'était alors ni celle de saint Benoît, ni celle de saint Columban ; mais, comme le dit Aigrade, celle des saints Pères {secundum normam sanctorum Patrum),
Vers Tan 678, le siège primatial de Lyon étant vacant, le roi Thierry, « par l'avis du très sage Pépin le Gros, et des autres de son conseiP », y appela saint Lambert: le nouveau Primat des Gaules apporta, dans le