Charte de Réolus (ibid., 40C>, p
6. L'évè([ue stipule (jne si les moines.sont dépouillés de leur dotation, les meilleures des lillae qu'il léguera à l'égll.se de Poitiers pourront être reve^diciuées par l'aliiié (Charle d'Ansoaldus, p. -MO). Le biographe de saint Philibert (-31, éd. F^orp.\RDiN, )). 1:5) dit que l'évéque a enrichi. le imiuastère de ses biens ■■ acia commulatione villarum cum ecclesia Pictaviensi ». Cf. T.\udif, ojj. cit., ji. 778.
7. Qr.vxTiN, Cart. de l'Yonne, 4, t. i, p. 8. On a ru que la grosse part du temporel du monastère des Saints-.VjJÔtrcs an Mans provient des dons de Bt-rirand. Le même évéque a («instruit et enrichi de plusieurs villae la basilique et le iiiiinastère de Saint-Germain iP.MinKssts, l. i, p. -îW).
s. Dijtlùine de Cloris /// (Pektz, Dijjloni. reij. Franc, ori, p. :.7).
IIG MONASTÈRES FONDKS PAR LES ROIS
le testaiiioiil du prélat londateur accorde à la coirimuiiaiité un large supplément de ressources '.
Parfois des monastères sont établis à Irais communs par l'évèque du diocèse et par un pieux laïque. Harégarius a fondé le couvent de Notre-Dame du Mans avec l'aide de Tévêque Innocent ''. Une pieuse femme, Loppa, n'ayant pas les moyens de fonder kelle seule un monastère, aurait donné à l'église du Mans sa villa de Tulîe, afin que l'évèque Bérarius y installât des religieuses 3,
Les plus richement dotés dès l'origine furent, avec ceux que créèrent certains évéques opulents, les monastères fondés par les rois. Childebert P'", qui fut à Arles le créateur d'un monastère, a pris soin d'assurer la subsistance des religieux ^. Il a sans doute aussi libéralement pourvu les moines vraisemblablement établis par lui près de la basilique de Saint- Vincent à Paris ''. Son frère Clotaire T' a fourni ;i sainte Radegonde de (pioi largement entretenir les nonnes de Sainte-Croix de Poitiers''. Goiitran, en fondant au faubourg de Cliâlon le monastère de Saint-Marcel, l'a enrichi de nombreux domaines ^ Envers la communauté qu'il a installée à Saint-Denis ** Dagobert s'est montré magnifique •'. Sigebert II a découpé dans les forêts
1. Berlraïul, dans son testament, conlirnie au niunastèi-e des Saints-Ajjùtres les l)iens qu'il lui a déjà donnés « die natalilii sui » en niênie tem|)s qu'il lui octroie d'autres domaines (p. IW»;. Ainsi fit Nivardus pour Hauivilliers((f.. ]). pri céd., n. '.i).
■>. Cf. plus haut, p. 114, H. 4.
:',. A dus liant. Cenon., 13, Gesta lierarii, éd Bi ssox-Ledru, p. no-SO. Les allé- «jations toujours suspectes du rédacteur des Adi/s paraissent confirmées parle diplôme de Thierry III qu'il nous a conservé et que J. Havet estime authentique (Lcn actes des évêqves du Mans, .Vppend. 10, p. 438-9).
4. " Childebertus... monasterium virorum, ut scriplo repperimus, pro sua mercede constituens, (luaedain ibidem \n-o haliitantium suslentatione concessit • (Grégoire i.e (iRAM), Eit'u^t-, IX, -.'16, à Virj/ilius, évètiue d'Arles, éd. Hart.mann, t. Il, ]). -203).
5. Le diplôme faux, de Childebert en faveur de Saint-Vincent de Lasteyrie, (art. de Paris, ■>, p. 3) conserve peut-être le souvenir des donations faites par ce roi (|ui a construit la basilique (Grégoire de Toirs, Hist. Franc , I\', -20, j). 150). Voir aussi la Vila s. Droctovci, \d (Script, reruiti meroc, t. m, p. 541).
li. Lettre de sainte Radeijonde au.c éiéques (Viu.taoïKE.VE.'ÏOVKS, Hist. Fi-anc, IX, 4>, p. 401).
7. l'uÉDÉGAiRK, IV, 1: ■' iiioiiasterium condedit, ipsamque ecclesiam rébus plurimis ditavit * (Script, reruin mci-or., t. ii, p. 124). Cf. Conc. de Valence de r,S') (Maassen, p. 102).
)^. Entre 023 et 025, cf. .1. IIavet, Les origines de Sain'-Dcnis, Quest. méroc., "" 9. FRia)K(iAiHE, IV, 7'J : ■■ Tante opes ab eoilem et villas et possessiones multas per i»lurema loca il>i(|ue sunt conlatc ut miraretur a plurimis « (Script, reruin mcror., t. il. p. 101); Gesta Dayob., 18, 19, 20, 34, 35, 37, 40, 4-2 (p. 400-20); Dipl. de Daijnberi (Pkriz. 40, raiifïé à tort parmi h-s spuria, i). 104', de Clu'aire III conlirmant un diplôme perdu de Dagobert (32, p. 31).
MONASTKRES FOr.DKS SI'R TERRE Dl" FISC 117
des Ardennes de larges districts pour en gratifier les religieux de Stavelot et de Malniédy '. Clotaire III, qui a donné la rilla royale de Corbie pour en faire un monastère, a doté aussi la communauté de six autres domaines 2,
Les reines ont eu souvent une grande part à ces fondations. La femme et la fille de Gontran constituèrent avec lui la dot de Saint-Marcel de Châlon ■"•. Batliilde a édilié avec Clotaire III le monastère de Corbie ^; elle a donné, dit son biographe, de nombreux domaines et des forêts pour construire des monastères 5, fondé Chelles ^', octroyé à saint Philibert, pour lui permettre de s'établir à Jumièges, une forêt du fisc et de grandes richesses ~'.
Le roi est associé aussi à l'œuvre entreprise par un fonctionnaire du palais ou quelque personnage bien en cour. Dagobert I" a concédé à son référendaire Dado un fisc royal pour y bâtir le monastère de Rebais ^. Saint Eloi, encore laïque et peut-être ollicier des monnaies royales, a obtenu du même roi la villa de Solignac pour y établir une communauté '•'. Sigebert II rapporte au maire du palais Tirimoald la construction des monastères de Stavelot et deMalmédy, ;i la(pielle lui-même
1. Dipl. (le Siocbcrt //(Pertz, 21, îi, \). '-'1-3): cf. Vita s. Remacll, 9 (Mabillox, Àcla satlrt. O. S. B., I. ii, p. 474). Dans un diplùnic postérieur (23, p. 2,3) le roi, constatant (|ue ces monastères <• mnndan.uii snhstantiani cernuntur iiaruuipcr hal)ere », leur concède des tonlieux.
2. Dipl. de Clotaire III de 657-661 (Lkvillain, Examen des chartes de Corbie, Pièces justif., 1, p. 215). A en croire le diplôme de Chililéric II pour Monliérender (Pertz, 31, ji. 30), ce monastère aurait été construit en un lieu donné par le roi et aurait été doté par lui, mais M. Levison (Z>ie Merori/ioer Dijiloiue fiirMontierender dans S. Arcliiv, t. xxxiii, 1907, ]). 762) a prouvé que cette ])icce est un faux du X' siècle. Voir la Vita s. Bercltarii, 10 (Mahii.i.ox, Àcta, t. ii, p. 80(5). Aux IX' et X' siècles, les moines hagiojjrr.iplies mêlent presque toujours le roi à la fondation de leur monastère : {luand le roi n a p:i> créé létaltlissemenl, il a au moins donné le sol où le cloître s'élève.