‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 115 sur 570 · I>ijil('))iie de Ddijoherl I". Piiui'/.. l:i. p · texte numérisé non relu

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'.•. Vita s. I-:ii;/ii.i. \'> !Sr)-i/it. reruiii nierov., t. iv. p. (■|.><0-I): Charte de suint Eloi, 5 ubid., p. 7i-').

118 MONASTÈRES FONDÉS l'AR DES PARTICULIERS

n'est pas resté étranger i. Très souvent, c'est le roi qui oriroyc le terrain qui i)ortera le cloître et les dépendances. Lue formule de Marculfe a été rédigée à l'usage des évèques, abbés ou grands personnages qui édifient un monastère soit sur leur propriété, soit sur un domaine fiscal "-.

Au VP siècle, il est rare, à notre connaissance au moins, qu'un simple particulier fonde et dote un couvent ^. Les documents du VIP et de la première moitié du VIII" siècle nous apprennent au contraire d'un très grand nombre de i)ersonnages, que par leur œuvre, sur leur propriété, un monastère a été élevé et pourvu par eux d'un riche temporel '*. Souvent nous en avons pour témoin le testament qu'ils ont écrit plus tard en faveur de cette même maison ■', ou bien le diplôme i)ar lequel un roi ^ ou un évéque ' confirme, à leur prière, les privilèges ou les biens des moines, enfin la charte même de fondation qu'ils ont remis aux religieux î^. Il existait même, dans les

1. Dans le dipl. de G51 (-23, p. 23) le roi rapporte à Griinoald la construction des monastères, mais dans le premier diplôme de (IH (-21, p. 2-2,i il déclare vouloir les construire, et Childéric II 1-21, p. 26) lui en attribue la fondation. En 050, Grimoald donne aux monastères naissants la villa tle Gerniitrny (|ue le roi lui avait concédée (Pardkssis, 316, t. Il, p. 92). Suivant le diplùme de Childéric II, c'est le roi qui a octroyé cette villa aux monastères.

2. I, 2 : « dum ille episcopus aut ai)l»a, aut inlusler vir monasterium in honore illius in pago illo aut super (sua) itroprietatem, aut super fisco, noscitur aedilicasse » (ZiîLMER, p. U).

3. Harégarius fonde un niDuastère en .'d:î mais avec le concours de l'évèque du diocèse (cf. ])lus haut. p. 111, n. I.)

4. Romaricus " iiuoUaruin munasd'iiniii in pmpria exstruxii possessione ■> [Vitae Cnlumb., (liscipidonnnqHe, II, \OyScvipl. rerum mcnir., (. iv, ]). 127). Cf. 7, )). 121; Vita s. Gercmarl, 6, ibUl., p. 629. Calmilius • in propria juris sui l)ossessione. Tradidit eidem ecclesiae conligua rura et adjacentes villulas " {Chron. CalntiUacense, 3, Ciievaliek. Cari, de SauU-C?iaff'rc, p. 1). Cf. H.\Ru;i.F, Chron. de Saint-Riquicr, I, 15, éd. F. Lot, p. 25.

5. Testaments de Wuléradus (721) instituant pour héritier le monastère tU' Flavigny:» in re mea propria meo ojjere conslruxi ■> (Fardessis, 511, t. ii, p. 323»; d'Abbo (7.39) en faveur de Saint-Pierre de la Novalèze (559,, p. 370) : ilc Uérarius (710) pour le monastère Caladitnno (.1. Havet. Ac.v actes des l'ièqvcs du Mans, Append. 11, Quest. mérov., p 441).

6. Dipl. de Clntaire ///((JOl) confirmant les lùensdu monastère de Bèze ([u'ont fondé Amalgarius et sa femme « et maxiniam part cm de facultate .sua ii)si monasterio delegas.sent >> (Pertz, 43, p. 40); de Tliicrry /// (687) pour Honnecourt fondé par Anuilfridus (56, ]>. 50); de Childeberl III (iv.id) jiour le monastère >■ in Tusonis valle » (69, p. 61); de Thierry IV {'ril) pour Murliach (95, p. 85).

7. Pririlcoe d'Ayéradtis, évéque de Chartres (696), confirmant les privilèges du monastère ([u'un i)ersonnagc " in rem i)roprietatis suae... suo opère aedifiravil et de relms suis ditavit « (Pardessis, 135, t. ii, p. 2.31); Charte de Widcijerniis, évéque de Strasi)ourg (728), coiilirmanl la fondation de Murhach i)ar le comte Elierliardus (543, ]>. .353).

8. ChnrSe de saint Uni (032) pour Soligiiac (Kiuscii. Srrijit. rerinn meror., l. IV, p. 746); Charte de \Voir<)aldusnQ'.^)t\a\ fon<lc et doU' Sainl-Mihicl (Pakpksscs.

MONASTÈRES DOTÉS l'AR LABRE FONDATEUR 119

recueils de rormules, des modèles à l'usage de celui qui voulait bâtir un monastère dans sa propriété et le doter magnitiquement '.

Le fondateur est le i)lus souvent un noble et riche personnage, un grand propriétaire foncier qui convertit à Tusagodes moines la maison d'habitation d'une villa et leur abandonne ce domaine et d'autres terres -'. Quelquefois l'abbé d'un nu)nastère consacre ses biens patrimoniaux à créer un autre établissement monastique 3. Les évoques fondaient et dotaient souvent un monastère diocésain avec leurs biens personnels, mais quelquefois aussi un évêque installe des moines, à titre privé, dans un diocèse qui n'est pas le sien ''.

Souvent aussi c'est le chef de la colonie monastique, le père de la communauté, qui établit ses religieux sur un domaine patrimonial. Un riche propriétaire qui fait profession religieuse, fonde souvent un monastère au milieu de ses terres et les lui abandonne ^. Il est avantageux pour les moines que leur premier abbé ait été au temporel comme au s])irituel le créateur de rétablissement ; car la donation qu'il lui a faite de ses biens met le patrimoine monastique ;i l'abri des prétentions éventuelles du fondateur ecclésiastique ou laïque ou de ses héritiers et successeurs. Quelquefois l'abbé du monastère Ta fondé sur un bien qui lui a été donné en propre mais à cette intention i)ar un particulier *^ ou par le fisc royal ~.

47Ô, t. II, ]). 280); (le Wuléro'h's {71'.i) fipiulateur du iiioiiastiTe de Fliivijriiy (r>87, p. :WJ); de Berlrada {7-'l) fondatrice de Pruni (516, j). :i->8) ; (IKha-liardus (7-'8) fondateur de Murbach (544, p. .'i55).

1. Marc, i-'o/-//! .. n, 1, Ista de matrna rem qui vull... monaslerio construere (Zeimer, Form., \). 70); Coll. Flarin., l.'î (sur le modèle de la charte de 7iy de WidéradUs), Qui monasterio in proprio edificat, qualiler cartam faciat (p. 480).

■2. Tel le Patrice Abbo (cf. p. i)récéd. n. 5), le comle Kberhardu.s (n. 7 et 8). Amalfridus afoiidé dans sa propriété le monastère d'Honnecourt ; <■ tani de alntle pareiituiii meorum quam et de comparato- . . ipsum monaslerium dotatuni esse videtur » (Foi.giiN. CliartNl. Sithicnsc, I, 11, Giér.\RD, Cart. Sainl-licrthi, p. •->".!).

3. Ainsi firent ral)bé Widéradus qui construit le monastère de Flavifrny et y étaiilit Magnoaldus pour aiilié (P.\iU)ESsrs, 514, p. 3-.':i ; 587, p. 400) et l'abbé de Saint-Aignan, I,éodébodus, ([ui a fondé le mona.stère Saint-Pierre de Fleury (Proi-, ViDiER, Chartes de Haint-lienoU-siir-Lolre, 1, p. o et suiv).

I. L'évèque Uérarius 'peut-être évèciue de Rennes déposé' a fondé dans le diocèse du Mans le monastère Caladu/iuo « quod nostro tii)ere aedilicavimus de omnilius rébus nostris u (J. Havet, Qiiest. )né)-or., ]). 441).

5. Ainsi lirenl Romaricus {Vitae Columb., II, 10. Script, rcrtmi mcror., l. IV, p. 1-27), .sainte Fare {tbkl., 7, p. I-.'l), saint Germer ( Vita s. Gcrcoiari, 0, p. (v>ft), saint Riquier (Hariilf, Chron., I, 15, éd. F. Lot, p. 05), .sainte Salalierga {Vila s. Sal., 12, Mahii.i.on, Acta sanct., t. n, p. 408).

(■>. Adroaldus a donné à .saint nerlin Silliiu pour y foiuh'r un innunslère (Oi k- RARD, Cart. Salnt-Bcrtui, p. is).

7. Saint Amand déclare avoir construit le monastère d'Elnone « super larfritate legia, i)roiirio laliore ■■ (Paruessis, ;(70, t. il, p. J66) : il a reçu de Cliildéric une

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