LE PATRONAGE DES MONASTÈRES
fiscal, les diplômes royaux signalent par la suite qu'il est construit sur une terre du fisc ', corn-me si elle n'avait pas cessé d'appartenir au roi. Ainaltridus et Ganimo dis])Osent des établissements qu'ils ont fondés comme d'un bion pro[>re et en cèdent la ])roi)riété à un autre monastère -'. Les moines de Sithiu, déclare Amalfridus, posséderont le monastère dJIonnecourt et en feront ce qu'ils voudront ^. Le fondateur transfère ainsi à un tiers non seulement le cloître qu'il a construit, les biens qu'il a donnés aux moines, mais aussi ce que leur ont offert d'autres hommes dévots 'K
De bonne heure aussi, les monastères ont eu à soufïrir de l'ingérence de puissants voisins dans leurs affaires. Deux optimates ont fait souscrire à l'abbesse du couvent de Tuffé une pièce par laffuelle elle se reconnaît soumise à leurs ordres '\ En échange de services rendus au monastère de Châlons, un dux exige que sa fille en devienne abbesse '^. Le monastère de Bèze a été envahi et dépouillé par des méchants ■'. Les moines ainsi assaillis ont cherché des patrons qui les protégeront contre les déprédateurs ^ et défendront leurs
1. Ui'pl. de Cliildéfic III de TU: « monasteria Stabulans et Maliiiundario (|ui ponuntur in foresta nostra Ardinna vel super fisco nostro videntur esse consiructa » (Pep.tz, 97, p. 87). Le diplôme de Si|a:ehert II, fondateur du niona.stére, niarf(uait .seulement que le roi avait concédé une part de .sa forêt (-23, p. ■i3^ Voir aussi Dipl. de Daffohert I" pour Rebais : <• .super fi.scum nostruni (|Uod indulsimus » (15, )). 17). Dans la première moitié du \ll' siècle, le roi n"exi)rime jamais l'idée que le bien donné au monastère et le sol sur lequel s'élève le cloiire continuent fl'appartenir au fisc. Le diplôme de Childéric III montre qu'au \\\V siècle le iiien (kiimé aux nmines est considéré comme étant encore jiropriété du fisc.
2. Chartes citées de Gammo et d' Amalfridus. Cf. la confirmation faite par Thierry III de la donation d'Honnecourt à Sithiu (Folqlin, Chartrtl. Sithiense, L 12, OuÉRARD, p. 3> et Pkrtz, 56, p. 50). De même, Pépin d'Héristal, qui a fondé Flcury, le donne au monastère de Saint-Wandrille (Gexta abb. Fontan., 2, Scrijtt., t. II, p. 275).
'.i. " Abbas... vel fralres de ipso monaslerio Silliiu ... i)r)ssideant vi-l (|uicquid exinde facere voluerint... liherum in immilnis potiaiitur arliilrium ■• ((Jikk.vrd, p. 30).
\. Amalfridus donne le monastère et t(jus les biens du monastère : « undecunque i]).sum nionasterium dotatum esse videlur, tain de parte nostra (|uam et de aliorum coUala bonorum hominum » (|). 30). Cf. DiiA. de Tliierr// III, p. 32.
5. DijJl- de Thicrrii III (J. Havkt, Append., 10, p. 438. Cf. j). 408).