‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 225 sur 570 · PETITS APPORTS RAREMENT MENTIONNÉS EN GAULE · texte numérisé non relu

PETITS APPORTS RAREMENT MENTIONNÉS EN GAULE

survécu, ce sont des chartes de donation ou de privilège émanant des rois ou de très riches bienfaiteurs, des testaments d'évêques, les actes qu'on garde précieusement parce qu'ils établissent les droits du clergé ou des moines sur leurs plus opulents domaines et placent leurs propriétés sous la sauvegarde d'un nom illustre. Ceux qui consignaient les libéralités d'obscurs bienfaiteurs envers une église déjà riche et ne lui accordaient qu'une parcelle de terre ont pu n'être pas conservés, car par la suite ils ne présentaient plus d'intérêt pour l'établissement bénéficiaire.

Dans le patrimoine d'une église mérovingienne figuraient certainement des biens-fonds de médiocre importance'. C'est le cas des terrains bâtis ou non bâtis que possédaient souvent les églises et les monastères à l'intérieur des murs d'une cité '•. Au commencement du YP siècle, le concile d'Agde recommandait aux évêques de ne donner en précaire que des biens minuscules qui sont d'un maigre profit pour l'église 3. Les concessions en précaire qu'un prélat accorde si libéralement à des clercs et même à des laïques ont presque toujours pour objets des vignes, després, des petites pièces de terre ^ qui parfois peut-être sont détachés d'un grand domaine, mais qui le plus souvent sans doute représentent les petites propriétés acquises parles églises. Celles-ci tiraient ainsi parti de biens qui ne rentraient pas dans le cadre d'un grand domaine et échappaient aux conditions normales d'exploitation. Même dans les régions centrales et méridionales de la Gaule, il est encore des petits propriétaires & et fréquemment, sans doute, ils se dépouillent en faveur d'une église de leur modeste ])atrimoine. Ce sont le plus souvent des propriétaires peu aisés ^' qui donnent leur champ à une église à condition de le tenir d'elle en précaire, ceux surtout que leur coin do terre ne sullisait pas à faire vivre et qui en le cédant

1 . M. Flach nous paraît pourtant exagérer quand il écrit ; « Si l'on considère l'orif^ine des possessions territoriales de l'église, on les voit formées en grande partie de champs, de prés, de fermes de médiocre étendue » (Les origines de l'ancienne France, t. i, p. 100 1. Ces i)etites propriétés ne constituent i)as, semble-t-il, la majeure part de l'avoir foncier d'une église.

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