ÉTENDUE DE LAVOIR FONXIER DES ÉGLISES
truction et de chauffage. De bonne heure Téglise de Reims a fait récolter par ses colons, dans les forets des Vosges, la résine des conifères. Ils en fournissent annuellement une certaine quantité à tous les établissements religieux dépendant de l'église de Reims i. Enfin, la forêt défrichée par l'intelligente industrie des moines ou des évêques se transformait en terres arables, en vignobles et en vergers.
Sous les aspects divers oh nous est apparue aux mains du clergé et des moines la propriété foncière, grands et petits domaines, biens d'un seul tenant, groupés dans une même région ou morcelés et dispersés à Tinfini, cillae garnies de toutes appartenances et pièces de terre isolées, maisons, ports, pêcheries, marais salants, forêts, l'ensemble représente un immense avoir territorial. On l'a évalué quelquefois au tiers du sol des Gaules 2. Ce calcul, qui ne repose sur aucune base solide, fait sans doute aux églises et aux monastères une part trop large. Une vaste étendue du territoire de la Gaule mérovingienne reste en friche. Les moines sont très loin d'avoir pris entière possession de ce sol sans maître qui est censé appartenir au fisc 3, Mais si l'on fait seulement état des terres exploitées et productives, on admettra facilement que l'Eglise en ait pu détenir la tierce partie.
Les données éparses et fragmentaires que nous possédons, témoignent toutes clairement de la richesse des églises et monastères en biens-fonds. A elles seules, les successions recueillies par les églises épiscopales à la mort de leurs chefs eussent fait de chacune d'elles un grand propriétaire *. Didier de Cahors lègue à son église trente-quatre grands domaines ^. Un évêque du même nom laisse à l'église d'Auxerre une vingtaine de villae. L'évêque Bertrand n'en a pas légué un nombre moindre à l'église du Mans *\ Or ces riches prélats, zélés pour
1. HiNCMAR, Vita s. Reiiiigli, Il (Script, rerum meroc, t. m, p. 309).