LE MONNAYAGE DES ÉGLISES CONSÉQUENCE DE LEUR RICHESSE
fidèles. L'argent monnayô n'y figurait que pour une part ; le gazophylaclum renfermait avec des pièces d'orfèvrerie profane et sacrée des lingots d'or et d'argent. Il a paru naturel que qui possédait une telle quantité de métal précieux frappât monnaie. Le monnayage ecclésiastique paraît être l'exercice moins d'un droit régalien que de la faculté laissée au clergé et aux moines de transformer leur épargne en valeurs d'échange et en espèces liquides.
Quand une église en éprouvait le besoin, elle convertissait en sous et deniers l'or et l'argent de son trésor, parfois même ses vases sacrés. Les conciles ont été obligés d'interdire aux évêques de fondre l'orfèvrerie destinée à l'usage liturgique i. Grégoire de Tours nous montre un évoque, contraint de se racheter lui et son peuple^ qui fait briser un calice d'or et le réduit en pièces de monnaie -.
D'ordinaire un monétaire, reconnu par l'autorité royale ^, fondait sur place et transformait en espèces l'or et l'argent qu'une localité devait verser comme tribut au fisc ■^. Or beaucoup d'églises ont obtenu de garder pour elles les redevances que leurs hommes devaient au roi. Parfois les impositions d'une ville étaient versées dans leurs coffres ; elles percevaient des tonlieux. Des assignations leur étaient faites même sur le trésor public ^. Ces lingots d'or et d'argent dus à un saint étaient peut-être fondus et frappés a son nom ^, soit dans un atelier particulier et fixe que possédait l'église, soit sur place par un monétaire qui ou bien ne relève que du pouvoir central, ou bien est placé sous la dépendance du clergé de cet établissement "'. A cet égard le monnayage ecclésiastique a pu être une conséquence de l'immunité et des autres privilèges concédés aux églises.
Beaucoup de grands ]>ersonnages avaient eux aussi des