‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 296 sur 570 · LE MONNAYAGE DES ÉGLISES CONSÉQUENCE DE LEUR CRÉDIT · texte numérisé non relu

LE MONNAYAGE DES ÉGLISES CONSÉQUENCE DE LEUR CRÉDIT

trésors bien garnis ; les comtes partageaient certains profits avec le fisc : aucun pourtant n'a utilisé le métal précieux qu'il possédait en frappant monnaie à son nom. C'est que les églises seules inspiraient assez confiance pour faire" accepter les espèces qu'elles fabriquaient. Le nom d'un évêque, d'un saint, gravé sur la pièce en garantissait le titre et le poids autant et mieux peut-être que si elle eût porté la marque d'un atelier royal ' ou la signature d'un simple monétaire. Le crédit d'une église valait celui d'un monarque -.

A défaut d'une concession expresse des rois dont il ne subsiste aucune trace, le clergé n'a pu ainsi monnayer sans leur assentiment tacite. Ils se fussent certainement opposé à pareille initiative si elle eût été pi-ise par un particulier, mais à l'égard des églises ils n'éprouvaient pas les mêmes défiances. Les Mérovingiens se sont timidement mis à frapper des monnaies à leur effigie ; longtemps les ateliers monétaires de l'ancienne Gaule maintinrent sur les monnaies les types impériaux -K Le clergé a pu profiter du respect des rois encore barbares pour les témoins de l'antique civilisation. L'Eglise n'était-elle pas le plus vénérable et à vrai dire le seul qui restât debout ? On peut conjecturer que les établissements religieux ont pris d'eux-mêmes la liberté d'émettre de la monnaie. Ni les prélats ne pensaient sans doute usurper ainsi un droit régalien, ni les rois ne s'en croyaient frustrés par eux. Le concept rudimentaire que les monarques francs ont eu du pouvoir public a permis aux églises d'user d'un droit réputé souverain à d'autres époques, et que les premiers Carolingiens ne laisseront pas plus longtemps en souffrance.

Par l'immunité les rois autorisent un évêque, un abbé à exercer chez eux, sur leurs terres, sur leurs hommes l'autorité ])ublique ; faut-il s'étonner qu'ils aient laissé aux pontifes une part dans le gouvernement de leur cité?

Il ne s'agit pas ici d'une concession nouvelle et sjjéciale aux pays des Gaules. Les évéques possèdent dans les villes de

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