CHAPITRE XXIV
L'exploitation des grands domaines.
L'avoir foncier des églises et des monastères se compose principalement de vastes domaines d'un seul tenant dont une part est traditionnellement cultivée pour le compte du maître, une autre à charge de redevance mais pour leur propre compte par les tenanciers de la villa. Le régime de la grande propriété entraine la prédominance de ce système mixte d'exploitation des terres qui s'impose au clergé et aux moines comme à tous les grands propriétaires.
Le soin le plus absorbant qui incombe aux administrateurs du patrimoine ecclésiastique, c'est la direction et la surveillance de la vaste culture que constitue l'ensemble des fîllae de l'église ou du monastère. Aussi saint Césaire d'Arles invitait-il ses collègues à se décharger le plus possible sur des subalternes, des soucis d'un i)ropriétaire qui exploite lui-même ses terres i.
Il semble que chaque villa ecclésiastique ait eu un régisseur l)articulier -. Outre les intendants sédentaires, il y avait un l)orsunnel de surveillants qui venaient de temps à autre inspecter les domaines (rais-si discurrentes). Au temps de saint Didier, un prêtre et un autre agent de l'évêque de Nevers arrivent au pays de Cahors pour faire le recensement des serfs dans les terres que leur église possède en cette région et surveiller la rentrée des revenus •'. Palladius, évêque