ENTRETIEN DES HABITATIONS DU CLERGÉ
évêque de Périgueux, a relevé lui aussi les temples incendiés '.
On se contente parfois do rétablir rédifice sacré dans l'état oli il se trouvait auparavant -. Mais les libéralités des grands, les revenus considérables des églises permettent aussi d'élever des constructions plus vastes et mieux ornées. La nef de la cathédrale de Tours rebâtie par Grégoire était plus spacieuse et plus élancée 3. L'évêque de Bordeaux Léontius a jeté bas une église trop petite et en a édifié une plus grande en l'honneur de saint Nazaire 4,
Certains prélats industrieux prennent soin surtout de la toiture et ne reculent pas devant des dépenses considérables pour en assurer la solidité et diminuer les risques d'incendie. Eufronius, avec l'aide du roi Clotaire I", a fait recouvrir d'étain la basilique de Saint-Martin de Tours ^. Léontius a jeté une couverture de même métal sur la basilique de Saint-Vincent qu'il a construite au delà de la Garonne ^. D'autres font de grands frais pour décorer intérieurement leur église de mosaïque, de marbres précieux, de peintures, d'or et de perles ''. Agéricus, évèque de Verdun, restaurait les anciens temples avec somptuosité ^. L'édifice élevé par l'évêque de Châlon, Agricola, était soutenu par des rangées de colonnes, orné de marbres de diverses couleurs et de mosaïques ''.
Les évêques édifient, restaurent, embellissent la maison de l'église avec le même zèle pieux qu'ils apportent à la réfection
1. FoRTiNAT, Carm., IV, 8 (Auct. antiquiss., t. iv, p. prior, p. î<5).
•2. Loc. cit. : « templa exusta celer revocasti in culmine prisco ». Il en a été de même pour la basilique de Sainl-Martin incendiée sous l'épiscopat d'Eufronius. Elle a été reconstruite par lui « in illa ut prius fuerat elegantia » (Hist. Franc, IV, 20, p. 157). Son successeur a fait reconstituer par des artistes les peintures murales et décors dans l'ancien état « in illo nitore vel pingi vel exornari, ut prius fuerant » (X, .31, p. 448). Il est vrai que la basilique de Saint-Martin, telle que l'avait laissée saint Perpétuus, faisait l'admiration de Grégoire île Tours et de ses contemporains (cf. II, 14, p. 81).
3. Hist. Franc, X, 31 : « reaediflcatam in ampliori altioricjue fastigio » (p. 448). L'édifice que celui-ci remplace était, semble-t il, la première église établie à Tours par .saint Litorius dans la maison d'un sénateur (cf. jdus haut. p. 8 et 10).
4. FoRTLXAT, Carm., I, 10 {Auct. antif/uiss., t. iv, i>. prior, p. 13).
5. Grégoire de Toirs, Hist. Franc, IV, -20, p. 157; X, 31, p. 448.