TRAVAUX PUBLICS EXÉCUTÉS PAR LES PRÉLATS
Les institutions nuinicipales n'ont pas survécu à l'invasion qui a fait sombrer Jusquà la notion de tout service public. A défaut du comte et du roi que préoccupe peu l'intérêt général, l'évoque prendra la direction et fera les frais des travaux d'utilité publique. Il veille à la sécurité de la ville ', en répare ou en rebâtit les murailles. Saint Didier, évêque de Cahors, a pris à sa charge les travaux de défense, a reconstruit en pierres taillées l'enceinte de la ville, élevé des tours, fortifié les portes -. Restaurer les aqueducs et entreprendre de nouvelles canalisations est devenu aussi un soin épiscopal. Saint Didier a voulu mettre un terme à la pénurie d'eau dont souffre la ville de Cahors ; il se propose de creuser un aqueduc souterrain pour assurer une j)rovision d'eau sutllsante aux besoins de ses concitoyens •^. Ce n'est pas sans doute le seul évêque qui s'occupe de capter les eaux nécessaires à sa ville épiscopale. Didier sait que Césaire, évêque de Clermont, a des ouvriers experts en ces sortes de travaux et il le prie de lui en envoyer quelques-uns *.
La sollicitude des évêques et des abbés s'étend sur les campagnes qui avoisinent leur cité ou leur monastère. Félix, évêque de Nantes, a fait construire des levées et ouvrir des canaux pour détourner les eaux de la Loire. Les terres irriguées par ses soins produisent pour son peuple de riches moissons ■>. Sidoine, évêque de Mayence, a endigué le Rhin et préservé ainsi les populations riveraines du fléau de l'inondation ^. Un abbé de Touraine, saint Sénoch, prenait soin de réparer les ponts crainte qu'il n'arrive malheur aux voyageurs