FIDÈLES QUI RACHÈTENT LES CAPTIFS
appartenaient à toutes les conditions '. Tel pouvait se racheter de ses biens; tel avait des parents, des amis qui payaient sa rançon. Beaucoup ne pouvaient espérer qu'en la charité publique et spécialement en la bienfaisance du clergé.
Les pieux fidèles à qui est prèchée la miséricorde envers les captifs ' leur procurent une rançon dont les églises n'ont pas à faire les frais. Saint Kloi, avant qu'il fût évoque, alors sans doute qu'il dirigeait à Marseille un atelier royal des monnaies, attendait sur le quai les transports chargés de prisonniers et négociait leur délivrance tandis qu'on les débarquait -^
Les saintes femmes se signalent ])ar leur charité à l'égard des captifs. Au temps du roi Gondebaud, la jjieuse matrone Syagria qui, au pays burgondc, est le banquier de l'Eglise, a fourni à saint Kpijjhane, quand il eut épuisé ses ressources, les sommes dont il avait besoin pour racheter tous les prisonniers italiens '. La noble Eugénia consacrait ses richesses à faire tomber les fers des captifs "•>. Fortunat loue le zèle que déployaient pour leur délivrance la veuve ]':uphrasia, Berthichildis, vierge consacrée à Dieu, et P>erlhoara, (illo du roi Théodebert '\
Les monarques sont invités à s'intéresser eux aussi aux malheureux prisonniers. Du roi des Burgondes Gondebaud, saint Éi)iphane obtient le renvoi sans rançon en Italie de plus de six mille captifs ^ : « Avec les richesses que vous a léguées votre père, écrivait saint Rémi à Clovis au lendemain de son avènement^, rachetez des captifs et délivrez-les du joug de
Saxe, a été « de partibustransmarinis ...vili prclio venunidala •■ {Vita .s. Ballhildis, 9, Script. 7-erum merov., t. ii, p. 48-2); eUe a racheté beaucoup de captifs » de gente sua » (9, p. 494).
1. Parmi les captifs que rachète Césuire à Arles, il se trouve i)cauroup de nobiles (Vita s. Caesarii, II, 8, p. 486). Évéques et clercs peuA-ent craindre eux aussi d'être emmenés captifs. (Cf. I, -29, :«, p. 467 et 469 ; Conc. d'Orléans fie ;>:i:i, can. V'IIl : « Si quis diaconus in captivitate redactus ••, Maassen, j). 6-.>). .\vanl la guerre d'Aquitaine Clovis avait interdit de faire violence aux religieuses et aux veuves, aux clercs, aux fils des clercs et des veuves habitant dans leur maison. Néanmoins, il s'en trouve qui ont été faits captifs. Cf. plus loin, p. .suiv.
2. Cf. Fauliis de Ries, Sermo W\\ (Corji. xrrijit. ecctes., t. xxi, p. -iWi.