EXEMPTION DU DROIT DE GÎTE
en garde des objets de prix. Brunehaut, après l'assassinat de son époux, a confié son trésor à l'évèque de Rouen, Prétextât '. La loi des Alamans punit celui qui vole les biens placés sous la défense de l'église 2. Les conciles recommandent aux évèques de ne pas abuser eux-mêmes de la confiance qui leur est témoignée. Ce qui est remis à une église par fidéicommis ne doit jamais être porté à l'avoir de cet établissement ■^. Le fidéicommis doit rester pour le clergé une charge, un mode par lequel s'exerce sa bienfaisance.
Le clergé des églises paroissiales et les abbés des monastères sont souvent astreints à héberger les fonctionnaires publics. Mais l'exercice du droit de gite aux dépens des clercs et des moines est considéré comme abusif, et le concile de Châlon (639-654) menace d'anathème les juges publics qui y prétendront désormais ^. La jikipart des églises épiscopales et des grands monastères sont d'ailleurs expressément dispensés, par un diplôme d'immunité, de fournir un gîte aux comtes et aux agents royaux et d'acquitter en leur faveur aucune prestation '->. A la vérité, leur privilège ne les protège que contre les exactions commises, sous ce prétexte, par les fonctionnaires du roi et ne les exempte pas expressément des frais qu'entraînerait une visite royale. Le déplacement d'un roi, des gens de son i)alais et surtout de l'armée que parfois il Iraine à sa suite, est une ruine pour la région qu'il traverse '\ Il ne parait pas Iiourtant que le temporel ecclésiastique, en dehors des déprédations commises au passage des gens de guerre, ait été fort éprouvé du lait des pérégrinations royales ''. Les Mérovingiens