HÔTES DES ÉGLISES
ne semblent pas avoii' usé habituellement, comme le feront les Carolingiens, de Thospitalité des églises et des monastères. Les rois n'ont pas pris encore l'habitude, onéreuse pour les s'erviteurs de Dieu, de célébrer les grandes fêtes chrétiennes dans un monastère ou auprès d'un sanctuaire célèbre. En cours de route, ils séjournent dans les domus et les villae que leur fisc possède disséminés dans tout l'empire franc ^ Le clergé et les moines de l'époque franque ne se plaignent jamais, à notre connaissance, des exigences d'un roi qui les visite, ni des dépenses qu'entraînent pour eux son séjour et le gîte fourni à son escorte. Il semble bien que les rois francs n'aient point voyagé aux frais des églises.
Parfois pourtant un évêque devra bon gré mal gré héberger soit un prétendant k la couronne -, le fils d'un roi ■'^, des ambassadeurs étrangers qui se rendent au jialais ''', ou quelque personnage de distinction ^'. Encore le chef de l'église se contente-t-il peut-être d'offrir à ces hôtes de marque un festin et n'a-t-il pas la charge de les loger et de les défrayer pendant leur séjour dans la ville.
C'était quelquefois contre le gré de l'évêque que la maison de l'église abritait des hôtes. Pendant le siège d'Arles par les Francs, les (ioths qui défendent la ville envahissent l'habitation ot jusqu'à la propre chambre de saint Césaire; ils s'y établissent à demeure pour garder à vue l'évêque suspect de connivence avec l'ennemi ''. Les gens, envoyés par Chilpéric pour s'emparer du duc Gontran réfugié dans la basilique de Saint-Martin, s'installent dans le logis episcopal, en consomment les approvisionnements et mettent tout au pillage ''.
La maison de l'église est toujours prête à l'ecevoir quchiuo
1. ^'oi^ en particulier le récit que fait Grégoire de Tours (Hlst. Franc , \'IIl, 1-7. |). 326-30) du séjour de Gontran à Orléans. Rien n"indi([ue qu'il soit Ihote de l'évêciuc )>i('n qu'il se rende fréfiueniinent à l'église ; il invite les nonilireux cvéïiues ([ui .sont venus à Orléans ;'i un conviviuin qui est servi dans la rlotiius du r<ii.
•.*. L'évé(|U(' de Toulmisr r.llrc un fesiiu au prétcnd.uil Goiiduwald (Gi^kcgire 1)K Toi KS, Hisl. Frdiic, Vil, v>7, p. 307).
3. Chraninus est ri'(.u par l'évoque de Lanprcs dans la iiasilique de Sainllîénigne de Dijon : « ibique iiancni comedcns « iH', lu, p. 107)).
1. Grkooike I)k Toirs, De rirt. .s. Martini, 111, s: •■ legali de Hispania ad Cliilpericum regeni veuieijanl. Quos cuni ad cunviviuni eclesiae recepissem » (p. 034).
5. L'évêque de L;u>u, ap])renant le passage dans le pays d'un personnage ((ui est en crédit au palais de l'épin, -studuit ei i)raeparare prandiuui locupleiissiniuni dona(|ue uuilta vaille ■■ {Vtia s. Krntinoius. I, Maiui.i.ox, .\cta sanct. <>. S. H.. I. 111, V. I, p. Ms).
(i. VUa .s. Carsarii. I, 30 (.Scr/y^r rcrtmi mcnn-.. \. m. p. 1(58).