‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 524 sur 570 · CONFISCATIONS DES ROIS · texte numérisé non relu

CONFISCATIONS DES ROIS

Le patrice Celsiis était tellement cupide que très souvent il mettait la main sur les biens des sanctuaires '. Des agents subalternes eux-mêmes peuvent faire beaucoup de tort au clergé. Un simple intendant des écuries royales 2 a causé un grand dommage à Téglise de Tours et à la basilique de Saint- Martin; il frappait et dépouillait leurs hommes ; il faisait paitre ses troupeaux dans les prés d'un monastère de femmes 3.

Les rois se plaignent parfois que leur fisc soit appauvri par suite de renrichissement des églises ^ ; aussi cherchent-ils k arrondir le domaine fiscal, à enfler le trésor royal aux dépens du clergé. Aux yeuxde Grégoire de Tours, la prétention, émise par Clotaire P', de percevoir une taxe spéciale sur les biens des églises qui serait égale au tiers de leurs revenus, est un trait d'avidité sacrilège °. Une aussi forte contribution eût, à la vérité, déguisé une confiscation partielle '^. Le roi Caribert, qui hait les clercs et n'a pas souci des intérêts des saints, entend dire que le fisc a des droits sur un bien qui, depuis longtemps, est en la possession de Saint-Martin de Tours ; il envoie aussitôt des gens se saisir du domaine et déclare que, lui vivant, la basilique, qu'elle ait ou non des titres, n'en jouira plus ■'. Grégoire de Tours fait de sa mort prématurée une leçon à l'adresse des rois, qu'elle avertit d'amasser des richesses autrement qu'en portant préjudice aux églises s. En dépit des larges aumônes de Dagobert, les dernières années de son règne lui ont valu la réputation d'un roi cupide, qui grossit son trésor des dépouilles de ses fidèles et du clergé ^. Après la mort de sainte Gertrude, abbesse de Nivelles, les rois et les reines ont ravi les biens de l'établissement ^^. Le temporel d'un

1. Hist. Franc, IV, 1?4 : « cui tanta habendi cupiditas exUlil, ut saepius aeclesiarum res auferens suis ditionibus subjugaret » (p. 160;.

2. VIII, 40 : " Pelagius nullum judicem metuens, pro eo (juud jumenloruni liscalium costode.s sub ejus potestate consistèrent » (p. 35-2).

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