‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1 sur 1207 · LIVRES D’USAGE LITURGIQUE · texte numérisé non relu

LIVRES D’USAGE LITURGIQUE

A Saint-Riquier, en 831, les enquêteurs ont inscrit en finale de l’inventaire du trésor les livres du sacrarium qui servent au ministère de l’autel x. En 1003, à Prüm, les Évangiles, Missels, Antiphonaires, sont dénombrés après les croix, avant les calices et les vêtements sacerdotaux 1 2. A la vérité, à Saint- Trond, à Clermont, le rédacteur de l’inventaire du trésor a négligé de signaler les livres liturgiques. De même, si ceux-ci sont inscrits parfois dans le catalogue des livres que possède une église, ils ont été aussi assez souvent omis, sans doute parce qu’on les conserve ordinairement dans le sacrarium, avec les divers objets servant au culte et non pas avec les autres livres.

Mais ceux qui servent au ministère de l’autel et que garde le custos du sacrarium ne sont pas les seuls qu'on estime être une part du trésor de l’église. Tous les livres que possède l’établissement, y sont indistinctement compris. En 830, à Saint- Riquier, après avoir dressé la liste des pièces d’orfèvrerie religieuse, des étoffes précieuses et des vêtements sacerdotaux, on en vint à l’article « de libris » ; d’abord fut établi le catalogue des « codices librorum claustralium de divinitate », puis celui des livres des grammairiens, des livres des anciens historiens et géographes et en finale des « libri sacrarii qui ministerio altaris deserviunt » 3. Les livres consacrés aux sciences divines et aux sciences profanes prennent rang entre les vêtements sacerdotaux et les livres d’usage liturgique ; comme ces derniers font nécessairement partie du trésor, les premiers ne lui sont pas davantage étrangers. L’inventaire du trésor de l’église de Forestmontier ajoute à l’énumération des reliquaires, vases sacrés, chandeliers, chasubles, dalmatiques et aubes, la simple mention de cinquante-et-un livres 4, sans distinguer entre ceux qui servent au ministère sacré et les autres.

Angilbert, après avoir dénombré les pièces d’orfèvrerie et les vêtements liturgiques rassemblés précédemment par lui à Saint-Riquier, avait lui aussi fait état des livres (de libris) ; il mentionnait deux Évangiles et en matière d’autres livres (de aliis libris) deux cents volumes dont il ne fournit pas le détail ; il signalait ensuite les ornements divers dont il avait paré

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