LES « METRA » DE LA BIBLIOTHÈQUE DE REICHENAU
avec un manuscrit du VIIIe siècle qui subsiste et qui renferme une explication en langage commun d’un certain nombre de termes des Livres saints, puis un Glossaire alphabétique. Un autre Glossaire analogue et du même temps est également conservé L
La série des Mètres 1 2 dans le Catalogue de 822 ne comprend, à l’exception de Virgile, que les œuvres des poètes chrétiens Sedulius, Juvencus, Bède, Prosper, Paulin, Arator, Prudence, Fortunat, Dracontius, Aldhelme 3. Parmi les œuvres de Boëce figure le « De consolatione philosophiae ». Réginbert a fait figurer le metrum de Juvencus et de Sedulius dans le volume qui renferme la grammaire de Donat et deux manuscrits de ces poètes ont été conservés 4. Dans le Catalogue de 822 sont rangés parmi les ouvrages d’histoire les « carmina theodisca », ceux sans doute que Réginbert a copiés. Dans un autre manuscrit de Réginbert figurent des « carmina diversa ad docendum theodiscam linguam » 5.
Parmi les Mètres des poètes profanes, nous ne trouvons au catalogue de 822 que deux exemplaires de Virgile. Celui de la fin du IXe siècle signale Perse et Juvénal, l’Art d’aimer et les Métamorphoses d’Ovide, Stace, le « de Proserpina » de Claudien 6 7. Horace ne devait pas è re inconnu à Reichenau, puisqu’il subsiste un fragment d’un manuscrit de ses œuvres de la fin du IXe ou du Xe 7 .
Le Catalogue de la fin du IXe siècle signale en outre quelques ouvrages profanes antiques, les Saturnales de Macrobe, le Catilina de Salluste, les Questions naturelles et le ad Litci-
1. Hôlder, ms. 249 et 99. Hôlder, p. 157, identifie le premier avec le Glossaire « de oiversis rebu- » du Catal. de 822 (Becker, art. 395). Les deux Glossaires de Reichenau, tenus pour les premiers témoins de l’ancienne langue romane, ont été publiés par K. Koschwitz, Les plus anciens monuments de la langue française , Leipzig 1913 et par W. Foerster et Koschwitz, Altfranzœsisches Vcbungsbuch, 6e éd., Leipzig 1921. Sur le premier de ces Glossaires, cf. F. Diez, Anciens glossaires romans, ouv rage ■traduit par A. Bauer, B. Ec. H. Études, fa c. 5, p. 1 et suiv.
2. Lehmann, p. 250. La série n’est pas annoncée ; peut-être le titre figurait-il dans une portion perdue du texte mutilé à cette place. Quoi qu’il en soit, l’expression « metrum » précède tous les titres des volumes mentionnés dans cette dernière partie du Catalogue (art. 406-15).
3. Loc. cil. Le metrum de Fortunat est signalé aussi dans le Catal. de la fin du IXe s., 54, p. 266, 1. 1.