‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1083 sur 1207 · MANUSCRITS IRLANDAIS A SAINT-GALL · texte numérisé non relu

MANUSCRITS IRLANDAIS A SAINT-GALL

est vraiment l’auteur de ces additions, il les continua jusque dans les premières années de son abbatiat 1. Parmi les livres ainsi mentionnés furent insérés par lui des volumes provenant de libéralité auxquelles lui-même et Grimald étaient étrangers ; car tous ne figurent pas dans les Catalogues des livres exécutés ou donnés par eux. Ces additions eurent vraisemblablement aussi pour objet des livres que le premier rédacteur du Breviarium avait oubliés ; c’est sans doute le cas des seize Psautiers complets et des cinq recueils d’extraits des psaumes qui figurent parmi les mentions postérieures et peut-être aussi de quelques-uns des volumes signalés comme étant anciens .vieux, très vieux 2.

A cette seconde main doit être aussi rapportée toute une section inscrite en tête du manuscrit, sur un blanc qui précédait le titre du Breviarium, section qui signale les libri scottice scrifiti 3. Tous les livres d’écriture irlandaise que possédait le monastère n’y figurent pas, car le texte primitif du Breviarium indique déjà deux Évangiles selon saint Jean « scottice scripta ». Une note de la seconde main nous apprend que l’un des ouvrages de Prosper signalés par le Breviarium est un petit manuscrit irlandais (unum fuit Scotticum pusillum). Parmi les additions interlinéaires figure également un recueil de sermons « in volumine scottico veteri » 4. L’origine d’une part au moins de l’importante collection de manuscrits irlandais que représente l’addition « de libris scottice scriptis», peut être vraisemblablement discernée. Sous Grimald, au témoignage d’Ekkehard IV 5, l’évêque scot Marcus et son neveu Marcellus se fixèrent à Saint-Gall, en conservant les livres et objets précieux qui figuraient dans leurs bagages. Grimald a donné à Marcus un Psautier qui lui appartenait en propre (de suo) 6. Marcus et Marcellus ont sans doute de leur côté légué au monastère les livres scots qu’ils avaient apportés et ceux qu’ils avaient pu exécuter à Saint-Gall. Ces livres figurent vraisemblablement parmi ceux qu’Hartmut ou un autre ajouta en tête du Breviarium.

Une troisième main a introduit des gloses qui renseignent sur l’état du manuscrit (bene scriptum, vetustum, disjectum,

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