SCRIBES ET LIVRES ESPAGNOLS A LYON
f le b L’église d’Autun paraît avoir disposé aussi de manuscrits exécutés aux VIIIe et IXe siècles en Espagne 1 2.
Lyon accueillit, à la fin du VIIIe siècle, une importante colonie d’Espagnols chassés par l’invasion sarrasine, entre autres Félix d’Urgel et son élève Claude, plus tard évêque de Turin 3. Les courtes annales biographiques d’Agobard, écrites en minuscule de type wisigothique, nous apprennent que, né en 778, il arriva d’Espagne, en Gaule Narbonnaise, en 782, que dix ans plus tard, il vint pour la première fois à Lyon, où il fut ordonné prêtre en 804 et dont il devint archevêque en 816 4. Son église a gardé un certain nombre de manuscrits venus d’Espagne ou exécutés par des Espagnols au scriptorium lyonnais. Tel le manuscrit d’Ausone et de Paulin en minuscule wisigothique 5. Un manuscrit de l’Heptateuque du VIIe siècle porte des notes marginales ajoutées au IXe siècle et où on rencontre des abréviations et symboles propres à l’écriture wisigothique 6. Un manuscrit d’Origène a été exécuté par des scribes lyonnais en onciale et semi onciale, mais une lacune que présentait le texte a été comblée en minuscule wisigothique et la même main a écrit, en marge, au regard d’une interruption du texte : « hic minus habet » 7. D’autres feuillets ont été écrits en minuscule par une main contemporaine, qui subit l’influence de clercs espagnols et reproduit peut-être un exemplaire wisigothique 8 9. Un manuscrit d’Isidore de Séville fait apparaître certains traits espagnols, quisemblent indiquer que le scribe, originaire d’Espagne, tout en imitant la calligraphie en usage à Lyon, n’a pas réussi à se dépouiller entièrement de ses habitudes Deux autres manuscrits, l’un de Claude de Turin 10, l’autre de Bède n, font apparaître aussi quelques traits espagnols.