‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1137 sur 1207 · SCIENCES NATURELLES · texte numérisé non relu

SCIENCES NATURELLES

tain nombre de « libri médicinales » 1 ; quelques-uns les détaillent et citent Galien, Hippocrate, Vindicien, Végèce, Quintus Serenus, Alexandre et des recueile de recettes pratiques pharmaceutiques2.

L’histoire naturelle est représentée dans ces bibliothèques, soit par Pline l’ancien, soit par l’« herbarius liber» d’Apulée, rangé aussi parmi les livres de médecine3, par le « Physiologus », ou le « De natura bestiarum », les « libelli herbarii » de Walafrid Strabon. On y peut consulter pour l’agriculture Columelle, pour l’arpentage le « De limitibus statuendis » d’Hygin et la « Géométrie » de Frontin, pour l’architecture Vitruve, pour l’art militaire Végèce. L’alchimie ou la technique de l’orfèvrerie était peut-être, on l’a vu, l’objet d’un livre de la bibliothèque de Reichenau. De l’atelier de Tours est sortie au IXe siècle une copie décorée de l’Art culinaire d’Apicius.

Aussi du VIIIe au XIIe siècle, les collections de livres formées dans les églises et monastères, quoique d’un caractère essentiellement religieux, gardent une certaine note d’universalité qui, à un niveau très inférieur, les relie tant aux bibliothèques antiques qu’à celles de l’âge postérieur.

La presque totalité des ouvrages de ces collections sont en langue latine ; les pères et les historiens grecs, Athanase, Origène, Chrysostome, Basile, Eusèbe, l’histoire tripartite, Josèphe, Homère, le Timée, les ouvrages grecs de dialectique, de géographie, de médecine, ne sont connus qu’à travers une traduction latine. Dans un petit nombre de bibliothèques on trouve pourtant les Évangiles, les Épîtres de saint Paul, le Psautier, des gloses ou quelque livre liturgique en langue grecque 4. Saint-Denis a possédé le texte grec du pseudo Denis et il y a été traduit par deux fois, mais par des hôtes, non par des membres de la communauté. Sur les manuscrits de quel-

1. Catal. S. Gall, 23, art. 22 « Medicinalis liber », p. 54 ; Corbie, 79, art. 228 « Medicina es quatuor», p. 189.

2. Catal. Reichenau, 6, art. 156-163, p. 8-9 ; Catal. S. Riquier, 11, art. 183, p. 28 ; Catal. d’une bibl. inconnue, Xe s., 47, Galien, Alexandre, Vindicien ; 48 « de olei confectione » ; 51 « de confectione malagnraium » (Becker, 33, p. 75).

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