LES COLLECTIONS « DE ARTE » SONT-ELLES PROPRES A L’ÉCOLE
qu’auprès de l’église de Liège il existait, à la fin du Xe siècle, une bibliothèque purement scolaire. Il est rapporté, en effet, de l’évêque Notker, qu’il se faisait suivre partout des « scolares adolescentes », qui emportaient avec eux abondance de livres et tout le matériel nécessaire aux exercices scolaires b A Lobbes et à Stavelot, où des Catalogues du XIe siècle signalent de riches collections de livres, mais d’où sont absents les ouvrages concernant les Arts Libéraux, il est vraisemblable que ceux-ci constituaient une bibliothèque spéciale, propre à la scola 1 2.
On est tenté aussi de considérer comme appartenant à la « scola », les collections de livres qui ne traitent que des Arts Libéraux (de arte). C’est en particulier le cas d’une collection attribuée souvent à tort au monastère d’Anchin et qu’en conséquence on datait du XIIe siècle au plus tôt. En réalité, le Catalogue a été ajouté à un manuscrit du Xe siècle par une main d’âge à peine postérieur et représente sans doute la collection formée à la fin du Xe ou au début du XIe siècle dans un monastère indéterminé du Nord de la France, d’où le manuscrit a passé à la fin du XIe siècle dans le monastère naissant d’Anchin 3. Ce Catalogue, peut-être le type le plus complet des Catalogues ou des sections de Catalogues propres aux Arts libéraux, fait connaître une collection particulièrement riche en livres de dialectique et de rhétorique, en livres de grammaire et en mètres chrétiens et païens4. Il renferme des ouvrages grammaticaux spécialement adaptés à l’instruction des enfants, un « libellus de syllabis ad instruendos pueros », qu’on ne retrouve nulle part ailleurs et le dialogue d’un Franc et d’un Saxon d’Alcuin 5. La Bibliothèque du Puy du Xe siècle comprend presque exclusivement des livres de Grammaire, Dialectique, Rhétorique, Musique, Astronomie. Tel est aussi le caractère de la collection que fait connaître un Catalogue inséré dans un manuscrit de Berne du Xe siècle 6. Du monastère Saint-Gildas nous connaissons deux
1. Anselme, Gesta cpisc. Leod., 28 : « cumque hislibrorum copiam reteraque arma seolaria eircumferrifaceret » (Migne, CXXXIX, 1092).