SCRIPTORIUM » DE L’ÉGLISE DE NEVERS
Les Évangiles du IXe siècle donnés à la cathédrale Saint- Cyr de Nevers par l'évêque Hériman (c. 810-60) et un Psautier hébraïque du même âge provenant de la même église, sont des œuvres tourangelles qui ne sont certainement pas sortis d’un atelier nivernais 1. Un manuscrit de la fin du IXe siècle renfermant la Règle de la foi de Paulin d’Aquilée, le « De natura rerum » de Bède, et des tables de cycles 2, ainsi au’un Sacramentelle de l'éghse de Nevers du Xe siècle 3 ont pu être exécutés dans son scriptorium. Un autre Sacramentaire exécuté sous Hugues le Grand (1013-1065), « quipropter Christum librum bene condidit istum » 4, est vraisemblablement l’œuvre des scribes de l’église de Nevers. Le Graduel à l’usage de la même église, écrit en 1049 011 1050, en est sans doute aussi sorti 5. Il est vraisemblable qu’un certain nombre au moins des livres qu’un catalogue inséré au Xe ou au XIe siècle dans la Bible d’Hériman 6, désigne comme renfermés dans Varmarium de Saint-Cyr, ont été exécutés à Nevers. Mais ies données de cette liste ne permettent pas de discerner ceux qui sortent de l’atelier de cette église 7. Toutefois il est probable que la « Passio sancti Cyrici vêtus » et à plus forte raison la vie de saint Cyr en lettres d’argent (vita argentea s. Cyrici), qui intéressaient spécialement l’église Saint-Cyr, ont été exécutés dans son scriptorium. On n'eut pas pris le soin ailleurs d’en faire un « codex argenteus ».
L’église d’Auxerre disposait certainement au IXe siècle d’un scriptorium. A la prière de l’évêque Héribaldus (829- 857), Loup de Ferrières s’est empressé de lui communiquer un manuscrit du commentaire de saint Jérôme sur les pro-
1. Brit. Mus. Harl. 2790 et 2793. Les deux mss. ont été achetés en meme temps en 1724 par lord Harlev. Cf. Kôhler, Die Scliule von Tours , n° 5 et 7, t. I, 366-7.
2. Harl. 3091 ; il y a été ajouté une série de notes renfermant les dates de l’intronisation et de la mort des évêques de Xevcrs a partir de 926, 1 L Cotai, anc. mss. l>r.