‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 190 sur 1207 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les « scriptoria Orléanais »

Au temps de Charlemagne, l’évêque d’Orléans, Théodulfe a dirigé un véritable atelier de calligraphie dont nous possédons encore deux chefs-d’œuvre presque identiques, à savoir les deux Bibles dites de Théodulfe x, l’une qui était certainement au XIe siècle la propriété de la cathédrale d’Orléans 1 2, l’autre entrée à une époque inconnue au trésor de la cathédrale du Puy 3. L’une et l’autre sont exécutées en une fine et gracieuse minuscule, pour une part sur parchemin pourpre, en écriture d’argent et d’or. Le style décoratif, simple et élégant est propre à l’école orléanaise. Cette école a produit d’autres Bibles d’un prix inférieur. Une Bible .provenant de Saint- Germain des Prés, du IXe siècle est d’une écriture assez semblable à celle des précédentes et dans la disposition du texte, la teneur des rubriques suit en tous points le modèle Orléanais4. D’autres Bibles encore en ont subi l’influence 5.

Les Bibles de Théodulfe ont été exécutées certainement sous les yeux et par les soins de cet évêque 6. Non seulement la préface en vers insérée dans les deux Bibles invite le lecteur à se souvenir de Théodulfe 7, mais l’épilogue lui fait

1. B. N. lat. 9380 (Boinet, PI. XXVI) et Trésor de la cathédr. du Puy ; cf. Delisle, Les Bibles de Théodulfe, dans la B. Ec. Chartes, 1879.

2. Au f° 146 en effet, a été copiée sur une page blanche, en caractères du XIe siècle, une charte de l’évêque d’Orléans, Odolric attestant la restitution d’une église par un chanoine vers l’an 1025 ; cf. Delisle, p. 27.

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