SCRIBES DE SAINT-MARTIN DE TOURS
était déjà un moine âgé, quand fut écrit le livre et qu’il mourut avant que fut établie la liste des moines de Saint-Martin associés aux prières de la communauté de Saint-Gall 1. C’est peut-être aussi le cas d’Audgarius, dont le nom est inscrit dans un monogramme sur un exemplaire du Bréviaire d’Alaric, dont ce personnage est probablement le copiste ; il l’a écrit également en une cursive embellie de la période alcuinienne 2. Ces deux religieux ont pu appartenir à une génération antérieure à celle que la liste de Confraternité nous fait connaître.
D’autres scribes appartiennent à la génération qui suit cette dernière. Le diacre Bernon a offert à Dieu et à saint Martin un Virgile avec gloses, en jetant l’anathème sur quiconque le ravirait à Saint-Martin, et en stipulant que son parent Arbertus en aurait la jouissance jusqu'à sa mort 3. Le nom de ce religieux ne se retrouve pas dans la liste dressée sous Frédégise. Vraisemblablement, Bernon est devenu membre de la communauté après la rédaction de cette liste, c’està-dire après l’an 820. Toutefois le manuscrit offert et peutêtre exécuté par Lu, appartient encore au style des derniers temps de l’époque de Frédégise et il est certainement antérieur au milieu du siècle 4.
A côté des noms des scribes qui ont exécuté avant l’arrivée d’Alcuin le Tite Live du Vatican, figurent, en écriture un peu plus récente, ceux d’autres scribes qu’on ne retrouve pas dans la liste des confrères des moines de Saint-Gall. Ces scribes sont désignés sans doute parce qu’ils ont été chargés de reproduire à leur tour le texte copié précédemment au même scriptorium sur l’archétjTpe venu de Corbie. Teutlaicus dont le nom est ajouté au-dessus de celui d’Ansoaldus 5, Vualéramnus, Hédelfrédus, Bavo, Juinus 6 appartiennent sans doute à l’équipe de scribes qui travaillaient à Saint-Martin après le temps où
1. B. Cologne, ms. 13, Evangiles. En marge du f° 54 est écrit en notes tironiennes « a capite usque hic scripsit et requisivit... Hiltfredus», cf. Rand et Jones, The earliest book, 41, p. 93.
2 . B. N. lat. 4404, Rand, 45, p. 116. Il se peut aussi que le ms. ne sorte pas du scriptorium de Saint-Martin et qu’il ait été exécuté ailleurs, d’après un modèle tourangeau.
-. B. Berne, ms. 165 ; Rand, 64, p. 127. L’inscription dédicatoire, en tête du volume a été publiée par L. Delisle, Mém. sur l’école de Tours, p. 22 et par H. Hagen. Catctl. codicum Bernensium, Berne 1874, P- 234. Voir aussi Traube, Ar. Archiv, XXV IT, p. 268.