VIES DE SAINT MARTIN
par Alcuin de la Vulgate a été l’amorce de cette primauté qui est reconnue à l’atelier de Saint-Martin dans la production des Bibles et des Évangiles pendant un demi-siècle et qu’a singulièrement fortifiée la maîtrise des artistes tourangeaux.
Une autre spécialité très appréciée de l’atelier est représentée par la vie du saint éminemment populaire qu’est le saint patron du lieu. Les exemplaires du recueil qui renferment les Dialogues de Sulpice Sévère et diverses pièces relatives au culte de saint Martin, répandus dans un très grand nombre de bibliothèques, sortent des ateliers tourangeaux ou ont été copiés d’après un manuscrit qui en provient.
Pour quelques-uns la marque de fabrique que fournissent les éléments paléographiques est certaine1. D’autres indices révèlent la même origine. L’un de ces recueils se termine par un fragment de Grégoire de Tours qui relate l’histoire de ses prédécesseurs et par un catalogue des archevêques de Tours qui s’arrête à Landramnus, contemporain de Charles le Chauve 2. Un autre est l’œuvre d’Adalbaldusqui déclare écrire sur l’ordre de l’abbé Frédégise 3. Il ne subsiste pas moins de vingt-quatre exemplaires du « Martinellus» exécutés du IXe au XIe siècle à Tours ou copiés d’après des modèles tourangeaux 4.
La production des scriptoria tourangeaux n’est pas limitée à l’exécution de Bibles, d’Évangiles et de vies de saint Martin. Il subsiste un nombre considérable de manuscrits de toutes sortes appartenant à l’école tourangelle et pour la plupart sortis des scriptoria de Touraine. Ce sont des livres liturgiques à l’usage des églises de Saint-Martin, de Marmoutier ou de Saint-Gatien, que d’autres églises ont parfois accommodés au leur 5 * *. On copie aussi, dans ces ateliers, souvent à plusieurs