INITIALES, ENCADREMENTS, FIGURES
des motifs de décoration, auxquels la fantaisie du peintre ajoute des accessoires nouveaux.
Le rôle principal dans l'ornementation des manuscrits du VIIIe au XIIe siècle est tenu par l’initiale que les manuscrits antiques avaient déjà mise en relief 1 et qui, dès la période précarolingienne, est passée au premier plan. Les initiales ou lettrines, petites, moyennes ou grandes et qui tiendront parfois toute la hauteur d’un folio, sont conçues de façon toute ornementale, exécutées soit simplement en couleurs, soit en tons d’or et d’argent. Tout en respectant l’architecture générale de la lettre capitale ou onciale, les dessinateurs s’appliquent à lui donner des formes élégantes et variées. Plusieurs lettres initialer sont parfois combinées pour constituer un ensemble décoratif. Les bandes qui constituent la charpente des lettrines sont remplies par des rinceaux, des entrelacs, des feuillages, des têtes et des corps d’animaux qui souvent en débordent les lignes. Parfois les cadres que dessine la courbure de leurs formes sont occupés par des figures d’animaux ou d’hommes ou même par de petites miniatures.
A un stade plus avancé de développement dans l’art de la peinture des manuscrits s’introduisent les encadrements de page. Les bandes en sont ornées de motifs géométriques, d’entrelacs ec de rinceaux. L’encadrement esc ré-.eivé tn générai aux pages où figurent les titres. Parfois aussi ces cadres décoratifs entourent les canons ou les miniatures de pleine page.
Dans les livres de luxe, apparaissent des figures et des tableaux qui occupent toute la page. Les représentations les plus fréquentes sont celles des quatre Évangélistes avec leurs symboles, celle du Christ de Majesté 2, en tête du Canon de la Messe la Crucifixion, dans les Psautiers la figure du roi David 3. Les peintres ont traité aussi sur les pages de velin comme sur les murailles des églises, des scènes de
1. Zimmermann, p. 3. La fig. 2 montre l’initiale Q dans le Virgile en capitale lu Ve siècle du Vatican (lat. 3256).
2. Le Christ de Majesté et les figures des Évangélistes avec leurs symboles apparaissent pour la première fois à notre connaissance dans les Évangiles d’Autun (Ane. S'm., ms. 3) datés de 751 à 754, exécutés « in Vosevio » et que Zimmermann ( Die vorkarol. Miniat., p. 59 et 182 ; PL 78-84) attribue au groupe de Fleury.
3. Le psautier du président Bouhier de l’a fin du VIIIe siècle (B. Univ. Montpellier H 409) présente au f° 1 la figure du Christ, au f° 2 celle du roi David, cf. Lauer, Le psautier carol. du prés. Bouhier , PL I et II dans Mélanges F. Lot. M. Lauer (p. 364) y voit les premières miniatures carolingiennes à représentation humaine. Les Évangiles d’Autun (n. préc.) sont d’âge antérieur. Ils ont été exécutés dans la région du Rhin; l’écriture de ce psautier trahit aussi une influence rhénane (Lauer, p. 358).