‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 265 sur 1207 · SACRAMENTAIRE D’AUTUN, BIBLE DE VIVIEN · texte numérisé non relu

SACRAMENTAIRE D’AUTUN, BIBLE DE VIVIEN

propre à la basilique de Saint-Martin \ mais il faut nécessairement admettre que les moines de Marmoutier ont désiré aussi la posséder dans un Sacramentaire à leur usage, puisque le livre a été certainement exécuté pour leur abbé. Elle n’exclut pas par conséquent l’exécution du manuscrit à Marmoutier L’atelier de Saint-Martin, mieux équipé que celui de Marmoutier a pu être chargé par Rainaud et ses moines d’écrire et d’enluminer pour eux ce magnifique volume. Mais à ne tenir compte que de ces divers indices, il paraîtrait plus probable qu’il a été exécuté à Marmoutier, sous les yeux mêmes de Rainaud. C’est seulement en raison de la parenté du style ornemental avec celui des manuscrits sortis précédemment de l’atelier martinien, en particulier des Évangiles de Meaux et de ceux de Wolfenbüttel, que l’exécution du Sacramentaire d’Autun peut être attribuée au scriptorium de Saint- Martin, de préférence à celui de Marmoutier 2.

La Bible de Charles le Chauve3, donnée sans doute par lui à l’église de Metz 4, a été offerte au roi par Vivien, comte abbé de Saint-Martin et de Marmoutier, accompagné de plusieurs religieux de l’un ou l’autre de ces deux monastères. Une miniature 5 représente le roi assis sur un trône et entouré de gardes et de personnages de son palais, parmi lesquels, à sa droite, celui qui fait un geste vers le livre, qu’apportent quatre religieux, est sans doute le comte Vivien. Un certain nombre de

1. Cf. Kôhler, 236-7. L. Delisle a observé que l’encadrement d’une page du Canon de la Messe (f° 10) renferme deux médaillons où sont inscrits les noms de Cosme et Damien, lesquels sont en vénération particulière à S. Martin, depuis que Grégoire de Tours a déposé les reliques de ces saints dans une cellula contiguë au monastère. Cette « cellula » sise dans l’île de la Loire, dite Saint-Cosme, est restée une dépendance directe de S. Martin jusqu’au XIe siècle, époque où elle a été cédée par les chanoines au monastère de Marmoutier (cf. Vaucelle, La collég. de S. Martin, 261). La mention faite dans ces médaillons des saints Cosme et Damien, dont les noms se retrouvent en outre à leur place dans le « Communicantes » du Canon, est un indice d’exécution à S. Martin.

2. M. Kôhler (p. 246 à 248) se prononce pour l’exécution à S. Martin de ce manuscrit. L’examen « kunstgeschichtliche », écrit-il (p. 237), ne fait que confirmer une origine que la messe de la Translation rend « unzweifelhaft ». A la vérité, l’argument tiré de la parenté du style nous paraît seul faire pencher la balance.

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