Cf. Kôhler, II
10. Voir en particulier les encadrements si nombreux du Saeramentaire d'Autun (Kôhler, Album, Pl. 61-7), de la Bible de Vivien (76-86), des Evangiles de Lothaire (Pl. 101 a, b, d, e ; 102 a, b, e ; 104-5).
apogée de l’école tourangelle
combinaisons élégantes et sans cesse renouvelées que présente la structure des lettrines 1 et des canons 2, l’introduction de portraits des souverains 3, de types nouveaux d’images bibliques 4, historiques 5, allégoriques 6, la composition des scènes et l’exécution des figures 7. Après cinquante ans d’essais et de progrès, l’école tourangelle atteint l’apogée. C/est à cette heure qu’inopinément elle tombe dans un déclin si rapide, qu’on ne pourrait l’expliquer si les monastères tourangeaux n’avaient été frappés par une catastrophe dont les effets se poursuivent tout au long d’un demi-siècle.
Les derniers temps de l’ enluminure tourangelle
Le 8 novembre 853, les Normands parurent pour la première lois à. l’ improviste devant Tours, L’abbé Hilduin eut seulement le temps d’enlever le corps de saint Martin ; toute la ville et le monastère de Saint-Martin furent brûlés par les païens ; les archives du monastère et sans doute sa bibliothèque furent anéanties 8. Pendant les cinquante années qui suivent les incursions se succèdent ; à plusieurs reprises, la communauté revenue à Tours est réduite de 'nouveau à s’enfuir. Saint-Martin est brûlé une dernière fois en 903 et
1. Voir notamment les lettrines de la Bible de Vivien (87-89) , la double initiale L I des Évangiles de Prüm (PL 96 c), de Laon (PI. 107) et des Évangiles de Lothaire (Pl. 102 c.),les N, I, Q des mêmes Évangiles (102 c ; 103 a, b, 104 c), 1’ X des Évangiles Dufay (Pl. 109 b).
2. Les arcades des canons sont souvent enfermées elles aussi dans des encadrements de page entière.
3. Portrait de Lothaire assis sur son trône entre deux gardes dans les Évangiles de Lothaire (PL 98 a), de Charles le Chauve entouré de palatins, dans la Bible de Vivien (Pl. 76).
4. La Bible de Vivien ajoute aux scènes déjà représentées dans la Bible de Grandval, l’histoire de saint Paul (Album, PL 74, cf. t. Il, p. 45, 219), David entouré de gardes et de musiciens (Pl. 72 et t. II, p. 217).
5. Miniature représentant l’offrande à Charles le Chauve de la Bible de Vivien (PL 76 et t. II, 60, 220) ; série représentant l’histoire de saint Jérôme dans la même Bible (PL 69 et t. II, p. 50, 214).
6. Voir les figures allégoriques de la Musique, de l’Arithmétique, de la Géométrie et de l’Astrologie dans le Boëce de Bamberg (PL 90), de la Prudence, de la Justice, de la Force et de la Tempérance dans la miniature du roi David de la Bible de Vivien (PL 72, cf. t. II, p. 217).
7. Il suffit de comparer les scènes parallèles de la Genèse et de l’Exode dans la Bible de Grandval et dans celle de Vivien pour apprécier le progrès dans l’art de la composition (cf. Kôhler, II, 221) et dans l’exécution des figures dont témoigne la seconde de ces Bibles. Dans ces deux Bibles, ainsi que dans la Bible de Saint- Paul exécutée vers 880 (cf. Schramm, Umstr. Kaiserbilder, dans N. Archiv., XLVII, 1928, p. 477- 80) ailleurs qu’à Tours, mais en relation avec la tradition tourangelle, le rycle d’images est très étroitement apparenté (Kôhler, II, 109 et suiv.).
8. Cf. Kôhler I, 25 et Vogel, Die Normannen und das frànk. Reich, p. 140.